De quoi souffrent-ils? De quoi ont-ils encore peur, ces morts qui sont un peu les miens? lls me le disent parfois quand souffle le vent, mais les haies de lauriers étouffent leurs voix comme la terre étouffait celle de la Catalogne. Cette voix chaude et soudain trop rouge. Rouge de ce silence sur les chemises blanches de la jeunesse, de ma jeunesse. lls sont là! Eux mes frères, garçons bouchers, charpentiers ou maquereaux, tous ceux qui pensaient leurs peaux trop claires pour porter le feu et le plomb par les chemins. L'un après l'autre ils se sont couchés au hasard de la route, de la barricade ou du pavé, les yeux étonnés." Ainsi parle Antonio, le grand-père républicain exilé sur les côtes de Bretagne et, à travers lui, l'instituteur exécuté au petit jour sur la place du village, Pilar dans le printemps gitan, Dona Lobos la bienveillante déracinée, Gerda Taro la pequena rubia, compagne du photographe Robert Capa, morte à 27 ans à Brunete en 1937... Ainsi l'auteur donne-t-il une voix à la multitude des hommes et des femmes qui furent sacrifiés en Espagne par la guerre civile dont la mémoire ne parvient toujours pas à démêler la grandeur de l'horreur.
Nombre de pages
85
Date de parution
24/09/2009
Poids
162g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782868535238
Titre
La Nada. Nouvelles pour l'Espagnol
Auteur
Tardif Jean-Claude
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
142
Poids
162
Date de parution
20090924
Nombre de pages
85,00 €
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Résumé : "Que pourraient-ils comprendre si on leur rapportait mes monologues avec la mère du grand fatigué, ce Christ qui n'en peut mais. Qui très tôt m'a abandonnée comme il a abandonné toutes celles de Malaga, de Grenade et dans le pays tout entier, toutes ces femmes qui me ressemblent, m'ont ressemblé. Chaque jour je vis avec elles, je les porte en moi comme on porte un enfant. Parfois, lorsque ma fatigue est trop grande, que les souvenirs me font mal, il me semble que mon vieux ventre s'arrondit, que je vais les mettre au monde, en un seul cri, toutes ces femmes, ces filles, et puis je me dis qu'on n'accouche pas de ses peines, qu'on n'en finit jamais avec elles, alors je pleure". Poursuivant l'entreprise de remémoration débutée avec La Nada, Tardif trace ici le portrait sensible de proches qui ont survécu à la Guerre d'Espagne, ce "chien noir" qui les a marqués pour toujours et, avec eux, leurs descendants.
Né en 1963, Jean-Claude Tardif vit en Normandie où il anime la revue "A L'Index" . Témoin d'une fragile évanescence, saisie au quotidien, il est l'auteur d'une vingtaine de livres. Résolument tournée vers l'humain, sa poésie chaleureuse s'inscrit dans un registre nuancé, aux tonalités douces-amères.
Dans les relations entre un père et son fils, les échanges se fondent souvent sur des gestes et des regards bien plus que sur des paroles. Et c'est justement le cas de cette famille dont le fils, dyslexique, ne cesse d'achopper sur les mots, comme pour faire trébucher le langage, ou pour conjurer peut-être le mutisme d'un père affectueux mais bourru. L'enfant s'efforcera dès lors, en grandissant, d'apprivoiser ce vocabulaire tout à la fois complexe et fabuleux, au point de devenir écrivain. Car ce fils n'est autre que l'auteur lui-même... Evocation d'une enfance heureuse dans la France populaire des années soixante, cette émouvante chronique rend hommage, avec tendresse et mélancolie, à la figure du père disparu.