
La détresse, aux sources de l'éthique
L'expérience de la souffrance semble de celles qui, comme la faim, sont immédiatement données.Freud montre au contraire dans Esquisse pour une psychologie scientifique (1895) que l'accès à untel éprouvé, qui s'ouvre sur l'émotion qualifiée de « souffrance », ne peut avoir lieu sans « l'êtreproche », qui reconnaît cette souffrance. Ainsi, c'est l'exigence éthique de l'attention portée à l'êtresouffrant qui rend possible l'expérience de la souffrance, c'est-à-dire sa reconnaissance et saverbalisation éventuelle. Sans l'être proche, l'état de détresse, qui correspond à l'expérienceoriginaire du réel, déboucherait sur une anesthésie hébétée, tels l'hospitalisme ou certains étatspsychotiques. Les conséquences de cette analyse sont considérables:le psychisme est unensemble de processus de structuration rendant nécessaire la présence de l'autre, ce que l'on saitbien depuis Lacan, mais qui est souvent négligé dans l'apport qu'on attribue à Freud; l'autreapparaît dans une dualité dramatique, puisqu'étant celui qui peut reconnaître et éventuellementréparer la souffrance, il est aussi celui qui peut renier l'enfant quand il répond à sa souffrance parun cri de détresse; enfin, l'expérience de la souffrance place le jeune enfant au seuil du jugement(c'est à partir de la dualité première où plonge la souffrance que se construit la possibilité del'attribution, du jugement).
| EAN | 9782021030167 |
|---|---|
| Titre | La détresse, aux sources de l'éthique |
| ISBN | 2021030164 |
| Auteur | Schneider Monique |
| Editeur | SEUIL |
| Largeur | 140 |
| Poids | 415 |
| Date de parution | 20110421 |
| Nombre de pages | 384,00 € |
