Le corps est-il un paysage habité ? Existe-t-il un paysage qui corresponde au corps que l'on habite ? En incarnant la falaise, de ses effondrements à ses plis et ses replis, de sa force verticale à ses failles et ses effondrements, l'auteur interroge la possibilité d'habiter et de dire encore le monde. Cette Terre qui nous porte et se désagrège, dans une perte progressive de repères, nous permet-elle d'accoucher encore de mots ? Entre mythologie, biologie cellulaire et géologie, toutes espèces côtoyées et confondantes, c'est tout un corpus de mondes convoqués qui entrent en résonance. Falaise au ventre ou la mutation d'un monde, d'un corps, d'une langue pour rester vivants. Maud Thiria est parisienne mais lien avec la Normandie. Il y aura une exposition au manoir du Tourp avec la photographe autour du livre.
Nombre de pages
64
Date de parution
06/04/2023
Poids
92g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782359630961
Titre
Falaise au ventre
Auteur
Thiria Maud
Editeur
LANSKINE ED
Largeur
150
Poids
92
Date de parution
20230406
Nombre de pages
64,00 €
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Langue torse se veut l'écriture d'un texte poétique entremêlant une voix singulière de femme violentée à la voix de toutes en résonance, autour du mythe ovidien de Philomèle violée, mutilée par sa langue tranchée. Le mythe revisité et réactualisé prendra forme dans une langue renouvelée, se libérant des carcans d'une condition sociétale comme de la syntaxe. Ecriture poétique hybride, livre chant et livre refuge, Langue torse entend déployer une forme multiple pour révéler à la lumière et faire entendre la parole emmurée et interdite des femmes maltraitées à la voix empêchée. Langue torse c'est cette langue hors norme qui se tord de douleur et de désir, tord les mots, la syntaxe du langage, tord l'espace de la feuille pour étendre son cri dans une vivacité hors cadre. Dès que l'on commence à s'intéresser à la langue du mythe, on se heurte à celui qui le transmet avec son langage, les mots de son époque, les cadres établis d'alors. Et c'est toujours l'homme qui écrit et transmet une vision du monde, la sienne, déformant la réalité et la vérité à son profit en usant de la violence permise par la fiction. Dès lors, il est intéressant et nécessaire, aujourd'hui de revisiter les mythes en les donnant à voir et à entendre par un regard et une voix de femme posés sur une figure féminine qui justement questionne la langue. Cette figure centrale de Langue torse c'est Philomèle, dont Ovide raconte l'histoire dans ses Métamorphoses, Livre VI (dans sa traduction par Marie Cosnay publiée aux éditions de l'Ogre), celle qui violée s'est vu arracher la langue pour ne pas raconter son histoire. Enfermée dans son silence, mutilée et arrachée du monde du dire et de l'espace extérieur car emmurée dans une bergerie, elle va user de ses mains pour dire autrement par le tissage cousu de fils rouges l'histoire de sa violence à sa soeur Procné qui l'attend. La tapisserie ici n'est pas celle d'une femme qui attend l'être aimé comme Pénélope pour Ulysse, c'est celle d'une femme qui ose dire sans sa langue organe la langue même de la violence subie, osant par là-même une autre langue se libérant des carcans de sa condition. Ce texte, nécessaire, enrichit les questionnements des précédents livres publiés aux éditions LansKine.
Texte intime relatant l'expérience de la maltraitance du corps féminin, Trouée tente de dépasser dans le même temps, qui est un temps infini et indéfini, cette intimité pour en faire une expérience au visage de toutes. Trouée de son moi pour un "tu " d'une humanité sans limites faisant corps face à une violence sans limites. Trouée vers une image d'envol pour respirer dans une dernière vision quand le cou étranglé ne sent qu'un filet d'air