Extrait Huit femmes «La dernière Première dame» : est-ce ainsi que l'histoire nommera cette belle jeune femme, non épousée, non légitimée, mais - ceci explique peut-être cela - dotée d'un sacré caractère, Valérie Trierweiler ? C'était la huitième de cette série inaugurée sous de Gaulle, non par la volonté du Général, mais par les impedimenta de la modernité. Yvonne de Gaulle, née Vendroux, tout habitée par son éducation religieuse et le «service» - chez les militaires, cela n'a rien de péjoratif - de ce dadet volontaire, timide, abstrait et déjà si imposant. «Laissez, Madame, laissez», avait-il coutume de dire lorsque la mère de ses trois enfants se risquait à une réflexion politique. «Les temps changent.» Voilà une vraie phrase gaullienne et nous sommes en 1961. John F. Kennedy est en visite officielle à Paris. À son bras, une ravissante Américaine d'origine normande, que le président des États-Unis présente comme la «First lady», la «Première dame». Dame ! Est-elle l'élue du peuple, la descendante en droite ligne d'une noblesse imaginaire qui aurait régné sur Coca-Cola au temps des Indiens ? Non, elle est la «femme de» et cela suffit. Le Général fut, à ce qu'on dit, touché par sa grâce. Et après ? Jamais, au grand jamais, il ne se serait vu attribuer un tel rôle à celle que les Français appellent - respect ou moquerie ? - «Tante Yvonne». D'autant que «Jack», l'homme le plus puissant du monde, n'a pas fait dans la dentelle : «Je suis le type qui accompagne Jackie Kennedy», dit-il en préambule de son discours au dîner officiel de l'Élysée. Et pourtant ! Mme de Gaulle, dont le rôle traditionnel consiste, entre autres, à lui acheter, deux fois par an - hiver et été -, un costume au rayon grandes tailles du Bon Marché et à l'accompagner à la messe, à être une maîtresse de maison modèle, soumise, mais à la française, c'est-à-dire veillant au grain - cuisine et contrôle de l'emploi du temps, les messieurs sont si imprévisibles... La voilà donc, parce que «les temps changent» et que Mme Coty elle-même s'est fait photographier, une louche à la main, servant la soupe à son mari, devant une bouteille de Dumesnil, la bière de ménage... La voilà donc, Yvonne la secrète, Yvonne la sévère, promue, bombardée Première dame de France. La presse en a décidé ainsi... Plus de cinquante ans ont passé... «Embrasse-moi (non, pas comme ça) sur la bouche !» C'est la première phrase que Valérie Trierweiler ait murmurée au président Hollande à la seconde où les photographes commençaient leur noria autour de lui, place de la Bastille. Première dame ? Elle veut l'être. Elle le demande. Elle l'implore. Elle l'exige. Pour ce socialiste, que l'on croit encore mou, voire bonasse, ce n'est qu'un petit gage qu'il offre à «la femme de sa vie». Il est trop politique pour ne pas savoir que cet adoubement est tout sauf républicain, trop bien élevé pour ignorer que cet oubli de la mère de ses quatre enfants est tout sauf élégant. Mais quoi, après tout, il ne s'engage pas. Cette dame ne sera pas sa femme et le reniement est moins compromettant que le divorce. Cela, c'est ce qu'on peut dire «après». Après que le hasard eut mis sur sa route une ravissante actrice... La cote de popularité de François est au plus bas, le monde est à feu et à sang et lui, déguisé en motard, se fait piéger sur un scooter. Le Général avait raison : les temps changent !
Résumé : Dix histoires d'amour et de pouvoir au coeur des grands événements de l'histoire contemporaine. Aujourd'hui tombées dans l'oubli, les vies de Virginia de Castiglione, Sophie Dosne, Marguerite Baldensperger ou encore Thérèse Pereyra sont pourtant indissociables des destins de Napoléon III, Adolphe Thiers, Georges Clemenceau et Léon Blum. Elles ont été les amies, les conseillères, mais surtout les bien-aimées et les amantes de ces grands hommes. Dans cet ouvrage original, Robert Schneider retrace d'une plume enlevée le destin de dix femmes de l'ombre qui, à une époque où le deuxième sexe ne jouait aucun rôle dans la vie publique, se sont révélées indispensables. Elles ont été de tous les combats de leur amant : pions sur l'échiquier diplomatique, comme la comtesse Marie Walewska, poussée par le gouvernement polonais dans le lit de Napoléon Ier ; amours interdites, telle Jeanne Bibesco, la prieure du carmel d'Alger, qui fit du vieil et austère anticlérical Emile Combes un amoureux transi ; ou encore appuis politiques, à l'image de Berthe Cerny, la " petite sioux " d'Aristide Briand qui transforma ce dernier de la tête aux pieds et l'aida à devenir président du Conseil. De l'épopée napoléonienne à la Seconde Guerre mondiale, Robert Schneider éclaire d'un jour nouveau la vie de dix femmes qui ont été au coeur du pouvoir et ont pris part à l'écriture du roman national.
Voici l'histoire du musicien Johannes Elias Alder qui, à l'âge de vingt-deux ans, mit un terme à ses jours après avoir résolu de ne plus dormir. Car il s'était enflammé d'un amour indicible et partant malheureux pour sa cousine Elsbeth et, de cet instant, ne s'était plus montré disposé à prendre ne fût-ce qu'un instant de repos avant d'être parvenu à sonder jusqu'au fond le mystère de l'impossibilité de cet amour. R. S. Robert Schneider, né en 1961, vit en Autriche. Auteur de plusieurs pièces de théâtre qui ont connu du succès, il publie avec Frère Sommeil son premier roman.
Qu'y a-t-il de commun entre Charles de Gaulle, le fils de famille portant le nom de son pays, et Nicolas Sarkozy, le fils d'un réfugié hongrois qui a longtemps refusé la nationalité française? Entre François Mitterrand, le Charentais élevé dans le culte de la religion et de la patrie, et Georges Pompidou, le Cantalou nourri à la mamelle socialiste et laïque? Entre Valéry Giscard d'Estaing, incarnation de la grande bourgeoisie fortunée qui se pique d'aristocratie, et Jacques Chirac, le petit-fils d'instituteurs francs-maçons et bouffeurs de curés? L'ambition, bien sûr! Mais cette ambition ne s'est manifestée ni au même âge, ni de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Pour mieux cerner la personnalité des six présidents de la Ve République, Robert Schneider est revenu à leurs racines. Il nous raconte l'histoire de leur enfance à travers leurs familles, l'éducation qu'ils ont reçue, la place qu'y tenaient la religion, la politique, la culture, l'argent... Il révèle les cancres ou les premiers prix qu'ils ont été, les livres qui les ont marqués et ceux qu'ils ont - parfois - écrits, leurs premières amours aussi, jusqu'à leur entrée en politique. Alors que la France s'apprête à élire le prochain président de la Ve République, cet ouvrage enlevé et riche en anecdotes nous offre un regard original sur nos chefs d'Etat et leur perception du pouvoir.
D'Yvonne de Gaulle à Brigitte Macron, les portraits intimes des dix Premières Dames de la Ve République, dont la vie romanesque raconte un demi-siècle d'histoire contemporaine.Qu'y a-t-il de commun entre Yvonne de Gaulle, la prude, et Carla Bruni-Sarkozy, la délurée ; Anne-Aymone Giscard d'Estaing, la discrète, fille de la princesse de Faucigny-Lucinge, et Valérie Trierweiler, la twitteuse, fille d'une caissière de la patinoire d'Angers ; Bernadette Chirac, la catholique, née Chodron de Courcel, et Danielle Mitterrand, la laïque, fille d'instituteurs socialistes et francs-maçons ; Claude Pompidou, fidèle pendant trente ans à la mémoire de son mari, et Cécilia Sarkozy, qui a quitté le sien cinq mois seulement après son élection ? Entre Julie Gayet qui a refusé le statut et le rôle de Première dame et Brigitte Macron qui, non contente de le réinvestir, l'a réinventé ?Toutes ont connu un destin exceptionnel auquel elles n'étaient ni prédestinées ni préparées. Comment ont-elles vécu cette existence hors du commun, tenu leur place auprès du monarque républicain ? Quelle a été leur influence ? Pourquoi, à l'exception de Brigitte Macron qui semble s'y épanouir, ont-elles toutes été malheureuses à l'Elysée ?Au terme de plusieurs années d'enquête, Robert Schneider nous fait pénétrer l'intimité de ces dix femmes, loin des clichés sur papier glacé, loin des caricatures dont elles ont été victimes, loin aussi de l'image qu'elles ont tenté de donner d'elles-mêmes. Des portraits savoureux qui retracent un demi-siècle d'histoire contemporaine.Robert Schneider a été chef du service politique de L'Express jusqu'en 1981, directeur adjoint de la rédaction de France Inter jusqu'en 1986, puis rédacteur en chef et chef du service politique du Nouvel Observateur. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Les Mitterrand (Perrin, 2009 ; coll. " Tempus ", 2011) et Premières dames (Perrin, 2014), dont cet ouvrage constitue une édition largement revue et augmentée de deux chapitres inédits.
Une histoire du pouvoir à travers ses plus illustres cérémonies. " Cette cérémonie toujours la même et pourtant si diverse par l'histoire, les temps, les idées, les moeurs, les usages et les coutumes ". (Chateaubriand) En 2023, plus de deux milliards de personnes ont assisté en direct au sacre de Charles III dans l'abbaye de Westminster, ce rituel venu du fond des âges et continuant de passionner les foules du monde entier. Depuis des siècles, de nombreux ouvrages se sont interrogés sur ces cérémonies majeures où un nouveau monarque reçoit l'onction de l'huile sainte en même temps que la couronne. Le sacre des rois de France à Reims compte parmi les plus célèbres, Marc Bloch ayant notamment montré comment la tradition capétienne avait inspiré par la suite les monarques anglais. Cet ouvrage collectif poursuit précisément la même ambition, et vise à étudier les sacres européens comme une tradition politique, en revenant sur des cérémonies marquantes, des usages disparus ou au contraire toujours vivaces. En dix-sept chapitres enlevés sont ainsi évoqués les sacres des rois de France au Moyen Age et à la Renaissance, ceux des empereurs carolingiens et ottoniens, des rois de Suède, des empereurs romains germaniques, des tsars de Russie et bien entendu des rois d'Angleterre. De manière plus ciblée, l'ouvrage revient sur des cas particuliers, comme Charles VII, Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIV, Napoléon et Charles X, avant d'évoquer l'invention de rites de substitution qui forment la mémoire posthume des sacres. A travers ce lien puissant entre le politique et le sacré, l'ouvrage souligne ainsi de manière frappante le besoin de ritualisation inhérent à tout pouvoir, car il est au fondement même de la perpétuelle quête de légitimité des dirigeants. Sous la plume experte d'un collectif d'auteurs associant figures montantes de l'histoire et personnalités reconnues (Jean-Christian Petitfils, Philip Mansel, Maxence Hermant, Gérard Sabatier, Nicolas Dujin, Thierry Lentz), ce Grand livre des sacres offrira la première synthèse accessible au grand public, prenant en compte les avancées les plus récentes de la recherche tout en s'appuyant sur un corpus considérable de témoignages et d'archives inédites.
Tout commence par un mail d'alerte, en février 2022, quelques mois avant le drame qui coûtera la vie à une fillette dans une crèche privée à Lyon. Deux ans et demi d'investigations, 200 témoins, des lanceurs d'alerte qui risquent leur vie professionnelle, des documents explosifs démontrant l'enfer du décor. Ce récit saisissant révèle les secrets de People&Baby, le "premier gestionnaire indépendant français de crèches". Un groupe qui pèserait 1 milliard d'euros. Mais un ogre peut en cacher bien d'autres : un secteur qui fait bloc, des mairies complices, le sommet de l'Etat impliqué...
Le Gall Laurent ; Lagadec Philippe ; Durand Sébast
Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'Etat-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, Etats-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.