Une jeune fille disparaît dans les bois, vestiges de la vieille forêt qui, jadis, couvrait de son ombre l'actuel emplacement de Memphis, Tennessee. Elle s'est volatilisée à la suite d'un accident de voiture sans gravité. Pourquoi ? Le jeune homme qui conduisait appartient à une grande famille de la ville : l'aventure met en péril son futur mariage. On ne plaisante pas avec le scandale dans la bonne société du Sud, en 1937. Il la poursuit ; elle ne cesse de lui échapper. Il croyait la connaître : il ne comprend plus son comportement. Peu à peu, sa naïveté, sa bonne conscience s'effritent. Et le tissu complexe des relations qui régissent les différentes strates de ce monde en voie de disparition nous apparaît dans sa subtile cruauté. Cette nouvelle, qui donne son titre au recueil de Peter Taylor, dévoile un microcosme que l'auteur dissèque avec une élégance à la fois nostalgique et brillante. "Deux dames à la retraite", un autre récit, ironique et tendre, raconte la jalousie entre une vieille cousine de la famille et la cuisinière noire qui se disputent l'affection de jeunes garçons. Acuité de l'analyse, richesse des émotions dont on sent courir le flux sous la limpidité du texte, cet alliage fait la qualité de "l'un des meilleurs écrivains auxquels l'Amérique ait jamais donné naissance", pour reprendre les termes de la New York Times Book Review.
Nombre de pages
420
Date de parution
05/05/1992
Poids
400g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070720323
Titre
La vieille forêt
Auteur
Taylor Peter
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
400
Date de parution
19920505
Nombre de pages
420,00 €
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Lorsque, trahi par son ami et associé Mr. Lewis Shackleford, le beau George Carver transplanta, dans les années trente, sa femme et ses enfants de Nashville à Memphis, il ignorait sans doute qu'il brisait leur vie et mettait en place les ressorts d'un piège qui, bien longtemps après, se refermerait sur lui. Et pourtant, quand son fils Phillip apprend, dans son appartement lugubre de Manhattan où il se prépare à une vie étriquée de vieux garçon, les projets de remariage qu'à plus de quatre-vingts ans caresse l'élégant vieillard, c'est sans beaucoup hésiter qu'il accourt à Memphis. La fureur vengeresse de ses deux soeurs l'y attend. Elles sont décidées à tout faire pour empêcher ces secondes noces. Pourquoi cette haine ? Pourquoi un simple déménagement d'une petite ville du Sud profond à une autre a-t-il provoqué chez la famille Carver des ravages psychologiques tels qu'un fils en est mort, qu'un autre a raté sa vie et que les deux soeurs quinquagénaires sont prêtes à tout pour s'opposer au bonheur de leur père ? C'est ce que raconte, en maître du récit et en poète, Peter Taylor, dans ce roman tout en subtilités et en litotes qui atteint, par paliers insensibles, à un extraordinaire raffinement de cruauté.
Ces nouvelles sont placées sous le signe de l'insolite et de l'occulte. Mais n'attendons pas ici de naïves histoires de fantôme ni un fantastique de pacotille. Les spectres que Peter Taylor nous donne à voir sont faits de nos fantasmes, de nos peurs et de nos remords : ils nous habitent comme nous hantent l'amour ou la haine de nos parents, la crainte de ce que nous pouvons un jour devenir et le regret de ce que nous avons détruit en nous-mêmes ou en l'Autre.«L'oracle de Stoneleigh Court» met en scène la vieille tante Gussie qui détient, entre autres talents, celui de faire apparaître ses chers disparus. Dans «Démons» un jeune garçon entend des voix annonciatrices de désastre et Lizzy Pettigru (dans «La sorcière de Owl Mountain Springs»), autrefois une exquise jeune fille en fleur, au fil des années devenue une vieille sorcière, se venge, soixante ans plus tard, du fiancé qui l'a trahie...Drôles, surprenantes, émouvantes, ces histoires nous posent les questions les plus terribles, esquissant parfois une réponse.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.