Jonathan Swift (1667-1745) est, en raison du pessimisme de son ?uvre, considéré comme le type même du misanthrope. Il a pourtant rêvé de constituer autour de lui un cercle de " génies ". Ce sera le " Scriblerus club ", qui comptera parmi ses membres le célèbre poète Alexander Pope, John Gay, l'auteur de l'opéra du gueux, ou encore lord Bolingbroke et John Arbuthnot, autant dire certaines des personnalités les plus éminentes de l'Angleterre du XVIIIe siècle. Sous le pseudonyme de Martin Scriblerus, ils publieront des pamphlets féroces comme L'Art de ramper en poésie. Ce sont toutes ces lettres échangées par ces esprits libres qui constituent le présent volume. Cette correspondance presque entièrement inédite en français, qui court de 1713 à 1745, constitue à bien des égards un ouvrage exceptionnel. C'est, tout d'abord, un document qui nous plonge dans l'intimité de Swift et éclaire son ?uvre aussi bien que son caractère. C'est, ensuite, un panorama complet et vivant de l'Angleterre de l'époque, déchirée par la querelle des whigs et des tories. C'est surtout, peut-être, le roman d'une amitié extraordinaire entre des esprits hors du commun, où se donne cours la plus grande liberté d'esprit. Le ton en est familier, toujours drôle et incisif, chacun faisant assaut d'esprit et d'audace intellectuelle. L'actualité littéraire et politique y côtoie les soucis les plus quotidiens. Les anecdotes et les traits mordants y abondent, à côté d'aperçus philosophiques et moraux. Et c'est enfin une ?uvre littéraire à part entière, dont les auteurs envisageaient la publication, et qui mérite de prendre place aux côtés des chefs-d'?uvre publiés par Swift.
Date de parution
01/02/2005
Poids
944g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782844851758
Titre
CORRESPONDANCE AVEC LE SCRIBLERUS CLUB
Auteur
SWIFT JONATHAN
Editeur
ALLIA
Largeur
170
Poids
944
Date de parution
20050201
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C'est à une véritable découverte de Swift que nous convie cet important volume de la Bibliothèque de la Pléiade. Car en dehors des célèbres Voyages de Gulliver - le plus souvent lus dans des éditions incomplètes ou "adaptées" - et peut-être des Instructions aux domestiques, le lecteur français ignore tout de l'oeuvre considérable de l'un des écrivains majeurs du XVIII ? siècle, profondément engagé dans toutes les luttes politiques, philosophiques et littéraires de son temps. Pacifisme, tolérance, liberté des peuples sont les trois points du programme que Swift défend tout au long d'ouvrages éclatants de hardiesse, de verve, de fougue et d'anticonformisme, tels que Le Conte du tonneau, Les Ecrits de Bickerstatt, La Conduite des alliés, Les Lettres du drapier, etc. Une somme de textes inédits, présentés dans des traductions nouvelles, de riches introductions, des notes innombrables, un appareil critique considérable, étayé par les savants travaux d'Emile Pons, un Glossaire des langues gullivériennes, permettant, pour la première fois, le déchiffrement de passionnantes énigmes, font de cet ouvrage un événement littéraire.
Les filles d'honneur invitaient souvent Glumdalclitch dans leurs appartements, et lui demandaient de m'apporter pour qu'elles aient le plaisir de me voir et de me toucher. Souvent, elles me mettaient nu comme un ver et me glissaient tout entier entre leurs seins, ce qui me dégoûtait fort, car, à dire vrai, il s'exhalait de leur peau une odeur très âcre... Elles n'avaient point de scrupule non plus à se soulager devant moi des liquides qu'elles avaient bus : c'est-à-dire d'au moins la valeur de deux barriques, dans des récipients qui jaugeaient trois tonneaux. La plus jolie des filles d'honneur, une plaisante luronne de seize ans, s'amusait parfois à me mettre à cheval sur la pointe de son sein, ou à d'autres petits jeux, que le lecteur voudra bien me pardonner de passer sous silence...
Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. A tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédie ? Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge. Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ? On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.
Publiées de façon posthume en 1845, ces Pensées sur le caractère des hommes et leur conduite dans la société présentent, sous forme d'aphorismes, d'anecdotes significatives ou de sentences lapidaires, l'essentiel des conclusions léopardiennes sur la morale.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.