Un opéra fabuleux": la transfiguration poétique de Rimbaud - son contemporain -, Ludwig la réalise dans une scénographie des rêves. Les architectures oniriques de ses châteaux, qu'elles soient composites (Nymphenburg, Hohenschwangau, Neuschwanstein) ou illusionnistes (Herrenchiemsee, reflet de Versailles au-delà du miroir), passent infiniment l'excentricité kitsch - le mot naît en Bavière dès 1870 - à laquelle on réduit trop souvent la figure du roi fol. Son destin est exemplaire d'un mouvement qui parcourt en profondeur la sensibilité européenne au XIXe siècle depuis l'historicisme romantique - Ossian, Walter Scott et leur descendance - jusqu'à la fuite hors d'un monde où "l'action n'est pas la s?ur du rêve", d'une nature "laide" au regard de l'artifice poétique (Baudelaire), vers un Absolu - l'Azur de Mallarmé - qui, seul, satisfait aux aspirations de l'artiste: "nous ne sommes pas au monde, Je est un autre". Le cygne de Lohengrin symbolise cet élan gracieux et désespéré; le cygne qui figure aux armoiries des Wittelsbach, qui donne son nom aux deux plus célèbres de ces châteaux, Hohenschwangau et Neuschwanstein qui le surplombe, tout entier consacré au dieu Richard Wagner. L'autre divinité, solaire, est celle de Louis XIV auquel le roi dédie un "temple de la gloire", Herrenchiemsee, où, en regard de Louis-Apollon, il se fait représenter en Ludwig-Diane, déesse de la nuit, de la magie, des rêves poétiques et virginaux.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
Créateur des célèbres concepts de la "ville du quart d'heure" et du "territoire de la demi-heure ", Carlos Moreno a fait de la proximité le coeur battant d'un urbanisme du soin et du bien-être. Des ruelles de Tokyo aux Utopías de Mexico, de Saint-Hilaire-de-Brethmas, dans le Gard, à Busan, en Corée, il nous emmène dans un voyage mondial au contact d'initiatives concrètes qui réinventent nos manières d'habiter. Nourri de quinze années de recherches et d'expérimentations aux quatre coins du monde, l'urbaniste nous révèle une vérité essentielle : le bien-être n'est pas un luxe réservé aux métropoles privilégiées, mais un droit accessible à tous, à condition de repenser nos espaces à l'échelle humaine. Des infrastructures sociales aux services de santé, de l'alimentation locale aux mobilités douces, il trace les contours d'une nouvelle urbanité fondée sur le lien, la solidarité et la proximité heureuse.