L'ange nécessaire. Essais sur la réalité et l'imagination
Stevens Wallace
CIRCE
19,06 €
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EAN :9782842420369
L'oeuvre de Stevens, même si elle ne parvient que lentement en France, est l'une des plus rayonnantes - et l'une des plus énigmatiques - du XXème siècle. Par "l'ampleur et la délicatesse" de sa pensée, écrit Randall Jarrell, la poésie de Wallace Stevens, tout en constituant "un lien avec le passé", est l'un de "nos plus sûrs liens avec le futur", car elle "appartient à ce que, de nous, le futur connaîtra." Né en 1879 en Pennsylvaie et mort en 1955 dans le Connecteur, Stevens, qui, après des études de droit à New York, a travaillé de 1916 jusqu'à sa mort dans la même compagnie d'assurances, n'a quasiment jamais quitté les Etats-Unis. Stevens l'immobile a pourtant aimé se tourner vers la France. "Le français et l'anglais sont une seule et même langue" dit-il. Et son anglais aime à s'infléchir du côté du français ou du latin. C'est de France, justement, qu'en automne 1949 Stevens fait venir un tableau de Tal Coat. Et cette nature morte lui inspire un poème - d'où il tirera bientôt le titre de son recueil de proses L'Ange nécessaire. Ces proses ne sont pas séparables des vers de Stevens, L'Ange nécessaire contient d'ailleurs deux admirables poèmes. Et si dans ses essais tardifs, qui condensent les réflexions issues de toute une vie d'écriture nocturne, Stevens s'aventure en prose dans ce qu'il appelle "théorie" (et qui parfois l'amène à des confrontations philosophiques), il l'avait d'abord fait dans ses vers, allant jusqu'à parler de la poésie comme de la "théorie de la vie". Sa prose est, tout autant - quoiqu'autrement - que ses vers, "imagination". Il arrive d'ailleurs que Stevens y cède la parole à un poète fictif. Se détachant de l'auteur de L'Ange nécessaire, c'est alors à la seule "figure" d'un jeune poète possible qu'il revient de parler à cette redoutable compagne qu'est la poésie : "Inexplicable soeur de Minotaure, lui dit-il, énigme et masque, quoique je sois part de ce qui est réel, entends-moi et reconnais-moi en tant que part de l'irréel. Je suis la vérité, mais la vérité de cette imagination de la vie dans laquelle, d'une marche et d'une manière non familières, tu me guides en ces échanges de parole où les mots sont miens, et mes mots tiens."
Nombre de pages
166
Date de parution
19/05/1998
Poids
184g
Largeur
120mm
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EAN
9782842420369
Titre
L'ange nécessaire. Essais sur la réalité et l'imagination
Auteur
Stevens Wallace
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
184
Date de parution
19980519
Nombre de pages
166,00 €
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Harmonium propose un ensemble de voix, ou plutôt de registres, allant de l?aigu au grave, du ludique au rhétorique, de la forme brève du quatrain à des formes longues se déployant sur plusieurs pages. Le poète expérimente les ressources qu?il a accumulées. Le mot harmonie sous-jacent dans le titre manifeste sa préoccupation essentielle : trouver un ordre au chaos du monde. L?accent est mis non seulement sur l?imagination, mais sur les liens de la poésie avec les autres arts, en particulier la musique. Rythme et sonorités jouent un grand rôle dans ces poèmes, bien que l?influence de la peinture moderne, impressionniste ou cubiste, y soit tout aussi présente. Mais la séduction n?exclut pas la dérision et la distanciation. Stevens apparaît ici comme un magicien, un illusionniste lucide, traversé par des moments d?espoir, mais conscient que se cache, sous les diaprures de son art, une réalité âpre et désolante. «La poésie», a-t-il dit, «est une façon de rendre acceptable l?expérience, presque entièrement inexplicable, que l?on est en train de vivre.»
A travers trois voyageurs chinois, la solitude de l'homme devant les émotions, un suicide, une jeune fille hébétée par la démesure de la passion. Cette pièce montre la relation entre les objets de la nature et nous-mêmes. 6 hommes, 1 femme / 1 h
Trois textes brefs et denses d'"un théâtre sans action ni personnages" de Wallace Stevens, théâtre qui repose essentiellement sur des propositions de nouvelles structures dramatiques. Carlos parmi les bougies, texte pour un personnage et vingt-quatre bougies, s'articule autour d'un crescendo et decrescendo d'associations d'idées, de créations d'images. Bol, Chat et Manche-à-Balai est une critique littéraire théâtralisée et très drôle. L'objet de la pièce est un livre et selon le regard jeté sur lui, l'objet se modifie sans cesse. Il est question dans Une cérémonie des degrés d'étrangeté d'une culture selon les cultures auxquelles on la confronte. Pièce ouverte aux possibilités scéniques infinies.
Rarement un poète se sera mis en scène de façon aussi nue à ce moment de son existence, aura livré avec autant de franchise les humeurs et les pensées de la vieillesse, plus détestée peut-être par lui que par tout autre homme, sans pour autant céder à la sensiblerie. Aux yeux de Stevens, Le Rocher (The Rock) constitue un point d'aboutissement. Après la sortie d'Auroras of Autumn, en 1950, il n'était pas pressé de publier à nouveau, pressentant que le recueil alors en gestation serait le dernier. Pour cette raison, Le Rocher, outre le fait qu'il réunit seulement vingt-cinq poèmes, n'a pas fait l'objet d'une publication séparée. Il apparaît à la fin des Collected Poems, publiés à l'automne 1954, moins d'un an avant la mort de Stevens, le 2 août 1955, et fait pendant à Harmonium, sur quoi s'ouvre ce livre. L'opposition des titres est éloquente. Au riche éventail d'investigations et de possibilités que proposait le premier recueil, s'oppose la vision définitive, fondamentale, épurée, donnée par le dernier. Le rocher est le symbole de cette réalité à laquelle l'imagination ne cesse de s'enlacer pour lui donner sens, à la façon du feuillage qui le recouvre. Entre Le Rocher et les poèmes posthumes, parus en 1957 dans Opus Posthumus, il n'y a pas de hiatus et c'est pourquoi nous les présentons conjointement. Nous complétons cet ensemble par Adagia, une suite d'aphorismes sur la poésie ayant paru eux aussi, à la différence de l'essai structuré The Necessary Angel, dans Opus Posthumus. Ils forment, s'étalant sur une longue période, une sorte de contrepoint à celle, relativement courte, qui a vu l'élaboration des derniers poèmes. Enfin, quelques extraits de la correspondance jettent un éclairage sur les dernières années de la vie de Stevens, témoignant à la fois de son déclin physique et de sa vitalité intellectuelle intacte.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.