Ni raté de génie, ni rejeton d'une quelconque lignée de damnés, l'auteur des Complaintes est d'abord un écrivain qui inscrit sa démarche créatrice dans le sillage rapide d'un devenir fait de heurts et de discontinuités. Le cheminement poétique qui se déroule de 1880 à 1887 favorise de fait l'émergence de cette figure d'auteur appelée Laforgue, laquelle se définit d'abord par des pratiques d'écriture situées, des essais successifs, à la fois fulgurants et déroutants. Ceux-ci manifestent le parcours jamais vraiment assuré d'un poète qui cherche et qui se cherche, désireux non tant de se conformer à la leçon stricte et définitive d'une formule éprouvée que de varier les registres et les postures. L'élaboration de l'oeuvre procède ainsi par brusques embardées et développements inattendus. Une juxtaposition de sauts qualitatifs se produit, qui donne à penser que l'écriture se fait work in progress, recherche toujours relancée et inachèvement perpétuel - expérience délestée de toute exigence a priori d'unification et d'homogénéisation." Henri Scepi.
Nombre de pages
243
Date de parution
04/10/2000
Poids
155g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070415427
Titre
Les complaintes de Jules Laforgue
Auteur
Scepi Henri
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
155
Date de parution
20001004
Nombre de pages
243,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Inspirée par les thèses du pessimisme schopenhauérien et par la Philosophie de l'Inconscient de Hartmann, la poésie de Laforgue se présente à plus d'un titre comme le lieu d'une réflexion et d'un questionnement. Réflexion qui s'efforce de mettre à nu, par les moyens de l'argumentation et les ruses de la spéculation, les principes aveugles d'un univers dépourvu de sens, voué au néant et à l'inévitable retour du même. Le discours poétique s'ordonne en une vision critique, qui invalide les normes sociales comme les préjugés des anciennes métaphysiques. De là découle un questionnement qui épuise pour les révoquer les phraséologies banales et les rhétoriques trompeuses. L'originalité à laquelle, à partir des Complaintes (1885), Laforgue aspire légitimement induit de fait la nécessaire disqualification des esthétiques érigées en dogmes : elle favorise l'émergence d'une parole indocile et rebelle qui, par les vertus de l'ironie et de la dérision, explore les possibilités comme les limites du langage. La poétique laforguienne enveloppe ainsi une théorie de la représentation qui accorde au sujet un rôle producteur, de même qu'elle lui reconnaît un statut de créature éphémère et finie. La parole concentre dès lors les marques distinctives d'une voix qui se fragmente ; elle fonde sa pertinence et sa validité poétique sur la crête dentelée de la variation et du changement : ce que Laforgue appelle le " tel quel de la vie ".
Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
UN ESSAI: Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. UN DOSSIER: Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
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Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys