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Glaces sans tain
SOLUTO
LE DILETTANTE
17,00 €
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EAN :9782842637675
J'ai assassiné puis violé Claire Draingan un soir ensoleillé d'octobre 1974, dans un chemin creux de l'île aux Boeufs.Nous étions âgés à cette époque de dix-sept ans et nous nous connaissions. Suffisamment pour nous saluer et plaisanter ensemble, mais peut-être pas assez pour oser dire que nous étions amis. Nous avions fréquenté les mêmes classes au collège Jean-Charcot d'Oissel, de la cinquième à la troisième. L'arrivée au lycée André-Maurois, à Elbeuf, dans deux classes voisines mais différentes, nous avait un peu éloignés. Elle avait choisi, parce qu'elle se pensait douée pour les langues et qu'elle voulait être journaliste, une filière littéraire tandis que moi, qui ne m'imaginais pas d'autre avenir que celui qu'on me voulait, je m'étais retrouvé, sur le conseil appuyé de mon père, dans une section scientifique.J'étais donc en première C lorsque j'ai tué Claire.De son côté elle avait doublé sa seconde. On lui avait décelé, vers le mois de décembre de l'année précédente, une tumeur au cerveau qui avait failli une première fois la terrasser.Nous nous le rappelons tous bien. Elle s'était mise en quelques semaines à tituber, à vomir en fusée à l'improviste et elle n'était plus capable, à certains moments, de se situer dans le temps ou l'espace. Puis elle avait multiplié des crises d'épilepsie qu'aucune médication ne stabilisait. A la mi-janvier elle avait dû renoncer au lycée. Le diagnostic avait vite été posé au vu d'un électroencéphalogramme éloquent. Quelque ponte parisien lui avait alors ouvert la tête pour extraire de sa cervelle comprimée une noisette grasse, molle et délétère. On lui avait octroyé une convalescence que chacun s'accordait à trouver méritée.Cette opération, dans un premier temps redoutée, s'avéra être un succès au-delà de toute espérance. Elle revint fatiguée, souriante, sans la moindre séquelle motrice ou psychomotrice et se requinqua doucettement en toute discrétion, au fil des mois. L'absence d'issue tragique, comme si les pires craintes n'avaient pas été nourries ou soutenues jusqu'au bout, fit dire à quelques camarades que son histoire de maladie avait été sans doute exagérée et que le chiqué y avait sa part. Si elle s'en était si bien sortie, c'était bien sûr parce que ce n'était pas si grave.Ce premier trimestre avant l'annonce de son cancer ne fut pas assez convaincant pour qu'on lui permît de passer en première. Elle refit donc une seconde, mais cette fois dans un autre lycée que le nôtre.Ses parents, qui avaient beaucoup prié et qui s'étaient cru exaucés, avaient négocié en direct avec le Bon Dieu. On l'avait scolarisée dans un établissement catholique.C'était le moins qu'ils pouvaient faire.Elle ne semblait pas s'en plaindre.
Résumé : C'est l'histoire d'un couple qui se sépare, d'une famille qui explose. Il y a un homme veule et une femme digne, des éperdus et des chairs à plaisir, des enfants manipulateurs. Il y a de l'amour, du sexe, de la violence, du désir, de la bêtise, du gâchis, des fuites, des trouilles bleues, du hasard taquin, des magasins de parfumerie, du skate-board, une poire de vitesse, des mensonges, un voyage, du chic et une boutique pour dame. Du tragique, des drôleries, de la fatalité. Soluto vit au Havre. Redites-moi des choses tendres est son premier roman. Il a publié un recueil de nouvelles au Dilettante en 2013, Glaces sans tain.
Vies à la ligne, un livre dans lequel vous entrerez par le dessin et vous y resterez pour les textes. Une succession de portraits de femmes se mélangent à de courtes histoires illustrées par Soluto. La qualité de l'écriture et le trait de ce peintre expriment ici un regard inédit sur son travail. Soluto revisite la peinture de genre, scène d'intérieur, paysages urbains, panoramas, routes. Son blog http : //soluto. over-blog. org/ recense ses peintures et des dessins qu'il réalise pour des expositions (http : //www. contrast-gallery. com/stock/soluto/index. php) ou des livres comme Dans les cordes édité par Les Enfants Rouges.
Le narrateur de L'Epris littéraire se laisse entraîner dans l'appartement où vit reclus un authentique clone de Marcel Proust. Rien ne manque : calfeutrage, tisane, paperolles éparses, physique déconfit, quintes de toux et mobilier d'époque. L'endroit se visite comme une étape touristique dont il devient un habitué. Mais c'est vers Céleste, digne copie de la bonne de la Recherche, que notre narrateur, un romancier aussi charitable qu'en panne d'inspiration, ne tarde pas à braquer ses regards. Julien Leschiera nous sert sur un plateau un petit théâtre de la cruauté en exhibant l'asservissement psychique d'un individu consentant. Le récit étreint le lecteur avec l'inexorable patience d'un sable mouvant, l'appétit effroyable du boa qui engloutit la chèvre.