Dans le Berlin du début des années trente, un jeune homme qui hésite sur sa vocation et que sa famille destine à une carrière diplomatique, se trouve arraché à son train de vie bourgeois et à ses préoccupations d'étudiant par la rencontre d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci ne s'appelle pas pour rien Sibylle : à la suite de cette figure énigmatique qui n'est peut-être qu'un reflet, le narrateur découvre la vie nocturne de la ville et plonge dans un univers cosmopolite fait d'inquiétantes rencontres et de fuites incessantes, que l'écriture d'Annemarie Schwarzenbach restitue en de brefs chapitres puissamment évocateurs. Dans cette nouvelle où l'homosexualité de l'auteur trouve à s'exprimer sous le masque d'un narrateur masculin, c'est l'énigme du désir et celle de la féminité qui viennent fracturer l'univers du héros, obligé de réviser radicalement les valeurs du monde bourgeois, et tenté de fuir dans l'alcool, la vitesse, la solitude ou la mort. Paru au printemps 1933, ce court récit d'atmosphère montrait la vole d'un " lyrisme " narratif dépouillé, à l'opposé des grandes fresques romanesques de l'époque. La date de sa publication lui confère une aura supplémentaire : il sonne le glas du Berlin cosmopolite sur lequel allait s'abattre le national-socialisme.
Nombre de pages
92
Date de parution
01/05/1989
Poids
140g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782864321927
Titre
Nouvelle lyrique
Auteur
Schwarzenbach Annemarie
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
140
Date de parution
19890501
Nombre de pages
92,00 €
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La vie d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), écrivain, reporter-photographe et archéologue, fut marquée par la morphine, les amours malheureuses, une lutte acharnée contre le nazisme et une amitié tumultueuse avec Klaus et Erika, les enfants terribles de Thomas Mann. Issue d'une riche famille d'industriels zurichois, elle devint célèbre sous le pseudonyme de Christina, l'héroïne tragique du livre d'Ella Maillart, La Voie cruelle. En 1935, après une tentative de suicide, elle épousa un diplomate français en poste à Téhéran. La légation britannique les invita tous deux à camper dans la vallée du Lahr, au pied du Demavend. C'est là qu'Annemarie commence ce récit de voyage intérieur où les paysages de ces lieux extrêmes, tels d'impitoyables miroirs, la renvoient à elle-même.
Le 6 juin 1939, Annemarie Schwarzenbach quitte Genève dans la Ford Roadster " De Luxe " que vient de lui offrir son père. Sa destination : l'Afghanistan. Sa compagne de voyage : la déjà célèbre Ella Maillart, qui veut arracher à la drogue cet " être noble au charme prenant ". On ne connaissait jusqu'alors de cette aventure exceptionnelle que La Voie cruelle, peut-être le plus beau livre d'Ella Maillart. Voici enfin rassemblés les textes de celle qui s'y cachait sous le pseudonyme de " Christina ". Pour raconter une terra incognita aux paysages et aux mœurs archaïques, un pays si propice à la quête de soi, si éloigné des tumultes de l'Occident, Annemarie Schwarzenbach mêle journalisme et poésie sous une plume dont la puissance ne tarit jamais. C'est avec un même talent qu'elle promène son errance intérieure dans l'immensité de la steppe et qu'elle s'interroge sur le statut de la femme en terre d'Islam. Mais cet " ange dévasté ", comme l'appelait Thomas Mann, ne pourra demeurer sourd aux échos de la guerre qui commence à ravager l'Europe.
Traduit de l'allemand (suisse) par Dominique Laure Miermont et Nicole Le Bris Nous suivions le fleuve depuis des semaines déjà. C'était le soir, le soleil plongeait dans l'eau, et sa lumière était entraînée du côté de la mer. Des oiseaux planaient au-dessus de nous. Deux jeunes gens marchent le long du fleuve au fil des jours. Leurs rencontres de hasard - une louve, un âne, une renarde, des bateliers, les montagnes bleues - rythment le texte comme autant de symboles du monde vivant. Leur histoire peut se lire comme une séquence poétique de film à la Murnau, dans un mélange brouillé de songe et de réalité, ou comme une allégorie rêveuse de la vie et des rapports humains. Annemarie Schwarzenbach livre ici un récit qui a la saveur des contes d'autrefois, dans une écriture intemporelle, hors de tout ancrage de temps et d'espace. La quête des personnages acquiert dès lors une dimension universelle.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
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