Dans la Spéculation transcendante sur l'intentionnalité apparente dans le destin de l'individu, essai des Parerga et Paralipomena (1851), Schopenhauer risque l'hypothèse d'un sens métaphysique de la vie de l'individu dont le destin singulier serait conduit par la volonté, une, jusqu'au renoncement libérateur. L'idée que l'individu ne serait pas né d'une rencontre fortuite, qu'il aurait été voulu comme tel, y prend un relief remarquable : elle répond à la préoccupation première, secrète, inlassable de chacun. Elle inspira au jeune Nietzsche son zèle pour le génie prédestiné. Magnifions donc l'importance de l'individu chez Schopenhauer, et même celle du temps, car la volonté dirige l'individu à son insu, à travers bien des misères jusqu'à ce qu'il la reconnaisse à l'heure de la mort, avec la même ruse que la raison hégélienne. De l'éthique, chapitre des Parerga et Paralipomena, donne un interprétation morale du sens de l'existence. A l'heure de la mort, l'abnégation de soi-même en faveur d'un autre atteste, dans l'expérience, l'unité transcendante et indestructible de la volonté. Nous ne finirons pas, et Schopenhauer loue les religions orientales d'avoir soutenu que nous n'avons pas commencé. Mais la dette originelle, issue du judéo-christianisme refoulé, revient agrandie selon une dimension colossale qui fait de la vie l'expiation d'un crime et de la mort son ultime rachat, selon une logique qui reste prisonnière de l'échange, du passé... en un mot, de l'instinct de conservation, comme le souligna Nietzsche. La lecture de ces pages illustres qui stigmatisaient par avance l'"Antéchrist" et "la perversité de la pensée" (cf. L'Origine de la tragédie § 5) alimenta sa révolte. Si, dans le premier essai, Schopenhauer cherche un destin qui convienne à chacun, dans le second, en revanche, il tend à nous enfermer dans le mal de tous.
Date de parution
03/05/2000
Poids
250g
Largeur
215mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782711609703
Titre
LE SENS DU DESTIN
ISBN
2711609707
Auteur
SCHOPENHAUER
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
250
Date de parution
20000503
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
J'ai expliqué en détail dans ma Dissertation sur le principe de raison comment il est la condition de tout objet possible; c'est-à-dire qu'un objet quelconque est lié nécessairement à d'autres, étant déterminé par eux et les déterminant à son tour. C'est si vrai que toute la réalité des objets, en tant qu'objets qui ne sont rien que des représentations, se réduit à ce rapport de détermination nécessaire et réciproque; cette réalité est donc tout à fait relative. [...] Je suppose en permanence dans le présent ouvrage que tout ce que j'ai écrit dans cette dissertation est connu et présent à l'esprit du lecteur: en effet, si je n'avais déjà exposé ces idées dans cette dissertation, elles auraient ici leur place nécessaire."
J'ai expliqué en détail dans ma Dissertation sur le principe de raison comment il est la condition de tout objet possible; c'est-à-dire qu'un objet quelconque est lié nécessairement à d'autres, étant déterminé par eux et les déterminant à son tour. C'est si vrai que toute la réalité des objets, en tant qu'objets qui ne sont rien que des représentations, se réduit à ce rapport de détermination nécessaire et réciproque; cette réalité est donc tout à fait relative. [...] Je suppose en permanence dans le présent ouvrage que tout ce que j'ai écrit dans cette dissertation est connu et présent à l'esprit du lecteur: en effet, si je n'avais déjà exposé ces idées dans cette dissertation, elles auraient ici leur place nécessaire."
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.