Ce jour béni, j'étais à Haimbach par le plus grand des hasards, et c'est à ce hasard-là que le lecteur doit toute cette histoire; car Dieu sait comment cela se fit - tous ces gens m'ont tellement plu, et sans doute réciproquement, que nous avons lié connaissance, et puis partagé une voiture, et aussitôt entretenu des relations plus personnelles qui se sont poursuivies jusqu'à aujourd'hui, et j'aimerais qu'il me soit donné un beau jour de conduire à l'autel la très charmante Emma. Vite un conseil encore, avant de nous séparer: "Si maintenant il prend à l'un d'entre vous l'envie de visiter le lac de Traunsee, qu'il attende encore deux ou trois ans, si c'est possible; car alors seront achevées les deux magnifiques villas qui vont être construites sur la rive de Traunkirchen, entièrement d'après les indications d'Albrecht, pour servir de demeure aux convives de ce déjeuner - à moins que d'ici là on ne fasse un autre projet, comme par exemple habiter dans le Jura, ou en Nouvelle-Zélande, ou ailleurs, ce qui n'étonnerait guère de la part de têtes aussi éthérées."
Nombre de pages
137
Date de parution
23/01/2008
Poids
158g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842422301
Titre
Fleurs des champs
Auteur
Stifter Adalbert ; Muller Sybille
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
158
Date de parution
20080123
Nombre de pages
137,00 €
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Stifter Adalbert ; Chambon Jacqueline ; Kreiss Ber
Souvent l'esprit de désunion entre les êtres n'est au début qu'une chose insignifiante qu'ils ne perçoivent pas et qu'ils mésestiment, balayant cela d'une moue ou d'un haussement d'épaules - alors cette chose croit en secret et bientôt se dresse entre eux, opaque et sombre comme un géant invincible. Un voyage en ballon, lors d'une nuit de pleine lune, fait prendre conscience à un peintre qui rêve de grands espaces de l'insurmontable distance qui le sépare de sa bien-aimée. Un jeune homme revient dans son village après un périple Long de plusieurs années, la tête remplie de somptueux paysages mais le coeur toujours plein de sa lande natale. Dans ces deux contes, récits d'un départ et d'un retour, Le grand écrivain et peintre romantique Adalbert Stifter laisse entrevoir les subtiles métamorphoses de l'âme humaine lorsqu'elle rencontre la beauté du monde.
On découvrira, dans ces récits, deux aspects très différents, opposés même, et étonnamment complémentaires, du génie d'Adalbert Stifter (1805-1868). Celui qui donne son titre au recueil, Les grands bois, se déroule dans un monde familier à l'auteur, les monts de Bohême, les forêts profondes qui ont enchanté son existence, par ailleurs douloureuse et frustrée. L'art de Stifter (qui fut aussi un peintre de haute valeur, dont les paysages n'ont pas vieilli) est à l'image de ces horizons où les détails s'harmonisent, se fondent dans la profonde unité du destin. Or ce même homme, dont les monts de Bohême semblent fermer l'horizon (et qui, vers le sud, n'a jamais dépassé Trieste), écrit aussi Abdias, histoire d'un juif de Tripoli, à demi nomade, drame du désert, lent et fascinant comme les contes de l'Orient, d'un pur tragique. L'oeuvre de Stifter va bien au-delà de ces récits, mais ils sont au carrefour de ses hantises et de ses rêves, comme ces tables d'orientation qui donnent à rêver au promeneur.
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Georg Simmel (1858-1918) fut un des inventeurs de la sociologie, mais aussi un philosophe original, un véritable personnage du Berlin 1900, ouvert aux arts et à toutes les manifestations de la modernité. Enseignant (sans solde) à l'Université de Berlin pendant des décennies, il exerça une influence diffuse considérable. Un public varié se pressait à ses cours, venu de toute part. On considérait être admis dans ses privatissimi comme un rare privilège. Solitaire, sans ancrage fort dans l'institution, sans "école", il sombra dans l'oubli après sa mort et ne fut redécouvert que tardivement. Mais ses idées continuaient d'inspirer une quantité de ses "enfants" spirituels. Le présent ouvrage en rassemble une large palette sous forme d'une photo de groupe qui réservera bien des surprises. D'Union soviétique aux Etats-Unis, des rangs de la philosophie à ceux de la sociologie, des historiens de l'art aux écrivains, journalistes, à plusieurs personnages inclassables, une histoire souterraine de la vie intellectuelle du XXe siècle se dessine à partir de Simmel.
Ces neuf nouvelles de Rainer Maria Rilke, écrites entre 1897 et 1901, sont d'une grande variété de forme et d'inspiration, mais elles portent toutes en elles les visions fulgurantes de l'homme qui achèvera, vingt ans plus tard, Les Elégies de Duino, en affirmant que "tout ange est terrible". Avec une certaine férocité satirique, Rilke raille autant les philistins satisfaits que les artistes complaisants, et, à l'image de son double de jeunesse, Ewald Tragy, poète de dix-huit ans, il s'attache aux humbles et aux réprouvés de l'existence. Qu'il dépeigne de grandes familles obsédées par leurs ancêtres, des aristocrates en fuite après la Révolution française, ou encore des vieillards émerveillés par le simple passage d'une petite fille dans un parc, l'auteur nous montre toujours "qu'entre horreur et splendeur se développent des relations secrètes".