Tumultes N° 53, octobre 2019 : Quo vadis, Italia ?
Tarragoni Federico
KIME
20,00 €
Epuisé
EAN :9782841749515
Ce numéro porte sur l'actualité de la société italienne et, plus particulièrement, sur les raisons structurelles ayant conduit, après les élections du 4 mars 2018, à la formation d'une coalition de gouvernement inédite, guidée par des partis traditionnellement dans l'opposition : la Ligue, parti nationaliste d'extrême droite, et le Mouvement 5 étoiles qui, sans véritable ancrage idéologique, prône la réappropriation de la démocratie par les citoyens. Montée planétaire des populismes, inertie de la tradition fasciste nationale, dégringolade de la gauche social-démocrate, incapacité de la gauche radicale - la plus puissante d'Europe dans les années 1970, avec près d'un tiers de l'électorat acquis au PCI - à se reconstruire à l'ère du néolibéralisme : ces explications sont souvent évoquées. Mais ce ne sont pas les seules. Des facteurs d'ordre socio-économique expliquent aussi le désenchantement massif suscité par les partis de centre-gauche et de centre-droit qui ont dominé la vie politique nationale depuis 1993 (la dite "seconde République"). Parmi ces facteurs, on compte : la précarité des jeunes et l'absence de perspectives d'avenir dans un pays où le chômage des 25-34 ans est de 17% et où les jeunes monopolisent les contrats précaires (3 millions) ; le gouffre croissant de la pauvreté absolue et relative, avec 20% de la population actuellement pauvre et 10% en risque de le devenir (soit un total de 6 millions de personnes) ; la hausse des inégalités sociales (les 10% des plus riches détenant 55% de la richesse nationale) et territoriales entre le Nord et le Mezzogiorno ; la banalisation d'un racisme visant les travailleurs immigrés, dans un contexte de crise migratoire européenne et de crise économique nationale. Des facteurs culturels peuvent aussi être invoqués, le principal d'entre eux restant la fracture historique et mémorielle entre le Nord et le Sud, qui explique, en grande partie, la carte électorale de 2018. Réunissant philosophes, sociologues, politistes et historiens, ce numéro convie les sciences sociales à l'explication de la singularité de la trajectoire sociopolitique italienne. Il s'agit tout à la fois de rendre compte de ce qui a rendu possible une telle évolution, dans laquelle certains analystes n'hésitent pas à voir la naissance d'une "troisième" République, et de comprendre en quoi elle est symptomatique des processus en cours en Europe. Que laisse-t-elle présager pour l'Europe de demain ...
Nombre de pages
200
Date de parution
18/10/2019
Poids
280g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841749515
Titre
Tumultes N° 53, octobre 2019 : Quo vadis, Italia ?
Auteur
Tarragoni Federico
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
280
Date de parution
20191018
Nombre de pages
200,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Individualisation des peines, des carrières, des soins, de la relation pédagogique, de la consommation ; nouvelles frontières de l'identité numérique ou biométrique ; menaces que l'individualisme ferait peser sur les sociétés d'aujourd'hui... L'individu est au coeur des pratiques sociales contemporaines. A-t-on affaire cependant à un individu plus autonome ou plus fragile ? Quelles sont les tensions de la condition individuelle contemporaine ? Pouvons-nous tous accéder au statut valorisé d'individu libre et singulier, maitre de lui-même et de son existence ? Répondre à ces questions suppose de faire dialoguer la tradition sociologique - Tocqueville, Durkheim, Halbwachs, Weber, Simmel, Elias, Mead ou Goffman - et les recherches contemporaines sur les processus d'individuation.
Individualisation des peines, des carrières, des soins, de la relation pédagogique, de la consommation, de l'engagement, de la formation ; nouvelles frontières de l'identité numérique, biométrique ou virtuelle ; menaces que l'individualisme ferait peser sur les sociétés d'aujourd'hui... L'individu est au c'ur des pratiques sociales contemporaines. A-t-on affaire cependant à un individu plus autonome ou plus fragile ? Quelles sont les tensions de la condition individuelle contemporaine ? Pouvons-nous tous accéder au statut valorisé d'individu libre et singulier, maître de lui-même et de son existence ? Répondre à ces questions suppose de faire dialoguer la tradition sociologique classique, pour laquelle l'individu n'a cessé de faire débat, et les enquêtes plus contemporaines sur la dimension intime, subjective et vécue des processus sociaux. Si la sociologie a souvent occulté l'échelle individuelle, elle lui accorde désormais une place centrale, via les récits de vie, l'analyse des trajectoires et des affects sociaux.
Si l'on en croit de nombreuses analyses médiatiques, scientifiques ou profanes des révolutions en cours, du monde arabe à l'espace postsoviétique, de la Grèce à l'Espagne, en passant par l'Amérique latine, la révolution est terminée. Pire : si elle est terminée, c'est en fait qu'elle n'a jamais eu lieu. Ceux qui y ont cru, ceux qui continuent d'y croire, sont des dupes, victimes d'une propagande d'Etat. Ce livre se propose au contraire de penser l'objet "révolution en cours", de construire son concept au ras de l'expérience, en rupture avec les approches sociologiques surplombantes. D'où un double parti pris : penser la révolution à partir des subjectivités qui s'y façonnent, dans un brouillage des identités sociales ? c'est précisément ce brouillage qui explique l'incompréhension de la sociologie face à ce qui se joue dans des processus révolutionnaires ; ensuite, penser la révolution à partir non d'un exemple, mais d'un cas ? celui du Venezuela contemporain ? susceptible d'éclairer d'autres "révolutions en cours" et de rendre intelligibles les rapports à soi, au politique et au temps qui s'élaborent dans ce type de processus. En tentant de repenser la place et le statut du concept de révolution, il s'agit donc de percer à jour "l'énigme révolutionnaire".
Nous nous trouvons à un carrefour. Plus nous banaliserons les états d'urgence démocratiques, plus nous assimilerons la liberté à la consommation, plus nous trouverons confortable l'état de léthargie civique engendré par la gestion gouvernementale des risques sociaux (sanitaires, financiers, sécuritaires, climatiques...), plus l'émancipation s'effacera. " F. TarragoniAujourd'hui comme avant, l'émancipation suscite chez certains la méfiance. Le réflexe est bien connu : que ce soit dans le domaine du politique, de la famille, de la sexualité ou du travail, les processus d'émancipation conduisent, depuis l'avènement des sociétés modernes, à rompre avec un ordre, avec une tradition pourvoyeuse de sécurités et de confort, et à les remplacer par un saut dans l'incertain). Mais, notre actualité se singularise sur un point : à ce discours anti-émancipation s'en conjugue désormais un autre, qui vise au contraire à s'emparer du mot pour le détourner de son sens originaire. C'est ainsi que l'émancipation est devenue l'un des maîtres-mots des programmes de réformes néolibérales, que l'on trouve derrière l'éloge des émancipés de la start-up Nation, la nécessité pour chacun de " se prendre en main ", de devenir l'entrepreneur de sa vie, de se responsabiliser face à ses échecs et d'assumer les risques de ses choix. Le danger existe donc que l'émancipation devienne le maître-mot du retournement de la démocratie contre elle-même, la clef-de-voûte de la novlangue exprimant la volonté de gouverner sans le peuple.Dans cet essai brillant, le sociologue Federico Tarragoni, après être revenu aux origines latines du mot (l'emancipatio du mineur et de l'esclave) et à ses évolutions sémantiques (émanciper/s'émanciper) au cours des XVIIIe et XIXe siècles en particulier, tente d'arracher l'émancipation à l'oubli et au dévoiement, afin que le mot demeure la quintessence de l'humanité, qu'il continue à désigner ses aspirations vers un monde meilleur.Table des matières : 1. Contre l'émancipation ...2. La réécriture néolibérale de l'émancipation3. Émancipation des tutelles, affranchissement de l'esclavage4. Les luttes des esclaves modernes : ouvriers et femmes au XIXe siècle5. Reconnaissance et émancipation : les luttes du XXe siècle6. Émancipation et domination7. Que reste-t-il de l'émancipation dans des sociétés liberticides ...
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.