Pour fuir les Allemands et passer la ligne, maître W. se dirige vers les Abruzzes et trouve refuge dans un couvent. Il veut rejoindre les Alliés. Il a en poche une lettre d'introduction signée de la main de B. B. , Bernard Berenson : peut-on rêver meilleure introduction ? En arrivant au couvent, il trouve le percussionniste Romualdi, déjà installé, qui se fait passer auprès des moines crédules pour un célèbre chef d'orchestre contraint à la clandestinité pour cause d'antifascisme. Romualdi est un homme mesquin, suffisant, hautain, plein de morgue dans sa ridicule veste verte portée comme un signe distinctif, comme un emblème. Il fait partie de ces hommes insignifiants, médiocres, pour lesquels il n'est rien de grand au-delà de leur propre médiocrité. Maître W. pourrait le démasquer, mais, pour une raison mystérieuse, faite de pitié et d'altruisme, de cynisme et de plaisir de la mystification et du jeu, il se laisse séduire par cette médiocrité". Cesare Garboli.
Nombre de pages
160
Date de parution
13/09/1996
Poids
220g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782070739714
Titre
La veste verte
Auteur
Soldati Mario
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
220
Date de parution
19960913
Nombre de pages
160,00 €
Disponibilité
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Rédigé par Soldati dans les dernières années de son existence, ce récit aux allures de fable fut unanimement salué comme un chef-d'?uvre, par Pier Paolo Pasolini en particulier, dont on pourra lire l'essai en introduction de ce volume.
Un adolescent d'autrefois : un peu trop sensible, tourmenté, encombré de lui-même. Confié aux jésuites, il s'imagine le devenir un jour à son tour, accomplir une vocation et s'exalter dans le sacrifice. Mais le corps ne suit pas le cours des choses. Voici une séduisante amie de sa mère, des pensées confuses, une force irrépressible, une femme croisée un jour dans un ascenseur, dont la vulgarité sublime, les ongles laqués et trop longs le fascinent. Voici un étrange et persistant malaise, de bizarres langueurs qui se résoudront de manière inattendue par l'entremise du jeune Luisito, au dos lisse et musclé. Ce dernier débarrassera l'adolescent de quelques obsessions en pêchant des oursins. Comme l'écrit le grand critique italien Cesare Garboli, La confession est un "récit libertin, léger, européen, voltairien, sans aucune indulgence ni complaisance, sans, non plus, aucun sens de la Faute" . Le lecteur y retrouvera le bonheur du récit, l'esprit vif et ironique caractéristiques de Soldati ainsi qu'une peinture fascinante de cette confusion des sentiments qui appartient à l'adolescence.
Carlo, membre de la grande bourgeoisie turinoise, entretient avec sa mère des liens fort étroits, à la limite de l'ambiguïté. Obsédée par la religion, la mère rêve de voir son fils entrer dans les ordres. Mais Carlo préfère se tourner vers les études et les femmes, à l'exact opposé des valeurs maternelles. Pendant la guerre, il fait la connaissance de Meris, qui travaille dans une maison close à Rome, et tombe amoureux d'elle. Alors qu'il a décidé de l'épouser, il est appelé au chevet de sa mère, mourante, qui lui remet une enveloppe orange à lire après sa mort. A son retour à Rome, Meris a disparu. Lorsqu'il la retrouvera, par hasard, bien des années plus tard, elle lui tendra à son tour une enveloppe orange, lui donnant la clef du mystère de sa disparition.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.