En ce 23 mars 2020, la France vit depuis une semaine un confinement aussi soudain qu'inattendu. Les villes sont vides, les rues mutiques, les entreprises désertes... Il convient désormais d'habiter le temps autrement. De cette jachère contrainte, les designers graphiques de l'Atelier Télescopique en font un établi. Tous les jours à heure fixe, ils partagent leurs humeurs sous la forme d'affiches. Seul mot d'ordre : rester positif. La célèbre réplique d'Anna Karina dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard donne le ton de cette aventure récréative. Références cinématographiques, musicales, chorégraphiques... constituent au fil du temps un éphéméride original, recensé dans cet ouvrage. Créatif, l'exercice se veut ludique. Chacun est invité à décoder quotidiennement cette succession de citations, d'hommages et de détournements, plus ou moins explicites selon les jours, selon les auteurs. Obey, Bee Gees, Java, Monsieur et Madame, Boby Lapointe, George Abitbol, Zorro ou encore Emile Zola, les graphistes s'en donnent à coeur joie !
Victor et Hélène. La forêt ardennaise retentit de leurs soupirs et de leurs rires complices, tandis que dans une maison frontalière des femmes dégrafent leur corsage pour y dissimuler du café de contrebande. Hélène et Victor. Amants liés par un brûlant amour et figures de proue de ce petit monde de trafiquants. Tenaces et sans scrupule, les douaniers, les "noirs" comme ils sont appelés, s'excitent et cherchent inlassablement le moyen de poser leurs grosses pattes policières sur ces "seins de café" interlopes...
Gilles et Angèle. Pour gagner son amour, elle est prête à tout, même au pire. Pour accomplir son destin de brigand, il est prêt au pire, mais sans elle. Des lors, l'Egorgeur blond, comme on le surnommera bientôt, va écumer la campagne, volant, pillant, massacrant dans un rire effrayant. Dès lors, la Belle Coquetière, comme on l'appellera plus tard, offrira son corps aux fermiers isolés pour mieux les dépouiller. D'errances en violences, leurs chemins vont se croiser, pour le malheur de tous. Se rejoindront-ils enfin?...
Marilou est venue d'où vient la route. Elle est entrée dans la vie de Godefroid, un jour d'orage, en frappant à sa porte. L'aubergiste l'a accueillie comme serveuse, la jeune fille l'a pris pour mari. De son passé de maraudeuse, elle a gardé l'esprit libre et le coeur vagabond. Quand elle s'offre à Petrus, le pompiste, c'est parce qu'elle a trop d'amour à donner. Mais quand le corps de l'amant est découvert sans vie, le crâne fracassé, c'est tout naturellement Godefroid que l'on accuse et que la justice emmène loin de Marilou...
La logique du monde fantastique n'est pas la nôtre. D'abord, elle nous apprend à n'être sûrs de rien, ni de nous ni des autres ni du monde qui peuvent se muer en monstruosités ou en féeries. Les deux univers, le sorcier et le réel, se heurtent, et lorsque la logique devient trop forte la sorcellerie disparaît dans l'étang du doute (Aurore), dans la mort du sorcier (La Tchalette), bref, toujours le fantastique détruit la preuve de son existence. Mais le sorcier oublie chaque fois un "détail" qui témoigne de sa vérité.[...] Quand j'ai dit à Jean-Claude Servais que je croyais à l'histoire de La Tchalette, quand je lui ai avoué que j'avais, moi aussi, perdu une Aurore dans le bruit de mes vingt ans, quand je lui ai dit que j'avais connu le berger Ernest, il n'a pas ri! Car, au fond de son âme, il croit aux histoires qu'il dessine; sinon, il ne les dessinerait pas! Guy Denis, écrivain et conteur ardennais.
Au Metropolitan Museum de New York, Gaëlle Josse s'interroge devant l'énigmatique Jeune Fille assoupie de Vermeer et tente de déchiffrer tous les possibles qu'elle suggère. Mais c'est au cours d'une errance urbaine dans cette ville de New York que l'oeuvre va prendre tout son sens, en trouvant un écho troublant et inattendu au coeur de la cité. L'art et la vie. L'art dans la vie. Et toujours cette question qui poursuit l'auteur : qu'est-ce qu'une oeuvre d'art a à nous dire, de nos vies, par-delà les siècles ? Et pourquoi celle-ci, parmi tant d'autres, vient-elle nous obséder ? Ici, l'art du peintre, fait de silence, d'instant arrêté et de geste suspendu, est au centre d'un mystère, celui du rapport unique entre l'oeuvre et celui qui la reçoit. Familière de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, explorée déjà dans Les heures silencieuses, l'auteur fait ici se répondre deux univers : l'espace fermé et statique de la peinture, d'une part ; l'espace ouvert et en mouvement de la mégapole, d'autre part.