Un humoriste qui multiplie, jusqu'au négationnisme, les mauvaises blagues sur la Shoah ; des activistes qui le soutiennent en invoquant le passé esclavagiste ; des candidats à la présidentielle qui tiennent à faire connaître leur jugement sur l'histoire coloniale de la France ; des ministres et des éditorialistes qui appellent à "retrouver" un âge d'or républicain ; des musulmans qui se comparent aux Juifs de l'entre-deux guerres pour alerter sur leur oppression ; des statues de Colbert déboulonnées, dégradées ou simplement contestées... Le passé n'en finit pas de ne pas passer. C'est aux "guerres des mémoires" qui ont scandé la dernière décennie qu'est consacré ce livre. La question mémorielle est une question sociale et politique à part entière. A rebours des rappels à l'ordre, qui délégitiment toute "revendication mémorielle" , tout dissensus, toute liberté prise avec le "récit national" , il s'agit de penser avec les mémoires "illégitimes" - celle des Noirs, des Arabes, des Asiatiques, des Arménien. ne. s, des Juifs, mais aussi des femmes, des classes ouvrières, des minorités sexuelles et de tous les groupes opprimés. Il s'agit enfin de déboulonner des "grands hommes" et des "gros mots" ("moralisme" , "manichéisme" , "ressentiment" , "victimisation" , etc.) dont la fonction est d'intimider, d'empêcher de penser les rapports entre passé et présent. Au fil de ces pages, la pensée reprend ses droits, et avec elle le fondement de toute politique : le principe d'égalité.
Nombre de pages
175
Date de parution
06/05/2021
Poids
168g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782354802295
Titre
Politiques de la mémoire
Auteur
Tévanian Pierre
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
115
Poids
168
Date de parution
20210506
Nombre de pages
175,00 €
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Résumé : Au spectre du "wokisme" qu'agitent de manière désormais obsessionnelle toutes les sphères de la Réaction, qu'elles soient d'extrême droite ou simplement "républicaines" , ce livre se propose d'accorder une franche et chaleureuse hospitalité. En plus d'un implacable travail de debunkage, de critique et de généalogie du réquisitoire antiwokiste, il prend le parti d'assumer franchement le stigmate, et même de le revendiquer. Au-delà donc d'une posture strictement défensive, faisant valoir à juste titre que "le wokisme" n'existe pas en tant que courant homogène, puissant et organisé, Pierre Tevanian investit en positif la question, en clamant haut et fort que si ledit wokisme n'existe pas, ou pas encore, ou pas beaucoup, alors il faut l'inventer !
Tout le monde ou presque en France est antiraciste. Et pourtant les discriminations racistes se perpétuent, de génération en génération, dans des proportions massives et une remarquable indifférence. C'est dans ce paradoxe que s'ancre la réflexion de Pierre Tevanian. A rebours des discours convenus de "l'antiracisme d'Etat', qui réduisent complaisamment l'oppression raciste à un réflexe naturel et compréhensible de"peur de l'autre', il souligne le caractère social et systémique du racisme français, et son enracinement dans notre culture: loin d'être naturel, le racisme est une production culturelle, et loin d'être une pathologie individuelle, qui ne concernerait que quelques extrémistes, il traverse toute la société, sous des formes plus ou moins distinguées, adaptées à tous les univers sociaux et à toutes les sensibilités politiques. A l'heure où te passé colonial, le présent postcolonial et la question des"minorités visibles" font un retour violent dans le débat public, ce livre remonte à la racine du problème et en mesure tout l'enjeu, non pas "l'intégration", "le vivre-ensemble" et autres mascottes de l'antiracisme d'Etat, mais ni plus ni moins que l'égalité de traitement. Biographie de l'auteur Pierre Tevanian, 38 ans, est professeur de philosophie à Drancy (93), et co-animateur depuis 2000 du collectif Les mots sont importants (www.lmsi.net). Investi depuis plus de dix ans dans de nombreux mouvements sociaux, notamment antiracistes et antisécuritaires, il a publié, entre autres, le Dictionnaire de la lepénisation des esprits (co-écrit avec Sylvie Tissot, L'Esprit frappeur, 2002), 1.e Voile médiatique (Raisons d'Agir, 2005), La République du mépris (La Découverte, 2007) et Les filles voilées parlent (codirigé avec Ismahane Chouder et Malika Latrèche, La Fabrique, 2008).
L'éditorial et le sondage d'opinion? Des exercices ventriloques. La mixité sociale et la diversité? Les faux-semblants de la lutte contre la ségrégation. La rhétorique féministe et laïcarde? Les nouvelles métaphores du racisme républicain. Le sarkozysme? Un pétainisme light... Telles sont quelques-unes des analyses que proposent Pierre Tevanian et Sylvie Tissot dans ce livre où l'on croise, entre autres, Dominique de Villepin et Ségolène Royal, Fadela Amara et Julien Dray, Dieudonné et Max Gallo, Alain Soral, Eric Zemmour et Philippe Val... Les trente textes retenus dans ce recueil résument dix années de critique sociale au sein d'un collectif: Les mots sont importants. Dix années et trente textes de combat contre les mauvaises langues et les mauvais traitements, les grands auteurs et les grandes questions, les gros concepts et les grosses bites qui font l'air du temps. Trente contributions à une contre-culture anticapitaliste, antiraciste et antisexiste.
Depuis près de dix ans, les cheveux des femmes musulmanes sont devenus ce qu'il est convenu d'appeler un enjeu politique majeur, et leur dévoilement fait désormais partie des priorités les plus impérieuses. C'est de ce dévoilement forcé, et de son incroyable violence, qu'il est question dans ce livre, mais pas seulement. Car ce que ne soupçonnent pas les chasseurs de hijab, de niqab ou de burqa, c'est qu'au moment même où ils s'évertuent à dévoiler les femmes musulmanes, ils accomplissent de manière beaucoup plus intégrale et obscène leur propre dévoilement. C'est un certain féminisme, un certain laïcisme, mais aussi une certaine idée de la République et de son école, et enfin une certaine idée de l'intellectuel et de sa mission, qui apparaissent, à l'occasion de ces "affaires de voiles", dans leur effrayante nudité - autoritariste, raciste, sexiste.
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