Toute culture est une tentative plus ou moins maladroite de juguler la violence en imposant des imites aux pulsions grâce à l'Interdit. Prônant une liberté sans limites, considérant l'égoïsme comme une vertu sociale, et faisant de la propriété privée un Droit naturel et inaliénable, le capitalisme libère une passion qui ne tolère aucun obstacle : l'appât du gain. Il étend son emprise sur toutes choses : l'homme et la nature. La radicalité est son essence. La culture occidentale, riche de l'Humanisme des Lumières, est ainsi porteuse d'une injonction monstrueuse et perverse : tu respecteras ton prochain/tu exploiteras ton voisin. Dans un tel contexte, les notions de la cité, de liberté, de démocratie, de république ne sont plus des paroles d'espérance, mais de violence et engendrent la haine. Sa radicalité contraint ses ennemis à se radicaliser. La sacralisation de l'égoïsme engendre, à terme, la sacralisation de la violence : le meurtre et le suicide conjoints comme viatique du Salut. Le terrorisme, ou la faillite de l'esprit. L'extension géographique et l'emprise anthropologique du capitalisme en font une révolution culturelle, comme le fut, en son temps, le néolithique. Une ère culturelle qui nous devance, nous porte et façonne. L'avenir de l'humanité passe par une nouvelle révolution qui imposera des imites à l'accumulation de la richesse privée devenue un crime contre l'humanité.
Nombre de pages
272
Date de parution
13/12/2018
Poids
438g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782343162362
Titre
L'ère du profit ou la faillite de l'esprit
Auteur
Sauzet Jean-Paul
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
438
Date de parution
20181213
Nombre de pages
272,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Explosion de la violence, impossible éducation, fracture sociale, perte de la crédibilité des grandes institutions sociales, catastrophe écologique, inflation du Droit et de la répression, montée des extrêmes, sectes, terrorisme... Ces multiples phénomènes qui touchent tous les aspects des sociétés modernes ne seraient-ils pas autant de symptômes d'une nouvelle forme d'aliénation ? Les sociétés traditionnelles témoignent toutes d'une limite qui trace la frontière entre l'homme et l'animal l'interdit de la satisfaction immédiate ouvrant l'accès à la dimension symbolique, fondement même des cultures. L'essor prodigieux de l'échange marchand animé par la recherche du profit et mis en scène par la publicité murmure sans cesse à nos oreilles le même message implicite : " jouis sans entrave ". La logique du marché tend aujourd'hui à se délester de tout cadre régulateur (éthique, politique, juridique, traditionnel). Elle génère une société marquée par la profusion, la confusion et la séduction. Cette aliénation opère par la suavité et se développe comme un ferment de destruction qui prend les visages de la dépression, de l'addiction et de la violence. La multiplication et l'aggravation des problèmes apparaissent ainsi dans leur globalité comme un syndrome dévoilant une catastrophe anthropologique qui n'a d'égale que les catastrophes écologiques que nous pressentons pour demain. Tel Saturne dévorant son fils, l'échange marchand non régulé déstructure les cultures pour se nourrir de leur cadavre.
La médecine contemporaine, toujours plus performante, fait du malade un objet d'observation et de soin. Les traditions religieuses s'étant effritées, ces derniers moments de vie sont vides de tout geste et de signification. Ils suscitent souffrance et angoisse. Les témoignages des personnes qui accompagnent les sujets en fin de vie ouvrent un autre chemin. L'écoute n'est pas le temps d'un faire technique, elle est celui d'un "laisser-être" dans lequel le sujet peut advenir à lui-même à travers une parole qui trace les étapes d'un récit.