Jamais encore l'évolution de la pensée profonde, et même secrète, de l'auteur de La Condition humaine, de L'Espoir et de La Métamorphose des Dieux n'avait été suivie comme le fait ici Claude Tannery. Avec lui, on découvre d'un oeil nouveau l'itinéraire passionnant, et parfois douloureux, qui fut celui de Malraux. Dès les années 20, Malraux refuse l'individualisme informe qui tord déjà la race européenne et les essais de nihilisme ou d'absurde qui commencent à fleurir. Avec autant d'humour que de gravité, il s'en libère puis se lance dans l'action, bien qu'il ne soit pas un véritable homme d'action. Il cherche à accumuler des expériences qu'il espère transformer ensuite en conscience. Très vite, l'action révolutionnaire lui apparaîtra, elle aussi, comme une fossoyeuse de la Fraternité : elle restera une "Illusion Lyrique" aussi longtemps que n'auront pas été transformées la sensibilité et la culture qui donnent sa forme à l'homme. Malraux part alors à la quête du secret de la Métamorphose des Dieux afin d'y trouver le secret de la métamorphose de l'homme. Après une crise spirituelle qui faillit le terrasser, il reconnaît que l'Art ne peut à lui seul être un Antidestin, il accepte enfin et sans réserve que la Métamorphose soit la Loi du Monde et il triomphe définitivement de sa vieille ennemie : la Reine du Royaume Farfelu, la Mort. Il accède à la révélation de la Vie, qui seule mérite d'être interrogée, puis à la révélation de l'inconnu de l'impensable, celui qui n'a ni forme ni nom. Il devient l'Agnostique absolu vivant son agnosticisme comme une foi et il annonce le jaillissement spirituel qui, bientôt, pourrait enfin redresser l'homme face au destin et aux millénaires du ciel étoilé.
Nombre de pages
420
Date de parution
14/01/1986
Poids
409g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070705429
Titre
Malraux l'agnost absolu
Auteur
Tannery Claude
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
409
Date de parution
19860114
Nombre de pages
420,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dès La Tentation de l'Occident, Malraux avait expliqué pourquoi ni la foi chrétienne, ni les mystiques orientales ne pouvaient apaiser sa soif spirituelle et lui apporter une réponse à la question "Qu'est-ce que l'Homme ?". Il demanda alors à la lucidité de le guider et de le protéger dans sa quête. " Il y aura bientôt trente ans que Malraux est mort, et l'on peut espérer que les expressions successives de la quête qui fut la sienne seront enfin mises en pleine lumière, même si elles bousculent des idées que les Occidentaux ont adoptées depuis des siècles, même si elles choquent nos habitudes de pensée. Réfutant comme apocryphe la formule ressassée ad nauseam - le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas -, Claude Tannery nous libère du malentendu qui pèse encore sur la pensée de Malraux, tout en nous faisant découvrir le cheminement d'un homme sincère, et qui doute. Le livre s'achève magistralement par un entretien inédit que Claude Tannery eut avec André Malraux à Verrières-le-Buisson.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.