Pendant soixante-huit ans, Korneï Tchoukovski tint un journal intime, à travers les années d'ascension sociale, de découvertes, de révolutions, de famine, de terreur. Ce document, dont nous devons la publication en russe à la petite-fille de l'écrivain, Eléna Tchoukovskaïa, est une extraordinaire conversation avec soi ; c'est aussi le fruit de longues insomnies, de peurs, de complexes d'infertilité, de difficulté à résister à la bêtise, à la dictature. Le témoin Tchoukovski voit, comme il le dit, évoluer devant sa fenêtre une multitude de barques et de gens, et observe que la vie se passe de ses services. Mais ce qui a engendré le thème de l'autoaccusation chez tant d'autres intellectuels russes fascinés et mutilés par la Révolution se mue dans son Journal en une attention redoublée aux êtres et en silences (cris de douleurs à la mort de Blok, mais mutisme sur l'exécution de l'autre poète, Goumiliov, pourtant si bien campé par ailleurs...). Pages arrachées, mots biffés, arrestations, bruits fous, famine ponctuent les portraits enlevés de Gorki, d'Alexeï Tolstoï, des Nabokov et de centaines d'écrivains, éditeurs, traducteurs, peintres, tous grelottants dans un Pétersbourg famélique, où, pourtant, l'on continue de lire des vers et de rebâtir la culture mondiale... Ce Journal, dont le deuxième volume sera consacré aux années 1930-1969, est celui de toute l'intelligentsia russe au siècle de son étouffement. Korneï Tchoukovski (1882-1969) est un acteur hors pair de la scène littéraire et culturelle russe du XXe siècle : critique littéraire sensible, historien de la littérature, compagnon de plusieurs générations de poètes et de peintres (comme Répine), connaisseur raffiné de la littérature anglaise qu'il traduit et introduit en Russie, poète pour enfants dont les vers ont accompagné la vie de millions de Russes (le Crocodile, en particulier), il fut un maître du mot _ du mot à sa source, du mot enfantin, dont il se plaît sans fin à relever les trouvailles dignes du futurisme le plus insolite.
Nombre de pages
600
Date de parution
12/02/1997
Poids
880g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782213598376
Titre
JOURNAL. Tome 1, 1901-1929
Auteur
Tchoukovski Korneï
Editeur
FAYARD
Largeur
0
Poids
880
Date de parution
19970212
Nombre de pages
600,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Le second tome du journal de Korneï Tchoukovski va de 1930 à sa mort en 1969. On y retrouve l'homme de lettres qui fait d'incessantes relectures en anglais ou en russe, qui traduit Mark Twain pour survivre à l'interdiction de son ?uvre en vers pour enfants, connue par c'ur dans toute la Russie ; il relit Tolstoï dont il n'aime pas l'exhibitionnisme sexuel, se console avec son cher et pudique Tchekhov, écrit de brillants essais sur l'art de traduire. Les malheurs domestiques remplissent aussi discrètement le Journal, lui arrachant parfois des accents forts. Si le style de Tchoukovski est toujours retenu, l'homme confie pourtant de temps à autre d'étonnants aveux au papier sur le sentiment d'échec qui le ronge. Echec dans l'entreprise littéraire où cet esprit pétri de culture européenne se sent un second violon, échec personnel à vivre héroïquement en un temps qui connut l'apogée du totalitarisme. Aux années de la plus grande terreur, la brièveté des notations du Journal est en soi tragique. Tchoukovski se sent " calme comme la tombe " pendant les grandes purges : et quel tragique implicite lorsque, en 1937, il note son " enthousiasme ", et celui de Pasternak, au retour d'une soirée publique où Staline les a tous dominés, et même rendus jaloux d'une kolkhozienne placée à Ses côtés ! Mais plus tard le courage de Pasternak lui déclarant en 1958 : " Plutôt me faire crucifier que me renier ! " l'étonne et lui inspire de nouveaux doutes cruels sur soi. Akhmatova, Kouprine ou Evtouchenko lui suggèrent des notations administratives, critiques ou hésitantes. Enfin Soljénitsyne, qui, lui, rompt avec la docilité soviétique, et " resplendit " solitairement, renforce la tonalité mélancolique de ce Journal. A soixante-seize ans, Tchoukovski note en anglais : " How stale ans unprofitable ! " (Comme tout est banal et inutile) ! Chronique politique en pointillé, chronique littéraire obnubilante, chronique intime indirecte -ce livre dit toute une vie d'intellectuel russe à travers deux tiers de notre siècle. Le suicide de la littérature en est un des thèmes majeurs, commençant avec celui de Maïakovski, s'achevant avec celui de Fadeïev. L'amuseur-virtuose-érudit qu'est Korneï Tchoukovski, lui, écoute ce glas de la littérature russe mais ne se suicide pas.
Ce livre nous parle d'un Tchékhov vivant, de son caractère, de sa modestie, de son humour, de son goût pour l'absurde et le burlesque, de son insatiable curiosité, de son sens de l'amitié et de sa passion pour l'horticulture. Nous le voyons ici recevoir, voyager, plaisanter, mais aussi jardiner, bâtir des bibliothèques et élever des monuments. Néanmoins, s'il est question de l'homme et des luttes qu'il a menées contre lui-même, c'est également le portrait d'un écrivain novateur souvent incompris à son époque que dresse ici Korneï Tchoukovski. Il décortique son style et insiste sur son travail acharné pour trouver le mot juste, allant jusqu'à parler des difficultés qu'il pose à ses traducteurs.
Tchoukovski Korneï ; Dumas Philippe ; Belkeddar Od
Présentation de l'éditeur On a beau faire, quelquefois, c'est comme si on avait le monde entier contre soi. Et au collège plus qu'ailleurs. Jugez un peu : Un cahier enfoui pour cacher de mauvaises notes ; le chien du proviseur, Eschyle, qui le déterre pour jouer ; des professeurs qui ont tout sauf le sens de l'humour et de la mesure, et qui tous me désignent comme coupable ; aussitôt, c'est la menace d'une exclusion définitive.Mais à Odessa, en 1895, être exclu du collège, cela veut dire être mis à l'écart de la société. C'est presque être condamné à mort. Alors, moi qui aime apprendre, moi qui veux apprendre, comment pourrais-je échapper à une telle sentence ...
Mouche, Mouche-Tsikatouche, Ventre doré et l'air farouche ! Elle se promène dans les champs, Elle y trouve une pièce d'argent. Elle s'envole vers le bazar Où elle achète un samovar : Mon téléphone vient de sonner. - Bonjour, je ne vous ai pas dérangé ? - Vous êtes qui ? - L'éléphant d'Asie. - Vous m'appelez d'où ?- Du pays des kangourous. - Qu'est-ce que vous voulez de moi ? - Du chocolat.
Le Sûtra du Lotus est sans aucun doute l'un des textes fondamentaux du Mahâyâna. Depuis plus de quinze siècles, dans la version de Kumârajîva, il scandé la pratique des bouddhistes de l'Extrême-Orient et permis à des millions d'entre eux d'approfondir le message du Bouddha. Ce livre canonique connaît actuellement une renaissance impressionnante en Chine, en Corée, voire au Vieêt-Nam. Au Japon, il a joui d'une ferveur ininterrompue : les plus croyants continuent à en réciter des passages chaque jour et des mouvements religieux ne cessent de le diffuser pour en faire la Bible du bouddhisme. Grandiose fresque, le Sûtra du Lotus apparaît comme une mise en scène, à l'échelle cosmique, de la prédication du Bouddha, illustrée de paraboles décrivant les différentes étapes qui mènent à l'Eveil. Au cours des âges, poètes et artistes en ont exploré et transposé les innombrables images. Ses virtualités philosophiques, dont le sens peut paraître aujourd'hui obscur, furent mises en valeur par des commentateurs issus de tous les courants du bouddhisme. Le Sûtra du Lotus, dont l'original sanscrit a été magistralement traduit au XIXe siècle par Eugène Burnouf, fut propagé à travers toute l'Asie dans la version en chinois classique qu'en fit Kumârâjiva au Ve siècle. C'est cette dernière qui est présentée pour la première fois en français, avec ses deux traditionnels sûtra d'accompagnement. Le Livre des sens innombrables et Le Livre de la contemplation du Sage-universel.
Si le Soûtra du Diamant et le Soûtra du C'ur sont célèbres dans l'ensemble du monde himalayen et sino-japonais, faisant l'objet de récitations et de méditations quotidiennes sur le sens de la vacuité universelle dans le bouddhisme tibétain et zen, il n'en est pas de même du Soûtra de la Pousse de Riz, injustement méconnu, et traduit ici pour la première fois en français. Il s'agit pourtant d'un texte clé des débuts du Mahâyâna, qui traite de tous les aspects de la production interdépendante en soulignant l'irréalité fondamentale des éléments qui la constituent. Loin d'être un culte du néant, cette insistance sur la vacuité, propre au Grand Véhicule, fait voler en éclats le cadre étroit de l'être et de la substance, si chers à nos philosophes occidentaux, et débouche sur la mise en ?uvre d'une compassion sans limites.
Le monde de l'art fonctionne comme une société secrète mondiale qui agit en plein jour. Le délit d'initiés n'y est pas interdit, mais recommandé. Décréter quels sont les «bons artistes», les «bonnes toiles», les «bons acheteurs», influencer les enchères, faire et défaire les cotes est le domaine réservé d'une centaine de décideurs.La crise financière de 2008 a certes secoué le monde de l'art, mais le système n'est pas près de s'effondrer. L'art est partout: dans la mode, dans la maison, dans la rue. C'est la fièvre de l'art: des amateurs de plus en plus nombreux veulent accéder à leur tour à ce pays des merveilles et s'y sentir aussi chez eux.Pour leur permettre de connaître de l'intérieur ce milieu opaque, et qui voudrait le rester, deux journalistes indépendantes ont mené l'enquête pendant plus de deux ans, de Shanghai à New York, de Berlin à Miami.Danièle Granet a fait toute sa carrière dans la presse écrite (L'Express, Le Figaro, Le Nouvel Économiste, Novapress).Catherine Lamour a commencé sa carrière au Monde. Elle a créé et dirigé le département des documentaires de Canal +.
Laurentin René ; Sbalchiero Patrick ; Etchegaray R
Biographie de l'auteur Théologien réputé, historien et journaliste religieux, auteur de nombreuses études d'exégèse et spécialiste des apparitions mariales, l'abbé Laurentin a publié récemment aux Éditions Fayard Découverte du secret de la Salette (avec l'abbé Corteville) et Le Nouveau Diatessaron.Docteur en histoire et journaliste, Patrick Sbalchiero enseigne à l'École cathédrale de Paris. Directeur de la revue Mélanges carmélitains, il est notamment l'auteur d'Enquête parmi les voyants (Éditions de Paris, 2007) et de Jean Paul II et les canonisations (Fayard, 2007). Il a dirigé les publications du Dictionnaire des miracles et de l'extraordinaire chrétiens (Fayard, 2002) et du Dictionnaire des "apparitions" de la Vierge Marie, avec René Laurentin (Fayard, 2007).