Les condamnés", nouvelle inédite en français, raconte l'assassinat du gouverneur militaire allemand d'Ukraine en 1918. Ce récit de fiction de Grigori Smolianski, publié en russe en 1926 dans la revue Krasnaia Nov', constitue le coeur de ce livre. Né en 1890, membre du Parti des socialistes-révolutionnaires, puis bolchevik, Grigori Smolianski fut l'un de ces "révolutionnaires professionnels", dont l'essentiel de la vie se déroule sur fond d'une violence généralisée. Il s'engage contre le tsarisme dès 1905, et vit l'époque de violence qui déferle en Russie avec la révolution de 1905 et sa répression, la Première Guerre mondiale, les révolutions de Février et d'Octobre 1917, la guerre civile, et qui se termine par la violence stalinienne. Pour écrire l'histoire de son grand-père, Natalia Smolianskaia ? sa petite-fille ?, nous présente un enchevêtrement de sources, un récit imaginaire et pourtant bien réel (la nouvelle), des fragments de Mémoires et autres archives personnelles, des articles de presse, des archives de police. Ces sources sont rassemblées autour du parcours de cet homme qui a consacré une bonne partie de sa vie à un objectif : renverser le pouvoir, en commettant des attentats visant des individus bien précis, porteurs et symboles de divers pouvoirs autocratiques ou dominants. Durant les dix dernières années de sa vie, Grigori Smolianski vit enserré dans les mailles d'un autre pouvoir, auquel les révolutionnaires russes ne s'attendaient pas, le pouvoir stalinien. Il sera exécuté en 1937. Le livre est aussi une interrogation sur la légitimité de la violence politique qui se déroule dans un contexte historique particulier, car on ne peut abstraire le parcours de ce personnage de la période. C'est ainsi, en partie, que le lit Natalia Smolianskaia dans ses commentaires, dans ses introduction et conclusion, en développant une réflexion historique et philosophique sur cette question. Elle explique les logiques sous-tendant la violence politique qui marque l'histoire russe et la trajectoire de Grigori Smolianski, ce "petit garçon d'un ghetto puant et étouffant", né dans la zone de résidence où étaient confinés les Juifs de l'Empire russe.
Date de parution
17/06/2021
Poids
444g
Largeur
150mm
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EAN
9782849509197
Titre
LES CONDAMNES - DESTIN D'UN REVOLUTIONNAIRE
Auteur
SMOLIANSKI/BLUM
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
150
Poids
444
Date de parution
20210617
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Feivel naît en 1890 dans la seule famille juive d'un hameau des environs de Lublin, en Pologne. Devenu un grand patron du trafic de drogue, il s'installe en Chine et y développe ses affaires. C'est là qu'il apprend, en 1939, l'invasion de son pays et la création du ghetto de Varsovie. Angoissé par le sort de ses parents et de ses amis, il décide de s'y rendre. Commence alors une incroyable épopée. Feivel va se jeter dans la gueule du loup, mais avec suffisamment de force, de folie et d'habileté pour que le loup ne puisse pas la refermer... Aventure haletante et endiablée (qui évoquera pour certains les grands classiques du roman d'aventures et pour d'autres le cinéma de Tarantino), Feivel le Chinois est aussi un roman historique remarquablement documenté et une merveilleuse histoire d'amour et d'amitié.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux États-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une «arythmie», c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une «arythmie» systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.