Emmanuel de Coulanges, cousin de Mme de Sévigné, dont sa femme disait : "C'est toujours son plaisir qui le gouverne et il est heureux : en faut-il davantage ? " ; David Hume, trouvant dans le détachement la valeur cardinale de son existence ; le président de Brosses, tout à la joie d'arracher à Voltaire le prix de quatorze moules de bois ; l'abbé Morellet passant la moitié de sa vie dans un "curieux ménage" avec Mme Helvétius ; Edward Gibbon, être extraordinairement sphérique, auquel tout semble acquis d'avance ; James Boswell, fainéant, snob et amateur de boisson, que rien ne peut inhiber ; Horace Walpole, vieux garçon accompli, en qui le XVIII ? siècle atteint un incomparable degré de raffinement ; Mme de Lieven, expression anachronique du même art de vivre, qui trouve une reconnaissance inattendue auprès de M. Guizot... Huit personnages de ce XVIII ? siècle qui fut l'un des lieux privilégiés de Lytton Strachey ; huit échos de cette douceur de vivre qui, selon un mot célèbre de Talleyrand, ne s'incarna dans l'Ancien Régime que pour disparaître avec lui.
Nombre de pages
104
Date de parution
23/10/1992
Poids
143g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782070727988
Titre
La douceur de vivre
Auteur
Strachey Lytton
Editeur
GALLIMARD
Largeur
130
Poids
143
Date de parution
19921023
Nombre de pages
104,00 €
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Au coeur du XVIII? siècle français, brille une longue suite d'amours malheureuses, d'amitiés trahies, de désespoirs et de ratages. Héroïnes du style et de l'esprit, virtuoses de la parole et de l'écoute, les salonnières furent comme fatalement la proie de ces passions impossibles, aimant qui ne les aimait pas, n'aimant pas qui les aimait. L'histoire de la relation contrariée de M?? du Deffand et de Mll? de Lespinasse est certes bien connue ; mais il revient à Lytton Strachey, en deux "portraits miniatures" jusque-là inédits en français, d'en avoir tracé l'épure, concentrant en quelques pages lumineuses, d'un style cristallin, le récit de ces destinées admirables et erratiques, fascinées par le langage, soucieuses des formes, de l'élégance des rapports humains, prisonnières, pour finir, d'une géométrie de l'intenable.
Au coeur du cercle de Bloomsbury, de ses passions irrégulières, de son intérêt pour les mouvements les plus secrets et les plus déconcertants de l'être humain, Lytton Strachey se voulut, et resta sa vie durant, un partisan des Lumières. Il entra en littérature par le biais de sa passion pour le XVII ? siècle français et ne considéra la plupart du temps ses compatriotes que comme d'hypocrites puritains dont il fallait dénoncer les alibis, ou d'admirables excentriques dont saluer, le sourire aux lèvres, le délire. Tel est le ressort des cinq portraits miniatures ici rassemblés. Un courtisan élisabéthain, un obscur érudit et un fondateur de secte au XVII ?, le merveilleux John Aubrey, auteur de Vies brèves à la vie paradoxale, l'intrépide Lady Mary Wortley Montagu enfin, aventurière racée, épistolière unique, constituent les cinq figures de cette galerie de portraits que rien ne relie, si ce n'est le regard acéré du biographe, son horreur viscérale de l'obscurantisme, une ironie cristalline, toute la mesure en un mot du style de Strachey.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.