Probablement composées au IIe siècle av. J. -C. , Les Lois de Manu sont l'un des codes de règles éthiques, politiques et juridiques les plus célèbres de l'Antiquité. Leur notoriété tient notamment à l'ampleur des sujets abordés : de la façon de rendre la justice aux règles pour la vie de famille, des doctrines cosmogoniques aux indications pratiques sur l'alimentation, sans oublier un certain nombre de recommandations sur l'art de gouverner qui font écho au Manuel du Prince indien publié en début d'année dans cette même série. Recueil des pratiques mais aussi code de lois visant à l'établissement d'une norme, Les Lois de Manu ont constitué à plusieurs reprises dans l'histoire un instrument idéologique utilisé tant par les brahmanes orthodoxes comme moyen de contrôle social que par leurs opposants pour stigmatiser la domination qu'ils subissaient. Il s'agit d'un ouvrage essentiel pour comprendre la société indienne. L'introduction de Federico Squarcini et Daniele Cuneo resitue le traité dans son contexte de composition pour comprendre le statut de ce texte qui fit l'objet de nombreuses mésinterprétations. Elle permet aussi de comprendre pourquoi le roi et les brahmanes y occupent une place si importante. Elle évoque enfin les récupérations politiques ultérieures de ce traité. Au fil du texte, le lecteur voit se dessiner un portrait de la société brahmanique traditionnelle et de ses 4 castes : les brahmanes (prêtres), les kshatriya (guerriers), les vaishya (commerçants) et les shudra (servants). Pour illustrer ce dernier volume de la "Série indienne" , nous reproduisons des clichés, pris dans les alentours de Pondichéry à la toute fin du XIXe siècle. Ces photos, tout à fait inédites, appartiennent au fonds Asie du Sud-Est et Monde Insulindien (ASEMI) de la bibliothèque des Lettres de l'Université Côte d'Azur.
En Syrie comme ailleurs, le renseignement sert-il, d'abord, à faire la guerre? Les services d'écoute de la NSA américaine (National Security Agency) et les grandes oreilles françaises, menacent-elles les libertés civiles et politiques? Les « fadettes » mettent-elles en danger la liberté de la presse? Les attaques de Toulouse et Montauban, comme celles des « loups solitaires » de Boston, de Londres et du quartier de la Défense à Paris, pouvaient-elles être anticipées? Liés à l'actualité politique nationale et internationale, symptomatiques de notre monde globalisé, ces diff érents dossiers ramènent tous, peu ou prou, aux services de renseignement, à leurs missions et leurs méthodes de travail. En Grande-Bretagne, et plus généralement dans le monde anglo-saxon, les espions sont considérés comme exerçant un « métier de seigneur ». Malédiction gauloise et mal français récurrent, ils sont toujours, dans notre pays, assimilés aux « barbouzes », aux coups tordus, à des « affaires » - objets de toutes les instrumentalisations politiques. Cinq ans après une réforme majeure qui a débouché sur la création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), aux lendemains d'un rapport parlementaire important dédié à la communauté française du renseignement, il est grand temps de refaire l'état des lieux des services spéciaux. Ni réquisitoire, ni pamphlet, ni manifeste, ce livre à quatre mains est d'abord un hommage aux hommes et femmes de l'ombre. Il pointe les nouveaux enjeux du renseignement français, ouvre des perspectives et propose une Feuille de route pour la défense de la France et de ses intérêts à l'étranger.
Le nord, le sud, l'est et l'ouest : toutes les sociétés, ou presque, recourent aux directions cardinales pour s'orienter. Depuis des millénaires, les quatre points cardinaux sont indispensables a` la navigation. Au coeur de l'imaginaire, de la morale et de la géopolitique de la plupart des civilisations, ils n'en restent pas moins subjectifs - et parfois contradictoires. L'historien Jerry Brotton nous invite à découvrir ces directions en fonction de la position spatiale et temporelle des communautés humaines qui en font usage. Il nous explique pourquoi telle ou telle culture en privilégie une plutôt qu'une autre et pourquoi aucune société ne s'est jamais orientée vers l'ouest. De nos jours, cependant, en vertu du GPS, les points cardinaux s'avèrent moins pertinents. Grâce aux applications géospatiales, nous nous situons au centre de la carte sous la forme d'un point bleu qui nous déconnecte du monde naturel. En imaginant les bouleversements que la technologie pourrait imposer a` l'avenir, Jerry Brotton nous rappelle a` quel point les directions cardinales ont été cruciales depuis que nous parcourons la planète.