Le héros de ce roman, Saleh Heissa (Saleh Barouf), est le mystérieux garçon en chef d'une fumerie de haschich située au centre du Caire, dans nue enclave de vieilles bâtisses effondrées jouxtant les quartiers chic. Pour y accéder, plusieurs voies sont possibles, toutes peuplées de personnages pittoresques, et toutes serrées d'embûches. Mais à l'intérieur de cette masure en brique de terre séchée, loin des yeux de la police, c'est le plaisir des histoires partagées, des volutes de fumée sortant des narghilehs et des recharges farcies an haschich qu'on s'échange avec civilité. En ces années 1970, juste après la mort de Nasser, les intellectuels bohèmes qui Fréquentent la fumerie sont fascinés par Saleh. Qui est au juste cet homme étrange ? Un gueux ou un prince ? Ne serait-il pas plutôt le fils d'un notable déchu ? L'énigme ne cesse de s'épaissir jusqu'au dénouement final. Dans la littérature égyptienne d'aujourd'hui, Khayri Shalabi représente une tendance néoréaliste dans la lignée de Naguib Mahfouz. Le naturalisme chez lui cède le pas à une évocation tendre et souvent moqueuse du petit peuple du Caire, des marginaux, du kif, de l'engagement des intellectuels et de leur désengagement.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.