On rencontre l'histoire comme on sort de l'enfance, et ce que l'on en emporte ne peut en restaurer l'illusoire immédiateté, sauf à la refaire et à imaginer qu' on aurait pu en préserver la " villa qui dort sous nos paupières ". Derrière la vitre ou à bonne distance des villes, on peut jouir en apparence et paradoxalement de l'éloignement et de la proximité. Se dire qu'il " faut ouvrir pour entendre la ville ", mais qu'après tout les palmiers ne sont pas loin, tout juste à une heure de voiture, " comme à quelques syllabes ". Minces avantages de la périphérie ; consolation offerte au centre dont l'histoire tend en permanence à nous priver. Du coup, le regard peut s'abandonner à la lumière jouant dans les tuiles et le béton, à l'ocre d'une impasse ou à la promesse d'un jour jaune. Mais cette possibilité de divertimento ne prend sa mesure que de ce qu'elle repousse, ou de ce qu'elle laisse un temps s'égarer, par jeu ou par souci de ne pas porter à l'absolu ce qui précisément en marque l'absence. Cette alternance nécessaire, à l'image de la respiration, offre au poème une chance de ne pas s'épuiser dans quelque suffisance qui le priverait de la légèreté sans laquelle il n'y a pas de réelle gravité. J.-P. C.
Nombre de pages
93
Date de parution
11/05/2001
Poids
120g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782844900562
Titre
BARDANE
Auteur
Sarré Jean-Luc ; Cometti Jean-Pierre
Editeur
VERDIER
Largeur
141
Poids
120
Date de parution
20010511
Nombre de pages
93,00 €
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n'a pas de nom coincé dès l'aube dans la lumière on appelle ça les événements le mot erre près du kiosque aux terrasses des cafés dans le vacarme des oiseaux ce n'est qu'un mot dans les salons le même dans les vignes sous les arbres à midi un mot pour un autre quelque chose qu'on ne peut dénouer parfois il met l'azur en pièces alors on frotte les trottoirs on lave la peur à grands seaux très vite les rues sont belles et la mer n'est pas loin "les enfants ont ramené la plage dans la voiture" et le soir le soleil joue dans la pièce du bas
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.