?Un des premiers grands textes sur les bonheurs et les abîmes de l'informatique. Sans réelle mise en garde mais d'une parole toutefois prononcée, Yves Stourdzé nous avertit dès les premières pages que " nous nous promenons aujourd'hui dans les ruines de notre avenir "... " où l'on rencontre d'un côté la miniaturisation, le microprocesseur et les manipulateurs enzymatiques ; de l'autre la navette spatiale, la bombe à neutrons... où l'on voit que, dans l'entre-deux, nous circulons à tâtons, pendant que s'élaborent des mémoires collectives, banques et bases de données, et que s'établissent les réseaux interconnectés dont les terminaux, comme autant de bouches avides, renouent avec le modèle ancien des voracités et des appétits... où l'on distingue partout des groupes qui s'agglomèrent, puis renouent avec un passé insolite, faisant leurs des passions transversales, des spécificités passagères et des stocks de signes orphelins... où l'on saisit que reproduire signifie désormais créer directement des ruines, des débris, des éclats et des nuisances... où l'on constate alors le mixage des temporalités, l'instabilité des corps... et où l'on se met à parcourir l'archéologie comme un thème de science-fiction...(Y.S.) "
Nombre de pages
167
Date de parution
01/03/1997
Poids
212g
Plus d'informations
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EAN
9782910170325
Titre
Les ruines du futur
Auteur
Stourdzé Yves ; Tonka Hubert
Editeur
SENS ET TONKA
Largeur
0
Poids
212
Date de parution
19970301
Nombre de pages
167,00 €
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?Hautaines, arrogantes, les organisations codifient, quadrillent, centralisent. Du haut de leur puissance, elles dominent le corps social, y inscrivent leur logique et leur ordre. Elles sillonnent l'espace et le temps et ne laissent apparaître aucune zone ouverte où l'évasion soit encore possible. Si nous ne détruisons pas les organisations, elles nous briseront définitivement. Disloquer l'organisation, c'est briser les champs qu'elle innerve et nourrit, c'est inventer un temps et un espace autres, c'est dissoudre les formes de l'équivalence qui nous enserrent et nous emprisonnent, pulvériser le système de signes qui rend la vie monnayable sous forme de salaires et de marchandises, revendiquer un temps sans mode ni plein emploi. Aussi longtemps que subsistera la logique du sacrifice, l'organisation se renforcera ; elle s'écroulera comme un château de cartes, lorsque nous refuserons l'épargne de la jouissance au nom des objectifs planifiés ou des objets consommables. Y.S.
Recueil de textes (articles, notes...) qu?Yves Stourdzé avait commis au fur et à mesure de ses réflexions et de ses engagements. Pour les éditeurs, " il s?agissait de continuer le voyage entamé avec cet homme pressé (savait-il qu?il avait si peu de temps ?) qu?était Yves Stourdzé. Dégager le cheminement obstiné d?une pensée qu?aucun obstacle ne rebutait, qui refaçonnait ses instruments de réflexion et ses moyens d?agir au fur et à mesure qu?ils étaient mis en défaut. Nombreux furent déconcertés par sa fascination pour les technologies et le pouvoir sans en saisir l?enjeu ? Nombreux furent ceux qui se sont interrogés sur l?atypisme d?une telle démarche. " On trouve Dans une poignée d?électrons un début de réponse.
Cet essai explore une relation entre certaines formes d'architecture et les expériences totalitaires de notre siècle. Collusion art et politique? Il sonde les profondeurs, les connivences, les avatars des dirigeants dans l'oeuvre de domination. Il marque d'emblée une distance à l'égard des stratégies de dissociation ou de disjonction entre ces deux ordres de phénomènes, liant la volonté esthétique et la volonté politique.Miguel Abensour a choisi l'emblématique totalitarisme nazi incarné par deux hommes, Hitler et Speer, exemple de la tragédie du "siècle" passé, mais sirène à laquelle notre actuel siècle n'est pas insensible. Il laisse en filigranes d'autres totalitarismes aux résolutions esthétiques semblables. N. Abensour, par un regard attentif sur le passé, pointe en réalité, cruellement, notre présent.Ne nous faudrait-il pas "lire" certaines architectures actuelles, totalitarisme certes dilué mais bien présent, selon son analyse?Ce qui nous permettrait de mieux comprendre la relation contemporaine de la volonté esthétique (culture) et la volonté politique (économie) comme nouvelle domination par des "monstres" architecturaux, par des monuments idéologiques sidérant. Ici on réapprend la portée politique d'un jeu plastique, d'une révérence esthétique. [H.T.]Miguel Abensour (né en 1939) est un philosophe français, spécialiste de philosophie politique. Il est professeur émérite de philosophie politique à l'Université Paris VII - Denis - Diderot et ancien président du Collège international de philosophie. Il a participé aux revues Textures, Libre et Tumultes. Directeur de la collection "Critique de la politique" aux éditions Payot depuis 1974, il a notamment contribué à la réception de la pensée de l'École de Francfort en France.Dans ses ouvrages et ses nombreux articles, il cherche à concilier l'idée de démocratie, conçue comme "démocratie contre l'État", avec l'idée d'utopie.