L'abbé Grégoire et la Révolution française : les origines de l'universalisme moderne
SEPINWALL, GOLDSTEIN
PERSEIDES
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EAN :9782915596298
L'abbé Grégoire a été un personnage phare de la première partie du XIXe siècle, après avoir été l'un des protagonistes majeurs de la Révolution française. Si les études qui lui sont consacrées sont nombreuses, la « grande biographie » manquait encore, tant la complexité de l'homme et les multiples combats qu'il a menés avaient jusqu'à aujourd'hui découragé les historiens. C'est désormais chose faite. Grégoire fut un acteur des grands bouleversements de son temps : député aux États généraux puis à l'Assemblée constituante, il y joua un rôle de premier plan, tant pour le ralliement du bas clergé au tiers état que pour la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen; membre dirigeant des deux sociétés des Amis des Noirs, il fut sans cesse au devant du combat contre la traite négrière, l'esclavage et le « préjugé de couleur » ; évêque constitutionnel, il fonda l'Église anglicane, indépendante de Rome ; député à la Convention nationale et cofondateur de la République, il fut envoyé en mission dans les départements au plus fort de la guerre de défense révolutionnaire de 1793; sénateur sous Napoléon, il s'opposa à l'Empire ; sous la Restauration, enfin, il incarna l'héritage révolutionnaire et républicain. Le livre d'Alyssa Sepinwall, enfin traduit en français, vient apporter un éclairage nouveau et nécessaire sur celui qui fut choisi par le président de la République, aux côtés de Condorcet et de Monge, pour entrer au Panthéon en 1989. Les considérations et les controverses qui avaient accompagné cette ultime consécration républicaine de Grégoire trouvent en ce livre non un écho, mais une magistrale mise en perspective historique, alors que sa pensée reste d'une actualité parfois confondante.
Guillaume Lejean (1824-1871), voyageur et géographe breton, a effectué ses voyages en orient entre 1866 et 1870 et le récit en a été publié dans Le Tour du Monde, grande revue géographique et ethnographique française, entre 1867 et 1873. Lejean était envoyé en mission par les ministères français des affaires étrangères et de l'instruction publique. Ces voyages dans la partie orientale de l'empire ottoman et dans l'Inde anglaise nous valent un récit tout à la fois géographique, archéologique, sociologique, économique et politique de la vie des peuples subissant durement la domination des ottomans, des anglais et des maharadjas, dans des régions que les affrontements entre la Russie et l'Angleterre rendent difficiles et périlleux. homme rude, merveilleux observateur, sensible tant aux aspects physiques et aux modes de vie des peuples - notamment ceux des femmes - qu'à la beauté des paysages traversés, attentif aux traces du périple d'Alexandre le Grand, Lejean est l'un des voyageurs les plus captivants de son temps. Oublié après sa mort, il a été redécouvert dans les années 1990. Dans des pages passionnantes et souvent éblouissantes, il nous montre à quel point ces régions, toujours en proie à des conflits compliqués, étaient déjà au XIXe siècle l'une des parties les plus agitées de la planète. A ce titre, ce livre reste pour le lecteur d'aujourd'hui un document passionnant.
Ce livre raconte la vie de Marie-Antoinette, tour à tour aimée et haïe des Français, passant de la cour de Vienne aux fastes de Versailles, dont elle fuit le rituel pesant pour se réfugier dans son cher Trianon, prisonnière au Louvre puis enfermée au Temple, jugée à la Conciergerie, montant enfin à l'échafaud à 43 ans avec un courage, une dignité à laquelle ses pires ennemis rendent hommage. Conjuguant anecdotes et analyses, Simone Bertière nous donne ici, grâce à son retour aux sources, à une relecture critique des documents, à des enquêtes d'archives qui lui permettent de remettre en cause bien des idées reçues, un livre désormais incontournable sur ce personnage souvent transformé par la légende. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
La Révolution m'avait fait centenaire à quatorze ans". Relatant l'apprentissage mouvementé de ses années de jeunesse, Alexandrine des Echerolles (1779-1850) dressa la réalité des événements dont elle fut le témoin, celle des périls qu'elle encourut, ainsi que certains dessous de la vie sociale et des aspects économiques de la répression en province. Entre jugements expéditifs et exécutions sommaires, visites domiciliaires et interrogatoires, vagabondage d'une hospitalité à l'autre et persécutions rageuses, ce matériau authentique passionne comme le plus endiablé des romans d'aventures. Au fil de la relation d'une situation de chaos appréhendée à hauteur d'enfant, Alexandrine des Echerolles apporte une contribution de valeur à la connaissance du quotidien, sous la Révolution, à Lyon, à Moulins et dans le Nivernais.
Hyams Catherine ; Roger-Lacan Baptiste ; Baecque A
Avant et pendant la Révolution, la reine Marie-Antoinette possède ses propres conseillers et conseillères, notamment la princesse de Lamballe, fidèle surintendante de sa Maison, ses relais au sein de la classe politique nouvelle et des liens constants avec l'étranger. Cette activité politique nécessite un dense réseau d'espionnage, qui sonde l'opinion publique, renseigne sur les actions des adversaires et transmet les multiples messages vers l'extérieur du palais. Catherine Hyams, aristocrate anglaise élevée en France, protégée de la princesse de Lamballe, est l'une des espionnes de Marie-Antoinette. Elle multiplie les missions au service de sa majesté, à Paris ou à l'étranger, jusqu'en août 1792, quand elle quitte définitivement la France pour s'installer en Italie, où elle épouse le comte vénitien de Broglio Solari. Publiés en 1826, ces mémoires inédits depuis deux siècles racontent une vingtaine d'années de règne de manière vivante, parfois vibrante, et restituent au mieux cette atmosphère fiévreuse et ces activités rocambolesques qui entourent Marie-Antoinette.
Comment l'élan démocratique de 1789 a-t-il pu donner naissance à la violence terroriste de 1793 ? Cette question obsédait déjà les contemporains, qui y voyaient non seulement un défi politique et une épreuve morale mais aussi un scandale logique. Timothy Tackett n'instruit pas ici le procès de la Révolution, il décrit le processus révolutionnaire. S'appuyant sur les correspondances pour la plupart inédites des acteurs des journées révolutionnaires, le grand historien américain restitue le sens des événements et des engagements, au plus près de la manière dont ils furent vécus, ainsi que des émotions politiques qui s'y exprimèrent. Il montre avec brio comment l'on peut devenir terroriste.