Avec son théorème de la « valeur-dissociation », Roswitha Scholz propose une critique féministe du patriarcat capitaliste au-delà du progressisme politique, du marxisme traditionnel et de tous les développements postmodernes. Elle effectue une critique radicale de la modernité comprise comme patriarcat producteur de marchandises, ce qui la conduit à refuser de se laisser enfermer aussi bien dans la croyance en un progrès immanent de la modernité, que dans les « contradictions secondaires », l'essentialisme naturalisant ou le différentialisme post-structuraliste. Les essais rassemblés dans ce volume mènent une discussion critique de divers courants et auteures féministes - de Judith Butler, Nancy Fraser et Maria Mies à Silvia Federici - afin d'analyser l'essence de la modernité comme totalité sociale brisée, où les deux pôles de la « valeur » et de la « dissociation » reproduisent le rapport patriarcal du masculin et du féminin jusque dans la barbarisation postmoderne et l'effondrement du patriarcat producteur de marchandises. Ce dernier, déjà entamé, n'aura aucune portée émancipatrice. Roswitha Scholz est, aux côtés de Robert Kurz et des membres de la revue Exit !, l'une des principales théoriciennes en Allemagne du courant de la critique de la valeur-dissociation (Wert-Abspaltungskritik). Elle s'attache à théoriser le lien entre capitalisme et patriarcat moderne ainsi que les métamorphoses de ce patriarcat, et à dépasser les féminismes de l'égalité et de la différence, comme les féminismes intersectionnels, déconstructionnistes, matérialistes, écoféministes ou de la « lutte des classes ».
Nombre de pages
467
Date de parution
08/11/2019
Poids
560g
Largeur
140mm
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EAN
9782490831029
Titre
Le sexe du capitalisme. "Masculinité" et "féminité" comme piliers du patriarcat producteur de marcha
Au travers d'une relecture exigeante du Deuxième Sexe, Roswitha Scholz explore les arguments existentialistes de Simone de Beauvoir pour les confronter au cadre contemporain de la société capitaliste. Sans renier l'apport fondateur de cet ouvrage, l'auteur s'attache à démontrer les limites de celui-ci au travers de la critique de la figure de l'Autre souvent perçue indépendamment de sa constitution spécifique dans le système capitaliste. Roswitha Scholz exerce donc sa critique à l'encontre des appropriations opportunistes de Simone de Beauvoir ainsi qu'à l'encontre de diverses théoriciennes féministes (Luce Irigaray, Judith Butler, etc.) pour maintenir l'exigence d'une pensée critique de l'Autre sexe en tant qu'être dominé au sein de la société capitaliste fétichisée en pleine crise existentielle.
Scholz Roswitha ; Jappe Anselm ; Kurz Robert ; Loe
Tant de raisons de se sentir révolté, indigné, angoissé face à l'état du monde, les médias nous en fournissent toujours de nouvelles. Mais les causes plus profondes de ce que nous vivons sont les grandes oubliées du marché des opinions. Les comprendre est pourtant la première condition pour un agir qui ne s'épuise pas dans l'immédiat. La critique de la valeur, issue de Marx sans s'y limiter, procède d'une critique radicale du travail et de l'argent, de la marchandise et de la valeur marchande, de l'État et du patriarcat, du sujet moderne et des idéologies de crise. Les textes de Jaggernaut analysent autant les problèmes théoriques de fond que les formes concrètes de la crise de la société marchande.
Scholz Roswitha ; Jappe Anselm ; Kurz Robert ; Mac
Alors que la compréhension dominante de la crise de l'économie mondiale tourne autour de l'identification de causes de surface, il nous est apparu indispensable de problématiser cette crise et d'insister sur le fait qu'elle n'est pas seulement de surface mais structurelle, pas seulement cyclique, mais finale : non dans le sens d'un écroulement instantané, mais comme fin à petit feu d'un système pluriséculaire. Ce n'est pas la prophétie d'un événement futur, mais le constat d'un processus permanent qui est devenu visible au début des années 1970 et dont les racines remontent à l'origine même du capitalisme et de son fonctionnement. Car si l'on veut penser le caractère de structure de cette crise, la compréhension de celle-ci doit être effectuée à partir de son noyau, au niveau même du rapport social fondamental qui structure la société capitaliste-patriarcale dans son ensemble : une crise de la valeur-dissociation.
La théoricienne féministe Roswitha Scholz s'intéresse à une définition épistémologique et dialectique de la théorie de la valeur-dissociation, comme unité de la critique de la connaissance et de la société. En opposition à une conception déductive de la totalité sociale à partir de la socialisation des individus par la valeur, on se réfère à une compréhension de la "totalité concrète" , telle qu'elle joue un rôle non négligeable de diverses manières chez les "précurseurs" et les classiques d'une pensée Critique de la valeur, de Georg Lukács à Moishe Postone, en passant par Theodor W. Adorno. La dialectique, longtemps disparue des discours, doit être redécouverte dans le sens d'un "réalisme dialectique" .
Kurz Robert ; Homs Clément ; Feldmann Daniel ; Bol
Depuis les massacres du 7-Octobre, perpétrés par la branche islamiste du mouvement palestinien, et l'effroyable punition collective infligée aux Gazaouis par le gouvernement israélien, nous assistons à une intensification dramatique d'un problème récurrent dans la question nationale Israël-Palestine : la saturation idéologique qui transforme ce conflit en un déversoir de projections émotionnelles de tous bords. Ces projections, aussi fantasmatiques que meurtrières, alimentées par les deux camps et leurs soutiens inconditionnels respectifs, ne se contentent plus de déborder les enjeux intrinsèques au conflit : elles entretiennent l'impasse nationale avec un zèle destructeur et attisent les idéologies de crise qui accompagnent le capitalisme à l'échelle mondiale, devenant l'un de leurs carburants privilégiés.
À l'heure où les débats sur le conflit israélo-palestinien, l'antisémitisme et les engagements antiracistes fragmentent les milieux progressistes, cet ouvrage propose une plongée sans concessions dans l'une des thématique les plus sensible du progressisme contemporain : le rapport de la gauche à l'antisionisme. À partir d'un ancrage antiraciste et anti-autoritaire, l'auteur interroge les impasses d'un militantisme piégé par ses propres slogans, en particulier lorsque la question juive se retrouve rabattue sur un seul signifiant : Israël. En articulant des éléments de théorie politique, de sociologie militante et de géopolitique critique, l'ouvrage explore les glissements qui peuvent mener d'un antisionisme politique à un antisémitisme masqué, parfois même assumé. Et de se demander : existe-t-il un antisionisme progressiste qui ne soit pas réactionnaire ? À quelles conditions le sionisme peut-il redevenir un objet de discussion politique, et non un mot tabou ou un épouvantail ...