De la nécessité de mener la bataille idéologique contre le sionisme" La guerre au Proche-Orient, c'est bien sûr un colonialisme qui détruit méthodiquement la société et le peuple palestiniens. C'est aussi un pays, Israël, devenu une tête de pont occidentale au Proche-Orient. Et c'est l'aventure militaire permanente avec son cortège de crimes, d'humiliations, de racisme et de violations du droit international. Mais parmi les nombreuses raisons qui permettent la poursuite de cette guerre, il y a l'adhésion massive des Israéliens et plus largement des communautés juives organisées à une forme de pensée et d'idéologie qui les rend totalement aveugles et insensibles à l'autre. Dans ce récit mythique, l'Israélien serait un homme nouveau, supérieur aux autres. Le mouvement de solidarité qui défend les droits du peuple palestinien ne peut qu'attendre (pour être plus efficace) de sa composante juive, et donc de l'UJFP, qu'elle mène le combat idéologique contre la manipulation de l'histoire, de la mémoire et des identités juives. L'UJFP doit combattre le complexe de Massada, la façon dont les Israéliens ont été persuadés que tout le monde hait les Juifs, que leur histoire n'est qu'une succession de persécutions, qu'ils ne peuvent vivre qu'entre eux, qu'Arafat était un nouvel Hitler et les Palestiniens des pogromistes. Elle doit interroger en permanence une éducation à la peur et au mépris de l'autre, une récupération éhontée de l'antisémitisme et du génocide nazi, une tendance permanente à renverser la réalité d'aujourd'hui pour transformer l'occupant en victime. Elle doit remettre en question l'histoire fabuleuse que les sionistes ont fabriquée : il n'y a eu ni exil des Juifs, ni retour. La diaspora n'est pas une parenthèse, c'est l'essence des différentes formes de judaïsmes. Et la Palestine a toujours été une terre où vivaient des peuples différents. Elle doit encourager le débat, la recherche et la confrontation des différentes formes d'identité ou de mémoire juive là où le sionisme affirme qu'il n'y a qu'une seule histoire et qu'une seule voie. La tentative de clore l'histoire juive est une des causes de la continuation de la guerre. Elle empêche des composantes de la société israélienne de prendre conscience que l'Etat israélien pratique une politique d'apartheid et de déni des principes universels d'égalité. Les travaux d'un grand nombre d'écrivains, historiens, cinéastes ou intellectuels israéliens remettant en cause l'histoire officielle et le dogme sioniste doivent être connus de tou(te)s. L'UJFP décide donc pour les années à venir d'impulser toutes les formes de débat, d'expression publique ou de confrontation pour expliquer inlassablement devant tous les publics que les défenseurs du sionisme n'ont aucun droit à parler au nom des Juifs et que la politique qu'ils défendent n'est pas seulement criminelle contre les Palestiniens. Elle est également suicidaire pour les Israéliens et plus largement pour les Juifs.
L'oppression d'un peuple peut-elle cacher l'oppression d'un autre ? Le conflit israélo-palestinien est coeur de cette interrogation. Pierre Stambul entend ici dénouer les fils inextricables de cette question. Il revient sur la genèse et les formes de l'antisémitisme et sur l'apparition du sionisme présenté comme réponse aux persécutions dont sont victimes les Juif·ves en Europe. Pour autant, la fondation de l'Etat d'Israël n'a pas éteint l'antisémitisme. La nouvelle terre d'accueil née avec l'Etat d'Israël s'est développée aux dépens d'un autre peuple, le peuple palestinien dont les souffrances et l'oppression ne peuvent être indifférentes à ceux et celles qui luttent contre le racisme et l'antisémitisme, nous dit l'auteur. L'ambition émancipatrice des peuples juifs d'Europe et d'ailleurs ne peut s'incarner dans un Etat colonial qui opprime les Palestiniens et les Palestiniennes. Il convient, ajoute l'auteur, de récuser l'équation Juif =? sioniste et donc antisioniste =? antisémite. Une confusion savamment entretenue par les défenseurs d'un ordre mondial fait de guerres et de domination, qui entend disqualifier tous ceux et toutes celles qui s'opposent à toutes les formes de domination et de racisme. "Au contraire, la lutte contre l'antisémitisme doit retrouver l'universalisme de l'époque où une majorité de Juifs considéraient que leur émancipation, comme minorité opprimée, passait par l'émancipation de toute l'humanité" , conclut l'auteur, qui avec ce récit historique concis propose des clés pour comprendre. En annexe, un article, traduit du yiddish et publié en 1938 dans la presse de l'Union générale des travailleurs juifs (Bund), très influent en Pologne, qui était opposée au projet sioniste, vient éclairer le débat.
La guerre que l'État d'Israël mène contre le peuple palestinien dure depuis des décennies. Les Palestiniens ont été victimes d'un nettoyage ethnique en 1948 qui en a fait un peuple de réfugiés, en partie importante sur ses propres terres. Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont occupés depuis 1967 et des centaines de milliers de colons israéliens se sont installés dans ces territoires. Gaza est bouclé par terre, par mer et par air depuis 2007. Ce qui se passe depuis le mois d'octobre 2023 dépasse tout ce qui était imaginable : la quasi-totalité des bâtiments et des infrastructures de la bande de Gaza ont été pulvérisés. Le nombre de morts ou de disparus à Gaza, rapporté à la population1, équivaut (en juillet 2024) à 1 500 000 morts en France2. 70% des morts sont des femmes et des enfants. Les dirigeants politiques israéliens ont, dès le 7 octobre, considéré que les Palestiniens comme des « animaux humains3 ». Plusieurs d'entre eux ont ouvertement appelé au meurtre des civils. Les journalistes ont été particulièrement visés4. La quasi-totalité de la population a vécu plusieurs déplacements forcés et survit sous la tente, voire sans autre abri que quelques morceaux de plastique5. L'occupant organise la famine. Les images de parents transportant les corps déchiquetés de leur enfant ou les déclarations de jeunes expliquant qu'ils n'ont plus de parents et qu'ils auraient voulu disparaître avec eux sont arrivées sur nos écrans. Les photos des centres de torture où les prisonniers sont ligotés, les yeux bandés aussi. Cette boucherie est aussi une guerre de l'information. La version israélienne du 7 octobre a été imposée comme étant la réalité. Gaza a été incroyablement diffamée, ses habitants étant décrits comme des barbares terroristes. L'Occident, et en particulier le gouvernement états-unien, a soutenu et armé un gouvernement coupable, au vu et au su de tous, de crimes contre l'humanité. En France, le gouvernement a tenté de criminaliser l'antisionisme et le mouvement de solidarité aux droits du peuple palestinien. Et puis, c'est le monde à l'envers : tout ce que le monde compte de racistes et de suprémacistes soutient le génocide en cours et accuse la gauche d'être antisémite. Une même séquence temporelle voit se dérouler les événements sanglants en Israël/Palestine et la poussée de l'extrême droite néofasciste en France. Des deux côtés il y a réécriture de l'histoire, barrières morales qui s'écroulent et amnésie. 39% des électeurs d'Oradour-sur-Glane6 ont voté Rassemblement National aux élections législatives, indice inquiétant d'une amnésie collective : ils ne voient pas que les néofascistes d'aujourd'hui puisent leurs racines chez les assassins d'hier. Et 43 % des Français habitant en Israël qui ont voté aux élections européennes ont choisi la liste d'Éric Zemmour, l'homme qui a affirmé que Pétain était le sauveur des Juifs français7. Le but de ce livre est de retracer une histoire cohérente qui donne du sens là où le discours dominant essaie de le détruire. Une histoire qui démonte les mensonges fondateurs du sionisme. Une histoire qui montre que le sionisme n'est pas seulement une idéologie criminelle. C'est aussi une injure à l'histoire, à la mémoire et aux identités juives. Et c'est une idéologie suicidaire. Personne ne peut penser que ces crimes de masse pourront durer indéfiniment.
Résumé : Conflit atypique entre les Etats-Unis et l'URSS, alliés conjoncturels de 1941 à 1945, la guerre froide est l'histoire d'une opposition entre deux idéologies irréconciliables : le libéralisme et le communisme. Analysant le processus d'entrée dans la guerre froide, la logique profonde des crises de Corée et de Cuba ou encore la course au nucléaire, Catherine Durandin passe en revue l'évolution des stratégies militaires, les étapes du dialogue américano-soviétique ? entre chantages et accords ponctuels ? et la façon dont les populations ont vécu le conflit. Avec le mur de Berlin, le bloc soviétique a éclaté et l'URSS s'est effondrée. Mais depuis que l'OTAN s'étend à l'Europe centrale et orientale, la guerre froide est-elle réellement derrière nous ?
Je vous ai compris!" C'est ainsi qu'en 1958 Charles de Gaulle tente de rassurer les Français d'Algérie, sans pour autant prendre clairement position dans le conflit qui déchire le pays depuis bientôt quatre ans. La détermination du Gouvernement provisoire algérien qui déclare vouloir mettre fin à "l'ère de l'asservissement et de l'esclavage" laisse désormais peu d'espoir aux visées colonialistes de la France. L'onde de choc se propage jusque dans les cercles intellectuels français où la bataille fait rage entre les partisans d'une libération du peuple algérien et les tenants de l'écrasement de la "rébellion algérienne". Des discours qui ont marqué l'Histoire, par des figures d'exception.
Cet ouvrage synthétique offre une approche sereine de la première guerre d'Indochine - celle des Français. Le livre s'ouvre sur un tableau du pays à l'époque coloniale. Puis, l'analyse des faits et des tempéraments, des doctrines et des documents puisés aux meilleures sources permet une présentation complète de cette longue guerre coloniale, qui est à la fois un conflit révolutionnaire modèle, un moment de l'affrontement Est-Ouest et un chapitre très lourd de l'histoire de la IVème République.
Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects de la guerre prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.