Essai sur l'exotisme. et Textes sur Gauguin et l'Océanie. Une esthétique du divers
Segalen Victor
LGF
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EAN :9782253038610
La littérature de voyage, selon les bons mots de Segalen, ne peut être le fait que "des proxénètes de la sensation du divers". Lui et son salutaire mépris des voyageurs qui affadissent, par leur récit, les déserts qu'ils ont traversés et transforment tout, au mieux, en d'ennuyeuses synthèses à l'usage des énarques de sous-préfecture. Hardis voyageurs qui, d'explorateurs, vous fîtes touristes, passez donc votre chemin : ce livre n'est pas pour vous."Il y a partout de vrais aliments, ce qui manque le plus, ce sont de vrais appétits". Le verbe de Segalen souffle ses braises sur les têtes empanachées des commis voyageurs du XXème siècle. L'exotisme ? Allons donc ! Ce n'est tout de même pas l'affaire des paquebots ! Chèques-vacances, sac à dos, gardez pour vous vos "pensées jaunes" et toutes ces choses saugrenues qui encombrent d'ordinaire vos copieuses soirées de retour !"8 octobre 1917, départ Haïphong." Mais nous n'en connaîtrons pas les détails. Ni lui non plus du reste. Avant cela, en octobre 1904, Segalen rentre d'un long voyage en Océanie. Il veut écrire un livre sur l'exotisme. Une ?uvre universelle capable de décrire la totalité de nos gestes et de nos pensées. Octobre 1918, quelques mois avant sa mort, il sait qu'il n'en viendra pas à bout. Mais justement ce qu'il nous livre, c'est un concept parfaitement cohérent avec son objet même.Pierre Jean Jouve publiera l'?uvre sous la forme de fragments, en 1955. Puis, grâce aux efforts de la fille de Segalen, ce livre de poche verra le jour."Exote, celui-là qui, voyageur-né, dans les mondes aux diversités merveilleuses, sent toute la saveur du divers." D'un divers toujours en excédent ou en reste de son concept. Partant de cet aveu, Segalen opère au retournement de la notion d'exotisme. Il ne s'agit plus d'intégrer des éléments étrangers dans le décor d'une conscience faussement curieuse. Il s'agit de considérer les civilisations dans leurs différences radicales. L'exotisme devient ainsi pour lui la forme même de cette distance que l'on devine entre soi et l'autre.Mais n'est pas exote qui veut. Cela ne se peut qu'à la condition de savoir tout d'abord céder à l'ivresse de la rencontre. Mouvement qui se paie au prix fort : n'en revenir qu'étranger, soudain, à soi-même. Le moment exotique est alors celui de la réaction impérieuse d'une individualité forte à un objet dont elle perçoit et déguste la distance. Il ne peut donc être question d'une compréhension claire et raisonnée de ce hors soi-même, que rien en moi ne me permet d'étreindre. Il ne s'agit que de tenir dans cette perception d'une incompréhensibilité indépassable.Mais la petite boule qu'est devenue la terre s'est peuplée de touristes que sa rotondité encourage : on revient toujours. Où sont nos Magellan ? Les grands navigateurs mouraient fort heureusement dans un monde que sa planéité défendait rudement.Si plein de sa vision d'un monde granuleux et discontinu, Segalen allait jusqu'à trouver exotiques les soirées de Médan. Là s'inventait la littérature à venir.Sous-titré avec beaucoup d'à-propos : "une esthétique du divers", on comprendra aisément qu'il n'ait pu faire de son essai une totalité du divers. La connaissance de quelque chose qui n'est pas soi-même ne peut se concevoir dans la claire assurance du concept. Il s'entête cependant : "Projet de Plan"?, "terminer l'avant-propos"?, "conclure sur"? Et met 14 ans à ne pas achever son livre.Hardis voyageurs, Segalen est mort. Comme il l'écrit lui-même, on peut tout dire maintenant : il nous appartient ! Autorisez-vous donc de son héritage. Faites taire vos scrupules, ne rentrez pas de vos voyages, ignorez les albums souvenirs, soyez les exotes de vos paisibles studios !--Sylvaine Jeminet --
Résumé : De même que, dans Stèles, Victor Segalen décrivait des stèles imaginaires, Peintures invente des peintures chinoises, "de longues et sombres peintures soyeuses, chargées de suie et couleur du temps des premiers âges"."Laissez-vous donc surprendre par ceci qui n'est pas un livre, mais un dit, un appel, une évocation, un spectacle. Et vous conviendrez bientôt que voir, comme il en est question ici, c'est participer au geste dessinant du Peintre ; c'est se mouvoir dans l'espace dépeint ; c'est assumer chacun des actes peints. Vous voilà devenus mes comparses, mes complices. Vous pouvez tout voir, désormais. Regardez donc : je déroule la première de ces Peintures, la Première Magique".
Toute sa vie, Segalen a douloureusement joué à s'inventer un secret. René Leys, c'est l'itinéraire de cette découverte. Dans un lieu clos, Pékin, deux êtres s'affrontent, se défient et finalement, se détruisent à coups d'images qui sont autant de mensonges. Mais la Chine qui est au bout de ce combat est plus vraie que la vraie Chine, celle faite seulement de briques, de tuiles et de poussière: elle est l'image que nous en portons et qui, passée au crible sans pitié de la réalité, seule demeure pourtant. Même si, solidement ancrée dans la terre et les odeurs, cette Chine-là est surtout une métaphore. Roman policier, roman exotique, roman d'apprentissage, René Leys est d'abord un roman initiatique: ce sont les mots et les signes qui créent nos royaumes. Et plus vertigineux sont les mensonges, plus somptueux les palais qu'ils ont élevés. René Leys, le héros de Segalen, a osé en franchir les douves; sa vie, sa mort ne comptent plus guère puisque les mots et les signes sont restés.
Rene Leys is the quirky tale of spiritual adventure set in early twentieth century China. In this modern masterwork, a Westerner in Peking seeks the mystery at the heart of the Forbidden City. He takes as a tutor in Chinese the young Belgian Rene Leys, the son of a grocer, who is in the know about strange goings-on in the Imperial palace: love affairs, family quarrels, conspiracies that threaten the very existence of the empire. But whether truth-teller or trickster, the elusive and ever-charming Rene presents his increasingly dazzled disciple with a visionary glimpse of "an essential palace built upon the most magnificent foundations."
Trois destinées. Trois cultures. Trois combats. Trois femmes qui se battent avec volonté, courage et fierté pour acquérir leur place dans la société malgré les discréminations et les traditions. Un premier roman fort sur trois destins liés comme les trois brins d'une tresse...
Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de ceur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux. Astrid de Larminat, Le Figaro. Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l?admiration. Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n?est pas un petit Africain, c?est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune. Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMANNotes Biographiques : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il a sorti deux albums solo nourris d?influences musicales plurielles: Pili Pili sur un Croissant au Beurre et Rythmes et Botanique, enregistrés entre Kigali, Paris et Bujumbura. Petit pays, son premier roman, a été récompensé par le prix Goncourt des Lycéens.
Quand l'immense grille noire de Hidden Grove s'ouvre sur ses cinq manoirs, ses voitures de luxe et son parc savamment entretenu, Emmylou, lycéenne bretonne d'origine modeste embauchée comme fille au pair, a l'impression d'entrer au paradis. Mais son quotidien vacille rapidement : linge sale qui ne cesse de s'accumuler, pleurs nocturnes, rêves effroyables, prières murmurées à travers les cloisons... Sans oublier cette maladie qui touche l'aîné des enfants et dont personne ne parle. Emmylou, coupée du monde, est entrée dans un piège monstrueux. Pourquoi elle ? Comment s'échapper ? S'inspirant de son expérience, Sidonie Bonnec développe une intrigue où derrière les faux-semblants d'une famille idéale se cache la folie la plus noire. La Fille au pair allie suspense psychologique, dimension féministe et efficacité. Hubert Artus, Lire magazine. Palpitant. Frissons garantis. François Lestavel, Paris Match. Dans ce premier roman oppressant à l'écriture vive et impeccable, la psychologie des personnages est un modèle de justesse et l'histoire d'une probabilité effrayante. Sidonie Bonnec joue avec nos émotions. Marie Rogatien, Le Figaro magazine.
Olivia Ruiz offre un premier roman très touchant inspiré de son histoire familiale. Par le biais d'une série de lettres, elle nous fait découvrir l'histoire de Rita, une femme au caractère bien trempé. Celle-ci a eu une vie mouvementée, faite d'exil, de fuites, de retours aux sources, de solidarité, ... sans cesse en quête de liberté. Un récit qui sent bon l'Espagne, à la fois triste et joyeux, empli de douceur et de poésie.
Jared Diamond, d'abord biologiste de l'évolution et physiologiste, enseigne actuellement la géographie à l'Université de Californie, à Los Angeles. Il a notamment publié Le troisième chimpanzé et Effondrement, ouvrages qui forment avec De l'inégalité parmi les sociétés un triptyque.4e de couverture : La question essentielle, pour la compréhension de l'état du monde contemporain, est celle de l'inégale répartition des richesses entre les sociétés : pourquoi une telle domination de l'Eurasie dans l'histoire ? Pourquoi ne sont-ce pas les indigènes d'Amérique, les Africains et les aborigènes australiens qui ont décimé, asservi et exterminé les Européens et les Asiatiques ?Cette question cruciale, les historiens ont renoncé depuis longtemps à y répondre, s'en tenant aux seules causes prochaines des guerres de conquête et de l'expansion du monde industrialisé. Mais les causes lointaines, un certain usage de la biologie prétend aujourd'hui les expliquer par l'inégalité supposée du capital génétique au sein de l'humanité.Or l'inégalité entre les sociétés est liée aux différences de milieux, pas aux différences génétiques. Jared Diamond le démontre dans cette fresque éblouissante de l'histoire de l'humanité depuis 13 000 ans. Mobilisant des disciplines aussi diverses que la génétique, la biologie moléculaire, l'écologie des comportements, l'épidémiologie, la linguistique, l'archéologie et l'histoire des technologies, il marque notamment le rôle de la production alimentaire, l'évolution des germes caractéristiques des populations humaines denses, favorisées par la révolution agricole, le rôle de la géographie dans la diffusion contrastée de l'écriture et de la technologie, selon la latitude en Eurasie, mais la longitude aux Amériques et en Afrique.
Résumé : Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c'est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l'inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l'inceste est couramment pratiqué dans l'intimité des foyers français. A la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l'inceste se révèle structurant de l'ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d'enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres. Préface de Charlotte Pudlowski A
Après le succès du premier volume, Nadia Ferroukhi poursuit son voyage à travers le monde - de l'Inde à la Colombie, du Ghana au Cambodge ou encore du Kenya à la Mauritanie - à la rencontre de sociétés dans lesquelles les femmes tiennent une place importante et centrale au sein de leur communauté afin de conserver leur mémoire pour les générations futures alors que nombre d'entre elles voient leurs traditions et leur culture menacées. "J'ai voulu dans ce nouveau volume aller un peu plus loin en suivant plus particulièrement, dans chaque société, une femme forte et engagée que je "choisis" et qui portera l'histoire des femmes de sa communauté. Je raconte ainsi toujours leur culture et leurs traditions, mais à travers un regard plus intimiste". Nadia Ferroukhi Le voyage à la découverte des dernières sociétés de femmes continue.