Des judaïcités laïques aux diverses ultra-orthodoxies, d'Istanbul à Buenos Aires, en passant par Jérusalem, New York, Paris ou Londres, les contributions réunies dans les "Mondes juifs en mouvement" explorent le rôle des multiples déclinaisons du judaïsme contemporain dans la production, la redéfinition ou la porosité de ses frontières spatiales et identitaires. L'étude des processus conjoints de brouillage et de réaffirmation de ces frontières entre les différents mondes juifs et leurs environnements éclaire les logiques de pluralisation, d'innovation et d'hybridation à l'oeuvre. L'effervescence de ces phénomènes pose enfin, dans des termes renouvelés, la très ancienne et vive question de l'unicité du fait juif. Dans les Varia de ce numéro, on trouve une comparaison méthodique des régimes de laïcité en Argentine et au Mexique, une enquête sur les processus de conversion dans les Eglises chrétiennes de Chine aujourd'hui, et deux contributions à l'histoire de la circulation des reliques catholiques à l'époque moderne, l'une entre les églises missionnaires au Japon et l'Europe, l'autre au sein des Carmels de Lyon et de Rouen.
Nombre de pages
312
Date de parution
15/06/2017
Poids
508g
Largeur
160mm
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EAN
9782713226922
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 177, janvier-mars 2017 : Mondes juifs en mouvement :
On naît juif, on ne le devient pas? Pourtant, la conversion au judaïsme existe. Mieux, elle a été minutieusement codifiée. Même si les rabbins n'aiment guère l'évoquer. Éthique ou filiation: retraçant le processus du passage, de la première rencontre à l'immersion dans le bain rituel, Sébastien Tank-Storper montre comment ces demandes questionnent profondément la religion juive. Elles interrogent également l'exercice de l'autorité dans un univers moderne qui veut néanmoins se placer sous le signe de la Tradition et de la Loi. Car s'identifier, c'est aussi être identifié. Et faire autorité, c'est aussi accepter la subjectivité. Mais ces parcours de convertis composent d'abord et surtout un tableau vivant et pluriel du judaïsme contemporain. Biographie de l'auteur Docteur en sociologie, Sébastien Tank-Storper est chercheur associé au Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (EHESS).
Le 18 juillet 1994, un attentat meurtrier frappe l’Amia, la principale institution juive d’Argentine. Commence alors un combat sans fin pour la vérité, la mémoire et la justice. À la lumière de l’attentat le plus sanglant du pays, Sébastien Tank-Storper retrace l’histoire de ces juifs argentins qui, avec plus de 250 000 personnes, constituent la première communauté d’Amérique latine et la sixième dans le monde. Des vagues d’immigration européennes à l’élection de Javier Milei, on découvre comment le pogrom de la Semaine tragique, le péronisme, la dictature et l’attentat de 1994 ont façonné la présence juive dans la société argentine. Cet attentat a durablement marqué la ville de Buenos Aires, à travers les monuments du souvenir, les dispositifs de sécurité et les manifestations qu’il a suscité. Très vite, l’attaque terroriste s’est en effet muée en affaire d’État pleine de rebondissements, entre dissimulations et espionnage, accusations portées contre l’Iran, mise en cause du président Menem et mort mystérieuse du procureur chargé de l’affaire. L’attentat est ainsi devenu le lieu où se mêlent mémoire juive et politique nationale. Cette enquête s’avère indispensable pour comprendre l’histoire politique de l’Argentine et ce que le terrorisme et l’antisémitisme font aux sociétés contemporaines. Elle porte aussi un regard singulier sur la figure de Javier Milei, qui ne cesse de se référer au judaïsme et déclare vouloir s’y convertir. C’est que l’affaire Amia, dans ses multiples répercutions, conduit à reposer une question épineuse : en diaspora, comment agir politiquement en tant que juif ?
Comment comprendre le "retour" du religieux? Religions et modernité ne seraient donc pas incompatibles? Qu'est-ce qui a donc changé depuis les temps de la sécularisation et de la laïcité triomphantes? Faut-il chercher la réponse du côté d'une étonnante faculté d'adaptation des religions, ou des angoisses sociales et des désarrois individuels? Pour aborder ces questions d'une manière un tant soit peu "objective", il convient de construire des grilles de lecture et d'interprétation aptes à cibler les interactions du social et du religieux. C'est à ce besoin que la sociologie des religions s'est efforcée de répondre, dans la diversité de ses approches et de ses terrains. Comment s'est-elle développée depuis Durkheim et Weber? Quels sont ses grands représentants actuels, ses débats, ses acquis? Comment éclaire-t-elle notre contemporain? Ce petit livre l'expose avec toute la rigueur souhaitable.
Comment comprendre le « retour » du religieux ? Religions et modernité ne seraient donc pas incompatibles ? Qu’est-ce qui a changé depuis les temps de la sécularisation et de la laïcité triomphante ? Faut-il chercher la réponse du côté d’une étonnante faculté d’adaptation des religions ou des angoisses sociales et des désarrois individuels ? Cette 2e édition refondue propose des grilles de lecture et d’interprétation aptes à cibler les interactions du social et du religieux. C’est à ce besoin que la sociologie des religions s’est efforcée de répondre, dans la diversité de ses approches et de ses terrains. Comment s’est-elle développée depuis Durkheim et Weber ? Quels sont ses grands représentants actuels, ses débats, ses acquis ? Que dit-elle du phénomène religieux dans nos sociétés contemporaines ? Olivier Bobineau est enseignant-chercheur, membre du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (CNRS/EPHE). Sébastien Tank-Storper est chargé de recherche au CNRS, membre du Centre d'études interdisciplinaires des faits religieux (CNRS-EHESS).
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.