L'action de Kalldewey, farce se déroule à Berlin-Ouest, ville désintégrée dans laquelle, en ces années post-soixante-huitardes, on s'intègre d'abord par groupes de reconnaissance. M et K se sont trouvées. Elles ont la couleur de la grande ville, le son de la grande ville, presque caricatural comme le veut le genre, happé ici et là dans la fumée et la lumière jaune des bistrots de Charlottenburg et de Schöneberg. Ces deux femmes sont en quête d'intégrité. Elles intègrent à leurs jeux, leur passe-temps, la femme qu'elles rencontrent, comme elles vont ensuite désintégrer son homme pourtant intègre, dans le tambour de la grande machine à laver les esprits de l'après-soixante-huit. L'homme, la femme, K et M se retrouvent dans un loft, soft comme il se doit, des années plus tard. Tout a passé sur eux comme une tornade rouge, l'heure est au blanchissage. Sale est Kalldewey, avec ses maximes incongrues, ses phrases qui tachent. Mais Kalldewey, le porc, l'immonde, s'est envolé à peine apparu, imprimant sur les âmes des nostalgies de temps plus gais, des désirs longtemps refoulés de conducteur, de guide. Regretté Kalldewey en son fatras, qui laisse des orphelins en quête de père : le psy de groupe fera l'affaire un temps, mais le nettoyage est long à venir, présageant les neiges d'aujourd'hui sur la scène de Berlin devenu monde.
Nombre de pages
104
Date de parution
25/10/1988
Poids
127g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782070714148
Titre
Kalldewey, farce
Auteur
Strauss Botho
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
127
Date de parution
19881025
Nombre de pages
104,00 €
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Grand et petit a été représenté pour la première fois en 1979 par la Schaubühne, dirigée à Berlin par Peter Stein, avec Botho Strauss comme principal conseiller dramaturgique. L'ensemble de la presse allemande avait salué en cette pièce l'oeuvre la plus importante de la saison théâtrale. Elle marque en effet l'accession de Botho Strauss au tout premier rang des auteurs de théâtre de sa génération. La pièce décrit l'errance, à travers l'Allemagne d'avant la réunification, d'une jeune femme qu'on dirait simplement banale si elle n'était pas en même temps aussi "déplacée". Dans un univers terrifiant, uniquement peuplé de gens coincés, elle-même manque bizarrement de distance, elle se cogne aux autres, elle se blesse et s'épuise et va ainsi de bonds en chutes entre grand et petit, toujours plus seule mais poussée de l'avant par une désespérante bonne volonté
Abandonné par son amie, Richard Schroubek, en cet exceptionnel été de 1976, dans un Berlin écrasé de chaleur, erre dans l'appartement déserté. Pourquoi Hannah est-elle partie ? Où et comment vit-elle sans lui ? Ces questions lancinantes et futiles en entraînent d'autres, jusqu'à tout remettre en question dans sa vie. Pour se consacrer entièrement à sa quête, il a quitté son travail et, peu à peu, rompu tous ses liens avec le monde. Mais, pour ce naufragé, cet assiégé, bientôt cet affamé, les échos et les reflets de la vie extérieure (à la télévision, sous sa fenêtre, dans le ciel) n'en prennent que plus de relief et de densité : le fait le plus quotidien révèle son absurde étrangeté. Il dédie à la disparue un journal méticuleux et cruel de ces heures hors du temps, de ce vide peuplé de son absence. C'esst le procès-verbal d'une déchéance (et d'une régénération par l'écriture). Cette dédicace, à la fois l'offrande du texte et le texte qui nous est ici offert, la dédicataire n'en prendra pas connaissance : elle en perdra les feuillets dans un taxi, conformément à la règle qui veut que le destinataire d'un écrit en soit rarement le lecteur.
Dans une ville de province, les Amis des Arts, petits notables venus de tous les horizons, inaugurent leur exposition. Au fil des scènes, comme projetées sur un écran dans une succession brisée, nous renvoyant notre propre image, ces personnages écorchés révèlent peu à peu leurs attirances, leurs conflits, leurs déchirures. C'est dans leurs failles, dans leurs silences ou dans l'excès de leur cri que se trahit leur solitude. Dans un monde où se reflètent indéfiniment scène et salle, tableaux et réalité, peinture, cinéma et photographie, c'est à travers l'assemblage de ce que nous appelons si bien les "clichés" que perce la vie profonde des personnages, recouverte par un langage qui n'est pas le leur, dominée par une obscure puissance (sociale ou métaphysique ?) tapie à l'arrière-plan. Voir et revoir les tableaux, les personnages, le déjà-vu, le déjà-dit, la séparation et le retour font apparaître l'interstice où se loge notre angoisse, notre vérité, moment central de cette "trilogie". Dans cet entrelacs subtil d'"affinités électives" où les choses se défont et se refont, c'est la rupture qui manifeste, face à la stabilité photographique des tableaux "réalistes", l'inconsistance, déjà proclamée par Woyzeck, du sol qui glisse sous nos pas : "Au commencement il y a toujours l'adieu... et puis il y aun revoir... Entre le va et le vient, la charnière où nous nous rencontrons..."
Aux jeux de miroirs sociaux du théâtre de Botho Strauss répondent ici ceux d'une narration se reflétant à l'infini. L'histoire d'un jeune metteur en scène fait s'épanouir soudain d'autres histoires où s'ouvrent encore, à la manière du conte romantique, de nouveaux récits d'initiation. L'initiation du jeune homme passe par ces initiations très diverses dont le kaléidoscope compose l'image d'une société - allemande ? - passée, présente et à venir. Voyage initiatique dans l'univers des hommes et des esprits, Le jeune homme est aussi, comme toujours et plus que jamais chez Botho Strauss, un voyage à travers la multiplicité des langages, les formes littéraires léguées par la tradition et les possibilités d'une écriture d'aujourd'hui. Un cheminement au travers de la vie, mais aussi de l'imaginaire, qui n'est peut-être qu'un futur révélé dans la prescience de l'instant suspendu, de cette somnolence où apparaissent les formes.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.