Philosophe et politologue, Pierre André Taguieff est un intellectuel contemporain connu pour la rigueur de sa pensée et le brio de ses analyses qui ne flattent pas toujours la bonne conscience de la gauche dont il est pourtant issu. Ainsi, dans un de ses précédents livres, Les Fins de l'antiracisme, Pierre André Taguieff démontait le mécanisme précaire des agissements radicaux contre le racisme qui, en privilégiant l'action systématique sur l'analyse, risquait de faire du "racisme à l'envers". Dans La Nouvelle Judéophobie Pierre André Taguieff tient à nous faire prendre conscience du fait que ce que l'on nommait communément antisémitisme a changé de sens. Et l'auteur d'affirmer que ce n'est plus sur une base ethno-raciale que pousse la fomentation de la haine des juifs mais sur une base religieuse et géopolitique. En effet, cristallisée par les attentats du 11 septembre et l'enlisement du conflit israélo-palestinien, la nouvelle judéophobie serait surtout devenue, selon l'auteur, le fer de lance de l'islamo-terrorisme. Cet ouvrage est né d'une communication donnée par l'auteur au Sénat lors du colloque "Les Nouveaux Visages de l'antisémitisme", en octobre 2001. La multiplication des actes de violence contre des synagogues ou des écoles juives en 2002 a remis sur le devant de la scène le fléau antisémite. Aussi, prévenir les dangers d'une banalisation de cette violence raciale et éviter le surgissement possible d'un conflit religieux sont un devoir pour tous les hommes de bonne volonté. Attention, cependant, de ne pas amalgamer dans la notion de "judéophobie" antisémitisme et opposition à la politique d'Israël... À lire du même auteur : La Couleur et le Sang. --Denis Gombert
Nombre de pages
234
Date de parution
16/01/2002
Poids
245g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782842056506
Titre
La nouvelle judéophobie
Auteur
Taguieff Pierre-André
Editeur
1001 NUITS
Largeur
125
Poids
245
Date de parution
20020116
Nombre de pages
234,00 €
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Dans ce livre savant et moqueur, Pierre-André Taguieff passe au scalpel l'idéal moderne par excellence, celui d'émancipation, qui exalte, mobilise et aveugle depuis longtemps les Modernes. Le temps est venu de soumettre à un examen critique sans complaisance cette notion qui fait partie du prêt-à-penser dont se sont emparés les utopistes et les démagogues de toutes obédiences. Comment expliquer que cette notion banale ait pu devenir un thème philosophique et politique majeur depuis la fin du XVIIIe siècle, sous la forme du projet universaliste de l'émancipation du genre humain comme sous celle de l'autonomie croissante de l'individu ? Taguieff analyse la formation philosophique de l'idée d'émancipation, explore ses usages politiques et dissèque ce qu'il appelle "l'émancipationnisme ", produit de la corruption idéologique de cette idée-force. Car l'émancipation comme projet global appelle une critique fondamentale : ce qui est rejeté subrepticement, voire diabolisé, ce sont les attachements, les fidélités, les enracinements, les mémoires particulières, donc la transmission. Il s'agit d'un programme de refonte anthropologique, visant à créer l'" homme nouveau ", chimère d'une société mondiale d'individus également émancipés. La généalogie d'une idée floue, pour penser librement le monde de demain.
Voici un ouvrage qui a fait date dans la réflexion politique contemporaine sur le racisme. Pierre-André Taguieff y explique comment les nouvelles formes de racisme cultivent un discours paradoxal qui consiste non à mépriser la différence culturelle, mais à en faire l'apologie. Ce différentialisme entend, sur des bases culturalistes, mieux exalter la différence pour interdire tout mélange, en soutenant que plusieurs identités culturelles ne peuvent coexister au sein d'une même société. Cette version postmoderne du "chacun chez soi" est d'autant plus sournoise qu'elle tend à exclure la différence sous le visage souriant de la tolérance et de la célébration de l'identité culturelle. Parce que le mouvement antiraciste est aujourd'hui déconcerté et relativement impuissant face à cette nouvelle forme de racisme, l'auteur propose d'en décrire les mécanismes afin de déjouer les stratégies de cet intégrisme de la différence et de lutter contre ce nouvel apartheid qui, par hantise du métissage, nie la capacité d'intégration des cultures. Stimulant. --Paul Klein
Dès ses premières conceptualisations, aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'idée de progrès implique l'abolition des limites jusque-là imposées au savoir et au pouvoir de l'homme : l'humanité est indéfiniment perfectible, l'avenir ouvert et constellé de promesses. Maître de la nature, sujet souverain, l'homme dispose du réel qu'il imagine malléable et manipulable à l'infini. C'est au cours du XXe siècle que les croyances progressistes vont être ébranlées par la découverte d'une barbarie scientificisée et technicisée. La crise environnementale, le constat des " dégâts du progrès " renforceront la vision catastrophiste d'un progrès " meurtrier ". La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s'est transformée en pouvoir de destruction. D'où le dilemme paralysant : retour impossible à l'optimisme progressiste ou fuite nihiliste dans la désespérance. La promesse d'une amélioration de la condition humaine demeure cependant un horizon de sens pour l'humanité. Aussi importe-t-il de repenser le progrès. Une telle entreprise suppose d'en retracer quatre siècles d'histoire conceptuelle et politique et d'en analyser les principales théorisations, mais aussi de clarifier les raisons des débats contemporains entre néo- et antiprogressistes. Un exercice de pensée qui se propose de rompre avec les évidences reçues. Car si le progrès a un avenir, c'est à la condition d'être " défatalisé " et " désutopisé ".
A la fin du xviiie siècle, à la suite d'un duel, Xavier de Maistre est condamné à six semaines d'enfermement dans un lieu qui lui est désespérément familier : sa chambre. Il invente une expérience littéraire savoureuse, où chaque pas devient une aventure, chaque objet, du canapé au lit, fait figure de territoire inexploré. "Daignez m'accompagner dans mon voyage ; nous marcherons à petites journées, en riant, le long du chemin, aucun obstacle ne pourra nous arrêter".
Si tu veux que la gloire et les succès t'accompagnent, ne perds jamais de vue la doctrine, le commandement, la discipline, la prévoyance. Car celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu'elles ne surviennent ; celui qui maîtrise autant l'approche directe et indirecte que la ruse triomphera. Voilà l'art de l'affrontement. Connais-toi toi-même et connais ton ennemi, ta victoire ne sera jamais mise en danger. Connais le terrain, connais le temps, ta victoire sera alors totale. Traduit du chinois par le père Amiot
Francis Bacon: On ne sait pourquoi certaines choses vous touchent. C'est vrai, j'adore les rouges, les bleus, les jaunes, les gras. Nous sommes de la viande, n'est-ce pas? Quand je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place des morceaux de viande. Et puis il y a un vers d'Eschyle qui hante mon esprit: "L'odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux."
Schopenhauer Arthur ; Burdeau Auguste ; Salaün Chr
Quand l?artiste accompli «prête ses yeux pour regarder le monde», il nous offre l?opportunité de le voir enfin tel qu?il est, débarrassé des oripeaux du besoin et de l?utilité.Dans ces deux suppléments au Monde comme volonté et comme représentation, Arthur Schopenhauer (1788-1860) montre comment le génie opère par dévoilement soudain: «Le talent, c?est le tireur qui atteint un but que les autres ne peuvent toucher; le génie, c?est celui qui atteint un but que les autres ne peuvent même pas voir.»