Les filles travaillent, les filles pleurent, les filles s'aident et les filles se trahissent. Dans la Russie de Poutine, ce sont les filles qui font vivre les institutions culturelles, sous la pression de l'Etat et souvent malgré lui. Dans cette autofiction lyrique et féministe, Daria Serenko raconte son expérience dans une petite galerie publique moscovite et décrit, avec tendresse mais sans l'idéaliser, la solidarité qui peut se former entre les femmes dans une société autoritaire et patriarcale. Daria Serenko, née en 1993, est une écrivaine et activiste russe. Coordinatrice du FAS (Résistance féministe anti-guerre) depuis les premiers jours de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, elle est devenue une figure centrale de l'opposition au pouvoir russe. Depuis le printemps 2022, elle vit en Géorgie.
Sur scène, une jeune femme face au public, la robe tachée de sang. Une jeune femme ordinaire, qui travaille, vit en couple et... a ses règles. Autour d'elle, un choeur de femmes de tous âges et de tous milieux ; épisodiquement, retentit une "voix d'homme", celle de son mari ou compagnon ; enfin, au-dessus de la scène, comme une présence invisible et muette, plane le spectre de la menstruation, nouvel avatar de l'antique Fatum qui pèse sur sa destinée.