Quand Anna Szajbel, présidente de la compagnie pétrolière d'Etat (un emploi rêvé, si ce n'étaient ces maudits écologistes, ces soja-connards qui ne cessent de lui chercher des noises), est surprise en train de faire voluptueusement l'amour avec un arbre, elle est immédiatement licenciée et publiquement humiliée. Cependant, cet événement l'amène à faire une découverte qui va changer sa vie. Une découverte qui la conduit à être téléportée quatre siècles plus tôt, dans le duché de Neisse gouverné par des évêques catholiques radicaux, auprès de Mathilde Spalt et des Terreuses, une communauté de femmes ayant renoncé au confort et à l'ordre patriarcal et religieux qui vivent dans les bois, vénèrent la Vieille Pucelle, et font l'amour à la Terre-Mère. Quand l'Eglise décide d'abattre la forêt pour les en chasser se déclare une guerre à laquelle personne n'était préparé.
Cette tache d'humidité apparue sur le mur de la salle de bains était-elle un signe ? Alors que le narrateur récupère les résultats d'une analyse de routine, le médecin annonce un petit doute sur le VIH En attendant le verdict d'un examen de confirmation, il ne peut partager son anxiété avec son père, venu faire des travaux de réfection dans son studio, ni avec son dernier partenaire - ils n'ont pas prévu de se revoir. Les heures passent au ralenti ; rêves et souvenirs contaminent la réalité. La tache qui progresse au-dessus du lavabo matérialise l'invasion rampante de l'inquiétude : que sera-t-il permis de vivre et d'espérer au-delà de l'angoisse ? Etonnamment souple, poétique, ludique, la langue de ce roman se distord, insinuant que la peur est une affection psychotrope.
Flandres, 1922. Depuis des années, Julienne cherche obstinément son mari, Amand, jamais revenu du front. Un jour, comme on lui présente un patient amnésique dans un asile pour soldats, elle le reconnaît. Commence alors pour eux une vie commune où il faut tout réapprendre à Amand, en espérant que ce quotidien lui permette de retrouver la mémoire. Mais l'horizon tant rêvé se dérobe quand affleurent les souvenirs d'Amand, qui ne ressemblent pas à ceux de Julienne : qui des deux se trompe, ou veut tromper l'autre ? Quelles sont ces silhouettes qui reviennent peu à peu à la conscience du soldat traumatisé ? Avec un souffle romanesque exceptionnel, Anjet Daanje nous plonge dans l'histoire intime d'un homme et d'une femme qui cherchent à retrouver l'amour et la vie après avoir côtoyé pendant des années la mort et l'angoisse. Fascinant écho de leurs émotions, Le soldat remémoré fait exister ces personnages au plus près de nous et interroge notre désir de vérité pris dans l'étau de l'histoire.
Résumé : "Le piano n'est pas un instrument pour jeunes filles, c'est un instrument pour gorilles. Seul un gorille a la force d'attaquer un piano comme il devrait être attaqué, défier le piano comme il devrait être défié". Noble, riche et excentrique, Tancredo Pavone est un compositeur d'avant-garde dont la vie est rapportée par Massimo, son ancien majordome, lors d'un entretien. Massimo se souvient de l'ego bien trempé comme des opinions très tranchées de son maître, donnant parfois le sentiment de ne pas avoir tout à fait conscience de ce dont il témoigne. Vérité ou imagination ? Au fil de son propos surgit le portrait complexe et contrastée de Pavone - un homme qui donne voix à la musique en lui -, et le lien très singulier qui lie les deux hommes, socialement aux antipodes. Infini - l'histoire d'un moment décortique le processus créatif musical sans rien perdre de l'originalité de son "sujet" , hors norme, parfois jusqu'au comique.