Née en 1874 à Nagaoka dans la province d'Echigo, Etsu Sugimoto se situe au carrefour de deux époques : la fin de l'èpoque Edo qui marque l'abolition du shogunat et l'instauration de l'ère Meiji (1868) synonyme de l'entrée du Japon dans le monde moderne avec son industrialisation. Son récit personnel raconte le parcours d'une jeune fille au moment du crépuscule des samouraïs, dont son père était un représentant. Destinée à devenir une prêtresse, sa famille lui organise un mariage arrangé avec un marchand japonais installé aux États-Unis dans l'Ohio à Cincinnati. Afin de se préparer à cette nouvelle vie, elle suit une éducation dans une école méthodiste à Tokyo et se convertit au christianisme. En 1898, elle se rend aux États-Unis, se marie et met au monde deux filles. À la mort de son mari, elle retourne au Japon, mais finira par s'installer définitivement à New York où elle enseignera à l'université la littérature japonaise.Fille de samouraï raconte la vie d'une jeune femme dans un Japon traditionnel déclinant qui doit s'affranchir des pesanteurs sociales et culturelles. Experte de la culture japonaise, Amélie Nothomb a saisi toute l'importance de ce témoignage capital. Selon elle, la fille du samouraï " subit toutes les contraintes du samouraï lui-même sans bénéficier d'aucun de ses privilèges ". Elle ajoute : " Un temps autre y est contenu. J'ai pris un plaisir immense à me plonger dans la prose délicate et minutieuse d'Etsu. Elle est irrésistible. " Autant dire toute l'importance de ce livre intemporel.
Plongez au coeur d'une saga anglaise aussi captivante que réelle, où glamour, tragédie et ironie cinglante tissent le destin de six soeurs hors du commun. Bertrand Meyer-Stabley retrace avec une plume alerte le parcours inouï de ces aristocrates britanniques devenus des égéries de la High-Society. De la lumineuse Nancy à la redoutable Diana, de la troublante Unity à la rebelle Jessica, de la discrète Pamela à la charmante Deborah, chaque soeur illustre un pan de l'histoire européenne. Maîtresse d'un intime du général de Gaulle ou épouse d'un leader fasciste, amie d'Hitler ou militante communiste, fermière mondaine ou duchesse grand style, le récit de leur vie dépasse les fictions les plus audacieuses. Nourri de confidences inédites et d'archives rares, ce livre ressuscite un clan féminin mythique, inclassable et inoubliable. Un portrait de famille, où l'on retrouve aussi leurs parents et leur frère Tom, à la fois tendre et impitoyable, à lire comme un roman... où tout est vrai. Dans cette biographie chorale, l'auteur révèle le charme et les fêlures d'une fratrie grandeur nature.
Résumé : Ecrite entre 1963 et 1965, La Divine Mimesis, publiée en 1975 comme "document", selon la volonté de Pasolini lui-même, est l'un des textes les plus importants pour réfléchir à la rupture entre les années 1950 et les années 1960, et pour aborder la crise qui amène le poète italien à passer de la littérature au cinéma et à s'intéresser au "tiers-monde". Il s'agit par Pasolini d'une imitation des premiers chants de l'Enfer de Dante dans laquelle il se livre à une critique acerbe de la société italienne et de l'intelligentsia des années 1960. Dans ce texte, Pasolini incarne lui-même Virgile et Dante à la fois. La divine mimesis serait le document de cette crise et de ce passage entre deux époques. Un texte difficile, complexe comme toutes les allégories, mais fondamental, parce qu'il évoque les conséquences profondes et dévastatrices de l'émergence de la société de consommation et proclame l'urgence de trouver de nouvelles possibilités, de nouvelles formes d'engagement loin du conformisme et de la vulgarité. Accompagné de nombreuses photographies, il s'agit d'un texte exceptionnel de l'écrivain-cinéaste, une pierre angulaire dans son oeuvre, un livre-pivot.
Résumé : - Un grand classique de la littérature féminine japonaise. - Kanoko Okamoto (1889-1939) : une autrice de nouvellas à découvrir. La nouvelle, qui se déroule au Japon du début du XXe siècle, suit la vie de Mataichi, le fils adoptif d'un propriétaire de magasin de poissons rouges. L'histoire commence avec Mataichi réfléchissant à sa vie et à son obsession pour Masako. Lorsqu'elle était enfant, Maitaichi taquinait et tourmentait souvent Masako, la poussant jusqu'aux larmes. Finalement, Masako riposte et jette une poignée de pétales au visage de Mataichi. Après le combat, Mataichi change d'attitude envers Masako et tombe amoureux d'elle. Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, Mataichi devient étudiant chercheur dans une station de pêche de la région du Kansai, en mettant l'accent sur les poissons domestiques. Lorsque Mataichi quitte Tokyo, il ressent des sentiments contradictoires d'amour et de ressentiment envers Masako. Mataichi s'implique avec Yoshie, la fille d'une famille de pêcheurs. Il affiche sa relation avec Yoshie dans ses lettres à Masako et compare les deux femmes. Lorsque Masako répond enfin à ses lettres, elle avoue qu'elle est enceinte et qu'elle sera bientôt fiancée. Mataichi est dévasté par la nouvelle. Après avoir terminé son étude sur le terrain, Mataichi concentre toute son énergie sur la création du poisson rouge parfait pour imiter la beauté de Masako. Il consacre plus d'une décennie à tenter de produire un poisson rouge d'une beauté inégalée. Finalement, découragé par ses échecs, Mataichi s'aventure vers l'étang où il garde ses poissons rouges indésirables et abattus. L'histoire se termine avec la découverte par Mataichi du poisson rouge ultime dans l'étang boueux.
Sauf à écrire soi-même des poèmes d'amour, rien n'est plus agréable que de composer une anthologie de cette nature. C'est un peu comme si l'on vivait - ou revivait - par personne interposées, des émois rafraîchis, d'exquises incertitudes et, pourquoi pas ? , de subtils tourments. Un peu comme si l'on dessinait une autre carte de Tendre, dans cet espace et ce temps où rien ne jamais flétrit. Une anthologie de poèmes d'amour se doit d'être la plus libre du monde ; la plus simple aussi. Dans cet ouvrage, elle commence avec Jaufré Rudel, troubadour qui prit part à la deuxième croisade en 1148, chantre de l'amour de lonh, l'amour lointain ; elle continue avec Malherbe, Voiture, La Fontaine, se poursuit avec les romantiques et les symbolistes pour nous conduire, avec Apollinaire, Cendrars, Eluard et les autres, à l'époque moderne qui n'a jamais eu un tel besoin d'amour, même si à en croire Aragon, "il n'y a pas d'amour heureux'. J'ai donc suivi le fil des siècles - presque mille ans de poésie en tout - pour vous donner à lire quelques dizaines de poètes dont l'amour fut, avec la beauté, le plus "beau soucy' de leur existence. En est-il d'autre qui vaille ? " J. O.
Cachée dans un recoin de l'élégant quartier de Ginza, la Papeterie Shihodo, renommée pour son choix extraordinaire d'articles de grande qualité, enchante tous ceux qui en passent la porte, néophytes comme connaisseurs. Ken Takarada, le chaleureux propriétaire, a su créer un havre de paix au milieu de la frénésie tokyoïte. Et quand ses clients ont besoin d'échapper aux tourments de leur vie quotidienne, il les encourage à coucher leurs émotions sur le papier. Etudiante harcelée par ses camarades, employé terrifié par l'imminence de la retraite ou parents confrontés au départ à l'étranger de leur fille unique... Quelques lignes leur suffisent pour prendre du recul, renouer avec leurs désirs les plus profonds et, grâce au pouvoir de l'écriture, s'ouvrir à de nouveaux horizons. Dans ce roman choral délicat, Kenji Ueda nous offre un hymne au pouvoir de l'écriture, emmené par l'énigmatique propriétaire de la papeterie, Ken Takarada. Né à Tokyo en 1969, Kenji Ueda est un romancier japonais qui insuffle avec finesse un charme envoûtant aux objets les plus simples. La Papeterie de Ginza, son premier roman traduit en français, a rencontré un tel succès qu'il est devenu une série en plusieurs tomes et est en cours de traduction dans quinze langues. Traduit du japonais par Nina Le Flohic