
Le mystérieux locataire. Et autres histoires d'esprits forts
L'abîme qui sépare un auteur de son ?uvre est souvent d'une profondeur vertigineuse. Rabelais ne présente pas grand-chose de commun avec ses créations gigantesques. Sade n'a pas accompli un pour cent des aberrations sexuelles qu'il décrit dans ses romans. De même, entre Joseph Sheridan Le Fanu et certaines parties de son ?uvre, la contradiction est flagrante. La question est simple : pourquoi un homme, indéniablement religieux, a-t-il pu aborder si souvent le thème du défi à Dieu, voire de la tentation athée ? Comment est-il si bien parvenu à créer tant de personnages qui bafouent ouvertement la religion en passant un pacte avec le diable ou au contraire embrassent un scepticisme bien éloigné de toute croyance. Les six nouvelles présentes ici, dont certaines inédites, témoignent de l'étonnante force de Le Fanu qui parvient à nous faire sentir le souffle du mal avant même l'apparition du diable. La nouvelle titre est un concentré de scènes et d'images puissantes, le malin et son envoyé sur terre vont peu à peu prendre possession des habitants d'une maison. Chaque apparition du locataire avec son abominable masque respiratoire est ponctuée par le franchissement d'un nouveau degré d'horreur. Le narrateur, maladivement sceptique, ne peut faire appel aux forces du bien auxquelles il ne croit pas. Sa femme, pieuse, ne pourra elle-même bientôt plus prier. Dans Le familier au contraire, il nous sera impossible de savoir si celui qui traque le capitaine Barton est un dément, une nouvelle incarnation du diable ou une victime qui veut se venger. Avec ce nouveau recueil diabolique, Jacques Finné rend à nouveau justice à Sheridan Le Fanu, décidément l'un des maîtres du fantastique.
| Nombre de pages | 235 |
|---|---|
| Date de parution | 19/01/1999 |
| Poids | 280g |
| Largeur | 135mm |
| EAN | 9782714306784 |
|---|---|
| Titre | Le mystérieux locataire. Et autres histoires d'esprits forts |
| Auteur | Sheridan Le Fanu Joseph |
| Editeur | CORTI |
| Largeur | 135 |
| Poids | 280 |
| Date de parution | 19990119 |
| Nombre de pages | 235,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'oncle Silas
Sheridan Le Fanu JosephSi les romans de Joseph Sheridan Le Fanu (Irlandais, 1814-1873) sont tombés dans l'oubli, Uncle Silas, toujours réédité, n'a jamais cessé de répandre son charme maléfique. Ce portrait d'un être exceptionnel (dans le pire sens du terme), cette intrigue servie par une construction savante et méticuleuse font d'ailleurs dire à son éditeur américain, dans son introduction, combien il envie le lecteur qui aborde cette histoire pour la première fois. Paru en 1864, L'Oncle Silas peut sembler bien tardif par rapport au roman gothique (il vient un siècle après Le château d'Otrante, de Walpole, un demi-siècle après Melmoth de Maturin) ; il s'inscrit pourtant bel et bien dans son sillage. Le roman regorge d'éléments gothiques : grandes maisons sombres et mystérieuses, crime en vase clos, étrange testament, jeune demoiselle en détresse, mariage forcé et consanguin. Toutefois, s'il pactise avec le genre, il s'en détache par son originalité. Certes, il évite le principal ingrédient de base et se termine le plus rationnellement du monde sans que jamais la protagoniste ni le lecteur ne pensent à quelque intervention fantastique. L'héroïne doit combattre des humains non des spectres. Néanmoins le surnaturel apparaît par petites touches (dans le décor, dans la manière dont l'héroïne interprète certaines manifestations extérieures). L'Oncle Silas unit donc les deux pôles du roman gothique. Le roman doit aussi sa singularité à ses multiples allusions directes à la pensée de Swedenborg, ce mystique suédois pour qui notre terre n'est que le reflet du monde éternel. Le Fanu, lui-même swedenborgien, force le trait : il nous livre une histoire où il mélange avec un malin plaisir le monde des vivants, le Monde des Esprits et l'Enfer. L'héroïne, l'innocente Maud, appartient au premier mais paraît, dans toute l'intrigue, affronter deux créatures jaillies tout droit de l'Enfer conçu par Swedenborg, des êtres moitié hommes, moitié bêtes : Silas (au regard d'oiseau de proie, à l'apparence simiesque) et Mordante, l'inquiétante gouvernante française tantôt qualifiée de loup, de reptile hideux ou de goule : deux des nombreux personnages qui ne finiront pas de hanter le lecteur, une fois le livre refermé.EpuiséVOIR PRODUIT23,20 € -

Invitation au crime
Sheridan Le Fanu JosephRichard Marston, aristocrate désargenté qui a passé la quarantaine, règne sur le domaine des Hêtres Gris qu'il n'a plus guère les moyens d'entretenir, entre sa femme qu'il délaisse, sa fille encore dans l'enfance... et la gouvernante française, Mlle de Barras, invitée à tenir compagnie aux deux " dames " du lieu. Mlle de Barras a des manières, déploie mille attentions à l'endroit de la maîtresse de maison dont elle devient vite la confidente, mais sa venue aux Hêtres Gris semble donner le signal de quelques bouleversements inquiétants (dont on laissera le lecteur découvrir les signes annonciateurs). Bientôt la vie monotone et apparemment austère du manoir est troublée par l'arrivée d'un nouvel invité : Sir Wynston Berkley, célibataire coureur de jupons qui fut jadis le rival de Marston à l'occasion d'une amourette de jeunesse. Avec lui, une porte semble s'ouvrir sur un passé que les habitants de la place feignaient d'avoir oublié. Un passé qui a la vie dure, et qui poussera bientôt l'un des protagonistes au crime de sang... En dire plus serait un autre crime, que l'on ne commettra pas ici. Contentons-nous d'admirer, à partir de là, l'art terriblement retors de Le Fanu (1814-1873), qui invente en quelque sorte sous nos yeux le genre du roman policier - mais réduire son livre à cela serait une injustice, tant la terreur intime qu'il instille dans les veines de son lecteur déborde toute attente. Impossible, quand on a aimé La Dame en blanc et les autres grands romans à suspense de Wilkie Collins, de ne pas être fasciné par cette Invitation au crime. Invitation, surtout, à ne pas fermer l'?il de la nuit.EpuiséVOIR PRODUIT15,20 €
Du même éditeur
-

L'air et les songes. Essai sur l'imagination du mouvement
Bachelard Gaston« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER18,00 € -

L'eau et les rêves. Essai sur l'imagination de la matière
Bachelard Gaston« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER17,00 € -

Le Rivage des Syrtes
Gracq JulienÀ la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER21,00 €
De la même catégorie
-

L'invention des ailes
Monk Kidd Sue ; Kiefé Laurence1803, Caroline du Sud. Fille d'une riche famille de Charleston, Sarah Grimké aspire dès le plus jeune âge à accomplir de grandes choses. Lorsque, pour ses onze ans, sa mère lui offre la petite Handful comme esclave personnelle, Sarah se dresse contre ce système inhumain. Entre les fillettes naît alors une véritable amitié, qui grandit au fil des années. Guidée par ses idéaux mais surtout par son affection pour Handful, Sarah n'abandonnera jamais l'espoir d'affranchir son amie. Superbe ode à la liberté et au courage, L'Invention des ailes dépeint les destins entrecroisés de deux personnages inoubliables, à la force de caractère incroyable, unis par le même profond désir d'indépendance.EpuiséVOIR PRODUIT24,70 € -

American Housewife
Ellis Helen ; Brissaud SophieAprès de premiers échanges d'une cordialité toute bourgeoise, deux voisines en viennent à se livrer une véritable guerre (chantage, insultes, incitation au divorce?) pour une histoire de lambris que l'une veut repeindre dans le hall de l'immeuble et l'autre pas. L'une d'elles finira par disparaître dans de mystérieuses conditions. Une nouvelle recrue d'un club de lecture est reçue par sa présidente qui lui en présente les membres, une à une. A mesure qu'elle raconte leurs goûts littéraires (gore, romance coquine) ainsi que leurs histoires intimes (insémination de l'une, morts suspectes des maris successifs de l'autre), elle distille son venin... Voici quelques exemples tirés de ces douze nouvelles empreintes d'un humour féroce. Des portraits cruels de femmes toutes plus névrosées les unes que les autres, qui sont aussi les révélateurs d'une société américaine aisée, qui tient à tout prix à se montrer sous son masque de perfection. Helen Ellis fait éclater les apparences et décrit la solitude de ces femmes au foyer, mais aussi le pouvoir qu'elles ont sur leur petit royaume ? leur appartement, leur club de lecture, leur immeuble, leur mari ?, allant parfois jusqu'à la pulsion criminelle? Une satire de notre époque qui contraint au bonheur et à sa représentation en toute circonstance.EpuiséVOIR PRODUIT18,00 € -

Rien dans la nuit que des fantômes
Benz Chanelle ; Fauquemberg DavidLe passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER21,00 € -

Front de lune
Mandanipour Shahriar ; Sarotte Georges-MichelAvant de s'engager dans l'armée iranienne pour combattre l'ennemi irakien, Amir Yamini était un playboy, qui passait le plus clair de son temps à séduire les femmes et exaspérer sa très pieuse famille. Cinq ans plus tard, sa mère et sa soeur le retrouvent, amputé de son bras gauche, dans un hôpital psychiatrique pour soldats traumatisés. Quasi amnésique, Amir est hanté par la vision d'une mystérieuse femme sans visage, au front orné d'un croissant de lune. De retour à Téhéran, le fils prodigue est tour à tour salué comme un martyr de la Révolution islamique et confiné dans sa chambre comme un fou dangereux. Avec la complicité de sa soeur, il s'évade en escaladant le mur de leur jardin et repart sur le champ de bataille à la recherche de celle qu'il surnomme « Front de lune », accompagné dans ce périple au fil de la mémoire par deux scribes perchés sur ses épaules - l'ange de la vertu et l'ange du péché - qui consignent depuis toujours son histoire. Avec cette épopée amoureuse, guerrière et poétique d'une inventivité exubérante, porteuse d'un regard subtil sur la société iranienne contemporaine et empreinte d'une sensualité tout droit héritée de la grande tradition des contes persans, le grand romancier iranien Shahriar Mandanipour signe une oeuvre forte, envoûtante et pleine d'humanité.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER23,00 €



