La petite photographie en noir et blanc et aux bords dentelés montre un jeune garçon dans une rue presque déserte. Au loin, on distingue à peine deux personnes assises devant le perron d'une maison. L'enfant a une main posée sur le guidon d'une trottinette en bois. Une des bretelles de sa salopette est tombée de son épaule. Il porte une chemise blanche dont les manches sont retroussées jusqu'au-dessus des coudes. Il semble intrigué par quelque chose qu'il observe hors champ. Est-ce un insecte, une fourmilière, un chat ? Je ne sais pas. Je ne m'en rappelle pas. Ce petit garçon, c'est moi. A l'encre bleue, tout en bas de l'image, quelqu'un, sans doute mon père, a écrit "Goulette mai 56". En voyant l'état délabré de la rue, je me demande comment une trottinette pouvait y rouler. La Goulette est une petite ville située à une dizaine de kilomètres de Tunis. Ma mère me racontait que c'est là-bas que nous passions nos vacances. Il paraît que les familles y faisaient en été un véritable exode, chargeant voitures et camions de presque toute leur maison pour meubler leurs locations de vacances. En 1956, j'avais quatre ans. Je reviens à cette photographie que j'ai toujours gardée avec moi depuis que l'ai redécouverte. Savais-je qu'un mois plus tard je serai dans un avion qui m'emmènerait à Marseille et qu'après cette étape ma famille s'installerait pour toujours à Paris ? Avais-je entendu mes parents en parler ? " [...] M.S. C'est une photo de mon enfance retrouvée par hasard qui a été le point de départ de ce projet Photos trouvées. Sans doute parce qu'en tant que plasticien je me suis tout particulièrement intéressé à la notion d'identité, les photos d'anonymes m'ont toujours fasciné. Certaines photos de famille ou de groupe semblent appartenir à un souvenir collectif. D'autres éveillent notre imaginaire car ne sachant rien des personnages posant sur ces images anciennes cela ouvre un champ d'interprétation qui s'étend à l'infini. Qui étaient-ils ? Que fut leur destin ? C'est justement parce qu'il est impossible de le savoir que je me suis amusé à donner vie, à inventer une histoire à ces inconnus. C'était comme offrir un dernier tour de piste à ces anonymes avant qu'ils ne retombent dans l'oubli.
Nombre de pages
88
Date de parution
22/09/2022
Poids
193g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782350465661
Titre
Photos trouvées
Auteur
Solal Marc
Editeur
FILIGRANES
Largeur
150
Poids
193
Date de parution
20220922
Nombre de pages
88,00 €
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Sa femme se pose des questions, ses enfants se moquent de lui, son galeriste est pressé, lui cherche la beauté dans les restes d'un plat, les rayons d'une supérette ou parfois, lorsque les vacances finissent mal, dans la cellule d'une prison turque. Depuis qu'il est devenu artiste plasticien, le monde n'est plus le même. Le fond d'une corbeille devient installation de papiers froissés, les balais verts des éboueurs une forêt de pinceaux dans une salle d'expo et il lui arrive même, en marchant dans la rue, de rencontrer le succès. Tout est beau raconte, en un kaléidoscope de courts chapitres, cette métamorphose du regard. L'art contemporain, en toile de fond, est éclairé joliment. Et c'est notre quotidien tout entier qui se trouve sauvé par ce petit précis de réenchantement du monde. Biographie de l'auteur Marc Solal est né en 1952. Après une première vie dans les affaires, il est devenu, il y a dix-neuf ans, artiste plasticien. Tout est beau s'est écrit au fil de ces dix-neuf ans.
D'assiette en assiette, de table en table, avec un savoureux sens du détail, Marc Solal dévoile les émotions qui se nouent autour des "petites faims". En un bouquet de textes courts et délicats, il évoque la violence des passions, le désir, la haine, l'ambition ou la solitude. Dans une prose émouvante, drôle, parfois absurde, il n'hésite pas à adopter le point de vue du homard, à déplorer le suicide d'un poisson rouge... Il sait nous mettre l'eau à la bouche et le vague à l'âme.En bonus, les vraies recettes des plats consommés dans les nouvelles. Et on se demande alors qui l'emporte, du gastronome ou de l'écrivain... Biographie de l'auteur Marc Solal, né en 1952, est artiste plasticien et écrivain. Il a notamment publié Tout est beau (Hachette Littératures, 2008).
Doubles vies se fonde sur un principe simple : un même portrait photographique est présenté vis-à-vis de deux curriculum vitae absolument dissemblables, l'un réel, l'autre imaginaire. Dans quelle mesure notre savoir influence-t-il notre vision ? Doit-on penser, au regard de ces parcours, que tout est possible ou que tout est contraint ? Quels événements orientent nos vies, et quelle apparence ont-elles, résumées en quelques dates ?
J'ai toujours eu un faible pour Robert Doisneau et ses photographies qui dégrisent la réalité, comme un lendemain de fête. J'y ai croisé des gens plus ou moins abordables, fréquemment aimables, tantôt embarrassés par leur corps, les soucis, les parapluies, tantôt en harmonie avec cette société d'après-guerre où l'espoir renaissait. En photographiant ces gens ordinaires dans leur décor, souvent en bas de chez eux, Doisneau les a rendus hors du commun. Ce qui n'en fait pas un saint, heureusement, il rie se prenait pas la tête, ce qui l'a sauvé du pire, probablement. Reste le meilleur.