Notre foyer était triste, et c'est pourquoi tout petit déjà je préférais vivre dans la rue plutôt que chez moi. Cette tristesse, c'était d'abord la Thora qui en était responsable : elle remplissait le moindre recoin de la maison et pesait lourdement sur l'humeur de tous. C'était plus une maison d'étude qu'un chez-soi : une maison de Dieu, plus qu'une maison d'hommes. C'est avec une tendresse, une ironie et une précision remarquables qu'Israël Joshua Singer retrace, dans D'un monde qui n'est plus, les souvenirs de son enfance passée au shtetel de Lentshin, non loin de Varsovie, au début du siècle dernier. Hantée par les figures imposantes d'un père religieux et d'une mère à la fois combative et douce, cette autobiographie nous emporte dans l'atmosphère pittoresque de ce petit bourg de campagne où s'est réfugiée - sous la houlette de Pinhas Mendel, père d'Israël Joshua et rabbin du lieu - cette communauté de Juifs paysans expulsés de leurs villages par la police russe. A travers le regard de l'enfant Israël Joshua, le lecteur découvre un quotidien pétri de croyances et de rituels, où les rabbins s'envolent et le mauvais oeil attend à chaque coin de rue. Il plonge dans les petits secrets de chacun, dans la dureté et l'austérité de la vie au shtetel, dans les déchirements identitaires et les transgressions que ne manquent pas de susciter la rigueur des lois talmudiques, et la discrimination dont sont victimes les communautés juives polonaises en ce début de XXème siècle. Témoignage unique et passionnant sur l'univers des Juifs polonais d'avant-guerre, D'un monde qui n'est plus, écrit par l'un des grands maîtres de la littérature yiddish, demeure, au-delà de sa valeur historique, un véritable joyau littéraire.
Nombre de pages
415
Date de parution
06/04/2006
Poids
416g
Largeur
143mm
Plus d'informations
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EAN
9782207257845
Titre
D'un monde qui n'est plus
Auteur
Singer Israël Joshua ; Lewi Henri
Editeur
DENOEL
Largeur
143
Poids
416
Date de parution
20060406
Nombre de pages
415,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Autour du rabbin, les Juifs avaient accompagné son discours de hochements de tête approbateurs. Mister Nathan Goldblum fut tellement déconcerté qu'il s'empressa de sortir de la poche de son pantalon son carnet de chèques recouvert de cuir, de la poche de son gilet son stylo Parker et, fermement décidé à faire un chèque de vingt-cinq dollars, il écrivit "cinquante dollars".
Israël Joshua Singer, un grand écrivain yiddish à découvrir ou à redécouvrir. Ce coffret contient : ? Et Wolf fils de Hersh devint WillyDe l'Europe orientale à l'Amérique, un roman sensible sur la rencontre des cultures.? Printemps et autres saisonsDes personnages tiraillés entre le vieux continent et l'Amérique, entre rêve et réalité.
La famille Karnovski retrace le destin de trois générations d'une famille juive qui décide de quitter la Pologne pour s'installer en Allemagne à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Comment Jegor, fils d'un père juif et d'une mère aryenne, trouvera-t-il sa place dans un monde où la montée du nazisme est imminente ? Publié en 1943 alors que les nazis massacrent les communautés juives en Europe, le roman d'Israël Joshua Singer est hanté par ces tragiques circonstances et par la volonté de démêler le destin complexe de son peuple.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...