Commencé seulement les Ages du monde". Cette note que Schelling consigne dans son Tagebuch à la date du 27 décembre 1810 donne le coup d'envoi d'un des projets les plus grandioses qu'un philosophe se soit proposé, retracer sur la base de concepts philosophiques les étapes de la vie divine et de la création. S'il est vrai, comme le disait Novalis, que "vouloir écrire une Bible est un penchant à la folie que tout homme doit avoir pour être complet", cette grande fresque cosmique et théologique représente la tentative la plus magistrale qu'ait menée l'idéalisme allemand pour rendre compte de la totalité de la manifestation divine et en proposer une présentation effective et complète. Or, dans la dernière version de l'ouvrage, celle-là même que Schelling fera introduire dans ses Sämmtliche Werke et dont nous donnons ici une nouvelle traduction dans la continuité de celle des brouillons de 1811 et 1813, le récit et la construction spéculative cherchent encore à atteindre un point d'équilibre. Un double effort pour implanter la succession au c?ur même de l'Absolu tout en équilibrant en Dieu les rapports de l'idéal et du réel prépare l'avènement d'une philosophie historique sans que l'on débouche jamais tout à fait sur une hétérogénéité radicale de l'être et du penser. Ainsi, à travers cette description du passé le plus archaïque, Schelling met pour la première fois effectivement la philosophie en possession de ce qu'elle recherche depuis toujours: "la science, c'est-à-dire l'histoire".
Date de parution
07/01/2013
Poids
230g
Largeur
180mm
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EAN
9782711624584
Titre
LES AGES DU MONDE (1815)
ISBN
2711624587
Auteur
SCHELLING
Editeur
VRIN
Largeur
180
Poids
230
Date de parution
20130107
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
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Quatrième de couverture Schelling précise sa pensée à l'occasion de controverses avec Eschenmayer. Quand Schelling, parti du système de Fichte, unifie l'idéalisme transcendantal et la philosophie de la nature sous le signe de l'Absolu, Eschenmayer veut étudier la nature du point de vue de l'idéalisme transcendantal. Schelling prend la défense de la philosophie de la nature. Eschenmayer préconise une non-philosophie de la foi qui dépasse l'identité de la dualité. Schelling, pour expliquer l'ordre de sa philosophie, s'engage dans une métaphysique des idées. Il revient plus près du monde afin d'étudier la liberté. Eschenmayer soupçonne une déviation diabolique. Schelling rejette cette insinuation avec autant de fermeté que de nuances.
L'année 1801 est pour Schelling celle de l'auto-affirmation. L'Exposition de mon système de la philosophie, publiée dans la toute nouvelle Revue de physique spéculative, est le livre d'un second commencement, où le jeune professeur d'Iéna se libère définitivement de l'idéalisme transcendantal de Fichte et risque la tentative d'une fondation métaphysique de la philosophie comme philosophie absolue de l'absolu. Surmontant l'opposition de la philosophie transcendantale et de la philosophie de la nature, et moyennant une critique radicale de la subjectivité, Schelling élève la philosophie à l'idéalisme absolu où le regard spéculatif, c'est-à-dire rationnel, s'efforce de tenir fermement devant soi l'identité absolue, infinie, qui seule est et que tout reflète. Tentative menée ici à travers la série réelle ou la nature, c'est-à-dire comme "Physique" retrouvée en son sens grec, qui rencontre pourtant déjà, ou encore, et lors même qu'elle s'efforce de s'en dégager, la difficulté que le philosophe ne devait cesser, jusqu'à la fin, de méditer : le fini, la scission, l'exil hors de l'absolu. Ses deux plus grands lecteurs, Fichte et Hegel, ne s'y sont pas trompés, l'un pour en refuser la possibilité même, l'autre pour en saluer l'esprit : l'Exposition de 1801 est pour tout l'idéalisme allemand le livre de son tournant spéculatif.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.