Riprap est le premier recueil du célèbre poète étatsunien Gary Snyder (Prix pulitzer en 1975 pour Turtle Island et membre éminent de la beat generation). Il paraît en 1959 à Kyoto, alors que le poète réside au temple Daitoku-Ji de la secte rinzai zen et suit les enseignements du maître Oda Sesso Roshi.Riprap est un livre fondateur. « Il s'ouvre sur un ensemble de poèmes rédigés autour de la transparence des montagnes et du travail, et se referme sur d'autres rédigés au Japon et en mer. Le titre Riprap célèbre le travail des mains qui déplacent la roche pour faire des pistes ; (?) ma première saisie de l'image de l'univers entier comme interconnecté, interpénétré ; ses composants se reflétant et s'embrassant mutuellement. »Gary Snyde, extrait de la postface.En 1955, Gary Snyder travaille comme garde forestier, préposé à l'aménagement et l'entretien des sentiers de Piute Creek dans le parc national de Yosemite, en Californie. Cette expérience de vie sera au départ l'écriture de Riprap. Durant cette période il traduira brillamment les poèmes du moine vagabond chinois Han-Shan. Gary Snyder s'est inscrit à l'American Academy of Asian Studies et y rencontre son professeur Alan Watts. Kenneth Rexroth le présente à Allen Ginsberg et Jack Kerouac, lequel s'inspirera de leur ascension du Pic Matterhorn au Parc national de Yosemite pour écrire The Dharma Bums dans lequel Gary Snyder y figurera sous le nom de Japhy Ryder. À la Six Gallery de San Francisco, toujours en 1955, il récite The Berry Feast avec Allen Ginsberg qui scandera The Howl en compagnie des poètes Kenneth Rexroth, Philip Whalen, Michael McClure. Dans la salle, on retrouve aussi : Peter Orlovsky, Jack Kerouac, Lawrence Ferlinghetti et Neal Cassady. Cet événement marque le début de qu'on appelle la San Francisco Renaissance.La présente traduction est la reprise de l'édition de 1965 intitulée, Riprap and Cold Mountain Poems, à San Francisco ? Four Seasons Foundation. Le recueil comprend les traductions des poèmes de Han-Shan.
Nombre de pages
96
Date de parution
17/02/2023
Poids
110g
Largeur
130mm
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EAN
9782889550777
Titre
Riprap. Suivi de Poèmes de Mont Froid
Auteur
Snyder Gary ; Dumont Jérôme
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
130
Poids
110
Date de parution
20230217
Nombre de pages
96,00 €
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Japhy était plein d'entrain : " Je vais composer un nouveau poème, très long, intitulé Fleuves et Montagnes sans fin. Je l'écrirai sur un rouleau qui réservera sans cesse des surprises à celui qui le déploiera, de sorte qu'il oubliera au fur et à mesure ce qu'il a lu un peu plus tôt... Je mettrai trois mille ans à l'écrire et il sera plein de détails utiles sur la conservation des sols, l'administration de la vallée du Tennessee, l'astronomie, la géologie, les voyages du Hsuan Tsung, la théorie de la peinture chinoise, le reboisement, l'écologie océanique et les chaînes alimentaires. " - Vas-y, mon vieux. " (Jack Kerouac, Les Clochards célestes)
Ces essais trouvent leur origine dans le travail effectué avec les habitants aussi bien des régions les plus reculées de l'Alaska que du c'ur de New York, sur des questions telles que l'écologie, la survie des espèces menacées, les sociétés originelles, les religions d'Extrême-Orient et les stratégies de défense de l'environnement. Mon autre angle d'approche fut spirituel. Mon propre chemin relève d'une sorte de bouddhisme authentique dont les racines plongent naturellement dans les pratiques animistes et chamanistes. Le respect envers tous les êtres vivants fait clairement partie de cette tradition. J'ai ainsi enseigné à d'autres comment méditer pour pénétrer les étendues sauvages de l'esprit. Comme je le suggère dans l'un de ces essais, le langage lui-même est finalement un système sauvage. [...] Le Sauvage, synonyme dans la civilisation occidentale de sauvagerie et de chaos, est, d'une façon impartiale et implacable, fondamentalement libre dans sa beauté formelle. Et son expression - la richesse de la vie animale et végétale (nous compris) sur le globe, les pluies torrentielles, les vents violents et les calmes matinées de printemps, la courbe d'un météore traversant l'obscurité - est la réalité authentique de ce monde auquel nous appartenons. "
Ce recueil d'essais de Gary Snyder offre une vue d'ensemble sur un demi-siècle d'écriture et de pensée. On y traverse tous les aspects marquants de la vie et des engagements de l'auteur - poète, bouddhiste zen, penseur versé en métaphysique, militant pionnier du mouvement écologiste et du biorégionalisme. Au même titre qu'un Thoreau, Gary Snyder apparaît aujourd'hui comme un visionnaire dans la "révolution culturelle" de l'écologie. Le plus discret des poètes de la beat generation pourrait être celui qui offre l'héritage le plus fertile aux siècles qui suivent. Le Sens des lieux est une entrée royale pour s'initier à un auteur de plus en plus étudié en France - mais aussi pour découvrir la pensée écologiste à l'état naissant, dans toute sa richesse et son raffinement.
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.
Abu Al-Hayyat Maya ; Mikhaïl Mireille ; Julien Hen
Cette anthologie des poèmes de Maya Abu Alhayyat prend pour thème la situation des Palestiniens en Palestine. A l'enseigne du titre qu'elle donne à l'anthologie, ses raccourcis ressemblent souvent à des litotes qui tournent mal. Quand elle demande "comment tu as traversé la rue" , elle se doit de préciser "à ta sortie de prison" . Une poésie de la douche froide, comme sans y toucher. La vie pourtant quand même passe, "Oh merveille" écrit-elle, avec ses petits bonheurs, ses peurs abyssales, ses révoltes rentrées, ses accès de panique. Encore et encore. Le recueil est une anthologie, composée par l'autrice Maya Abu Al-Hayyat, à partir de ses livres Ce sourire... ce coeur (2012), Robes d'intérieur et guerres (2015) et La peur (2021). La traduction s'efforce de respecter la limpide architecture formelle des poèmes et de perpétuer l'espèce de flottement d'une sensibilité à la fois toujours aux aguets et réceptive aux signaux faibles de la vie ordinaire pourtant presque impossible à vivre dans un tel contexte.
Mendel Singer alluma la bougie dans la bouteille verte à côté du lit et alla à la fenêtre. Là, il vit le reflet rougeâtre de la vivante nuit américaine qui se jouait quelque part et l'ombre argentée intermittente d'un projecteur qui semblait désespérément chercher Dieu dans le ciel nocturne. Oui, Mendel voyait même quelques étoiles, quelques misérables étoiles, des constellations déchiquetées. Mendel se souvenait des nuits claires et étoilées au pays, du bleu profond du ciel immensément étendu, du croissant de lune doucement courbé, du sombre murmure des pins dans la forêt, des voix des grillons et des grenouilles.