Recherchant de continents en continents une autre naissance, l'auteur poursuit après Première apparition avec épaisseur son journal poétique. Chacun de ses voyages est prétexte à l'exacerbation d'un rêve: Exil, origine et retour travaillent une quête où le risque affleure à se confondre au mythe de son nom: Quête de l'Idéal, du Double, de la Verticalité dans les monuments et les ruines. Le Nil symbolise alors le lieu d'émergence du poème, comme du sentiment de son irrémédiable dérision. C'est entre ascension et chute qu'oscille le personnage, appliquant sa répétition au monde. Dans ce jeu, son écriture vient donner la distance d'une recomposition sonore, chaque variation l'arrachant et la rapportant à la grammaire de son identité.
Nombre de pages
168
Date de parution
08/01/1992
Poids
192g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782080663177
Titre
Trois plans inhumains
Auteur
Tellermann Esther
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
192
Date de parution
19920108
Nombre de pages
168,00 €
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Dès l'origine, avant même que les mots viennent buter contre le blanc de la page, contre son silence, il y a chez Esther Tellermann comme le constat d'une aporie. Comment l'appréhender, comment le dire, ce manque qui préexiste à l'avancée de l'oeil et de la conscience, alors que le monde est là, déjà, depuis toujours, dans la distance? Quelque chose peut-être s'est perdu en deçà de la perception - et ne reste que cet effort pour faire coïncider dans la syntaxe des signes l'absence du dedans et l'extériorité des spectacles. Demeure aussi la douleur. A la géométrie impeccable du monde, à la richesse trop évidente des couleurs, des senteurs, des sucs, répondre par quelques notations furtives, quelques itinéraires vers le "point central" qui se dérobe, dans la hâte et la lucidité de l'instant: je parle vite ou je ne parle pas.
L'oeuvre d'Esther Tellermann est la relation d'une quête indéfiniment reprise - puisque sans terme, sans origine - vers une incertaine mais essentielle unité. Chacun de ses recueils n'est au fond qu'une étape, un chapitre isolé de ce récit énigmatique tour à tour esquissé, effacé, assuré de sa source et rendu à ses propres cendres, après l'embrasement des lieux et des formules. Pangéia s'inscrit bien sûr dans la continuité de cette démarche: on a donc moins affaire ici à des poèmes isolés qu'à des "fragments", organisés en suites (ou séquences), dont le matériau est sans cesse émondé, retravaillé, afin de faire jouer l'ombre et la lumière conjointes des signes, sur la page intérieure où se profile, fugacement, un seul texte invisible - dans la perpétuelle nuit du monde, le jour fragile de la parole inscrite.