Extrait de l'introductionHOMME ET ROILe règne de Louis XIV est le plus long de l'histoire de France, l'un des plus longs de l'histoire du monde. «Jamais roi n'avait régné si longtemps», s'émerveillait le marquis de Dangeau en 1695, quand le souverain commença à dater «de la cinquante-quatrième année de notre règne». Sous la Régence, Montesquieu écrivait plus ironiquement: «Le règne du feu roi a été si long que la fin en avait fait oublier le commencement.» Vie et règne ont à ce point duré qu'ils se confondent avec l'époque, qu'ils «font époque»: le «siècle de Louis XIV», disait Voltaire par référence au siècle d'Auguste, le «Grand Siècle», dit-on pompeusement depuis le Second Empire.De ce fait, dans la plupart des biographies de Louis XIV, la vie du roi, son règne et son temps sont une seule et même chose. Écrire la vie de Louis XIV, c'est souvent écrire l'histoire de la France sous Louis XIV. L'homme disparaît derrière le roi et le roi derrière le règne. Et pourtant, on ne compte plus les livres qui traitent de l'enfance de Louis, de son éducation, de ses amours, de sa politique. Mais ce vaste recueil - où la compilation est plus fréquente que la recherche - n'aide guère à se faire du personnage une idée d'ensemble. La petite histoire, d'un côté, la grande histoire, de l'autre, suivent des chemins et des logiques différentes.Le roi, homme et institutionDepuis quatre décennies, les recherches autour de Louis XIV et de son époque se sont multipliées. La bibliothèque louis-quatorzienne compte chaque année plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines, de nouveaux titres publiés à travers le monde.En dépit de cette floraison, les historiens se risquent rarement à brosser un portrait du Roi-Soleil et regardent l'exercice biographique avec une certaine méfiance. Pour eux, écrire l'histoire au prisme de la vie d'un individu, c'est faire passer au second plan l'économie, la société, la culture, c'est oblitérer la longue durée des phénomènes historiques, qui se développent sur des générations. Une autre critique, d'ordre plus philosophique, n'est pas moins pertinente. Comment prétendre connaître un homme du passé, alors que l'on peine à comprendre ses contemporains, et à se connaître soi-même? À quoi l'on répondra que la connaissance de l'âme humaine a fait, dans les dernières décennies, de grands progrès, et que l'on peut tenter, avec prudence, de transposer ces acquis à l'étude des individus du passé. Mieux qu'hier nous savons que la personnalité se façonne durant l'enfance, mais aussi que, loin de rester figée, elle ne cesse d'évoluer tout au long de la vie.Dans le dernier demi-siècle, trois historiens aux opinions et aux positions divergentes ont vaincu ces préventions et tenté une biographie du Roi-Soleil. Il y a eu un Louis XIV «de gauche» (Pierre Goubert, Louis XIV et vingt millions de Français, 1966), un Louis XIV«de droite» (François Bluche, 1986), un Louis XIV «centriste» (Jean-Christian Petitfils, 1992). Écrit d'une plume allègre, l'essai de Pierre Goubert a été tenu pour iconoclaste au moment de sa parution, parce qu'il replaçait le Grand Roi dans son temps et invitait à une réflexion critique. À l'inverse, la somme de François Bluche est conçue comme une fresque et comme une entreprise de réhabilitation, riche en références d'époque. Enfin, Jean-Christian Petitfils a donné une synthèse exemplaire, équilibrée mais non sans brio, de l'historiographie récente. Le trait commun à ces trois ouvrages - comme aux autres biographies de Louis XIV -, c'est la volonté d'embrasser l'homme, l'oeuvre, le règne et le siècle d'un même regard. Le principal personnage de la pièce disparaît quelque peu derrière le décor et ne se détache pas toujours des seconds rôles ou de la foule des figurants. Héritage lointain de Voltaire, qui fit une Histoire de Charles XII, mais un Siècle de Louis XIV? Héritage plus proche du marxisme et de la relative défaveur de la biographie auprès des universitaires français? On ne sait.
Résumé : Paris est une ville du XIXe siècle. Entre 1815 et 1914, l'histoire de France s'est écrite plus que jamais sur les bords de la Seine, les convulsions politiques se succédant à un rythme accéléré. Le paysage de la capitale subit alors une transformation complète. Le "vieux Paris" du Moyen-Age et de l'Ancien Régime disparut, laissant place à la ville dite "haussmannienne", faite d'immeubles de quatre ou cinq étages et de monuments isolés pour former point de vue. En 1860, la cité absorba une partie de sa banlieue, prenant l'étendue qui est encore la sienne, cent cinquante ans plus tard. A l'aide des fabuleuses collections du musée Carnavalet, ce livre évoque simultanément les tumultes de la "grande histoire" et le difficile accouchement de la Ville lumière.
Un mémo précieux pour aider à comprendre l'histoire d'une des villes les plus prestigieuses au monde. Pour garder en mémoire l'essentiel des connaissances.
Plus de quatre-vingts ans après sa disparition, le régime de Vichy continue de hanter notre mémoire collective. En quelques jours, en juillet 1940, la République s'est effondrée. Derrière le maréchal Pétain, héros national devenu chef de l'Etat français, et le politicien sans scrupules Pierre Laval, des opportunistes jouant la carte allemande et des doctrinaires d'extrême droite prennent le pouvoir. La dictature s'installe, pour le pire. Optant pour la collaboration politique en 1940, choisissant la voie du crime antisémite en 1942, le gouvernement finit par dresser quasiment toute la population contre lui. Cette page sombre est ici racontée comme jamais auparavant, à partir d'archives inédites, des derniers témoignages exhumés et d'approches historiques renouvelées, attentives aux ressorts psychologiques, à la complexité des parcours et aux marges de manoeuvre des acteurs. Au fil de la lecture, apparaît ainsi un tableau pénétrant et contrasté. L'ouvrage montre à la fois la fuite en avant et l'aveuglement égotiste des principaux dirigeants du régime pétainiste, la mise en oeuvre de politiques criminelles parfois tempérée par des fonctionnaires formant une véritable zone grise au coeur de l'Etat, et une opinion publique longtemps attentiste mais inclinant en faveur des Alliés. Une réflexion puissante sur les conséquences funestes de l'amoralité en politique et des conclusions historiques qui interrogent notre présent.
Entre 1618 et 1648, l'Europe est en prole à l'une des guerres les plus meurtrières de son histoire. Les premiers heurts de la guerre de Trente Ans éclatent en Bohême en 1618. Ce qui semble au départ n'être qu'un acte de rébellion de nobles contre l'empereur dégénère en un conflit à l'échelle européenne. Durant trois décennies, le continent est le théâtre de violences sans précédent qui auraient décimé 15 à 20 % de la population du Saint-Empire. Il était impératif de poser les règles d'une paix durable ; c'est ce que firent les traités de Westphalie en 1648. Dans cette somme inédite, Claire Gantet réalise la première approche globale de la guerre de Trente Ans. A travers un récit enlevé, elle met en lumière le rôle des hommes et des femmes qui, d'emblée, cherchèrent à limiter et encadrer l'exercice de la force. Ce livre renouvelle notre compréhension de la violence et de la portée de cette guerre à l'échelle européenne.
Les trois Etats baltes - Estonie, Lettonie, Lituanie - ont-ils joué un rôle déterminant dans la chute de l'URSS ? Se sentent-ils pleinement Européens ? La Chine est-elle un partenaire important ? L'enclave russe de Kaliningrad inquiète-t-elle la Lituanie ? Membres de l'Union européenne et de l'OTAN depuis 2004, les pays baltes sont passés en trente-cinq ans du statut d'Etats rayés de la carte, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, à celui de pays qui comptent sur la scène européenne. Alors qu'ils partagent au total près de 800 kilomètres de frontières avec la Russie, leur position géographique les place au coeur du dispositif sécuritaire de l'Alliance atlantique. Leur expérience de la Russie, leur dynamisme, leur modèle numérique avancé et leur capacité à peser sur les débats européens, notamment en soutien à l'Ukraine, font des pays baltes un exemple de résilience démocratique. Conscients de leurs fragilités, ils nous alertent depuis longtemps sur la menace russe : pressions politiques, présence de minorités russophones, sabotages des infrastructures énergétiques et de connectivité, manipulations informationnelles... En 100 questions clés, voici une analyse passionnante des défis à relever par ces trois pays situés sur la ligne de front d'une possible confrontation avec Moscou et dont les Européens devraient s'inspirer.
Entre 1618 et 1648, l'Europe est en prole à l'une des guerres les plus meurtrières de son histoire. Les premiers heurts de la guerre de Trente Ans éclatent en Bohême en 1618. Ce qui semble au départ n'être qu'un acte de rébellion de nobles contre l'empereur dégénère en un conflit à l'échelle européenne. Durant trois décennies, le continent est le théâtre de violences sans précédent qui auraient décimé 15 à 20 % de la population du Saint-Empire. Il était impératif de poser les règles d'une paix durable ; c'est ce que firent les traités de Westphalie en 1648. Dans cette somme inédite, Claire Gantet réalise la première approche globale de la guerre de Trente Ans. A travers un récit enlevé, elle met en lumière le rôle des hommes et des femmes qui, d'emblée, cherchèrent à limiter et encadrer l'exercice de la force. Ce livre renouvelle notre compréhension de la violence et de la portée de cette guerre à l'échelle européenne.
Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675), fut l'un des plus grands chefs de guerre produits par le "siècle de fer" , ce XVIIe siècle particulièrement belliqueux pour les Européens. Considéré par Napoléon comme le plus grand général des temps modernes, Turenne fut l'un des rares hommes de guerre à s'être constamment réinventé, depuis ses débuts pendant la guerre de Trente Ans jusqu'à sa mort en campagne à un âge avancé. Après sa disparition, son influence ne cessa de grandir, si bien que sa stratégie indirecte et son goût pour l'audace et le mouvement inspirèrent Eugène de Savoie, Marlborough et bien d'autres. Stratège et génie des armes, Turenne fut aussi un fin politique qui servit de mentor au jeune Louis XIV. Face aux princes et au Grand Condé, il sauva le roi pendant la Fronde. Protestant mais fidèle au roi catholique, Hollandais par sa mère Elisabeth de Nassau, Turenne était un personnage singulier dans une France qui se relevait tout juste de l'horreur des guerres de Religion et dans l'Europe de la guerre de Trente Ans, le premier conflit global de l'histoire. Arnaud Blin s'appuie sur les travaux les plus récents pour apporter de nouveaux éclairages sur l'homme et pour cerner la psychologie complexe de Turenne, figure incontournable de cette époque.
Spinoza fut attaqué de toutes parts, mais ses positions marquèrent les controverses sur la Bible, le droit naturel et la liberté de conscience. On retrouve sa trace dans les Lumières, l'idéalisme allemand, le marxisme et la psychanalyse. L'Ethique et le Traité théologico-politique construisent une pensée de la Raison, refusant la finalité, la Providence et l'illusion du libre arbitre, une pensée de l'universalité des lois de la nature, de la singularité individuelle, de la liberté de philosopher. Chez Spinoza, rien n'est au-dessus de l'entendement humain ; l'étendue n'est pas moins divine que la pensée ; le bien et le mal sont relatifs ; l'homme n'est pas un empire dans un empire ; la fin de l'Etat est la liberté.