Il y a deux portes aux maisons de Gubbio : l'une est large, l'autre étroite, légèrement plus haute que le niveau de la rue ; l'une sert de passage aux vivants, l'autre de passage aux morts. Ma mémoire est semblable aux maisons de Gubbio, parfois cependant elle confond les deux portes. Mon passé, ma vie, mon corps, les amis, mes parents, la vie de F. , celle de Kaerner : comme une architecture aux styles mêlés, sans aucun désordre pourtant, mais une nécessité absolue dans son ordonnance. Et des colonnes anciennes y sont prises, comme à Rome, dans les arcades de murs récents. Je suis désormais comme un architecte qu'on aurait chargé de restaurer un palais, et qui découvrirait derrière les murailles des pièces, des escaliers secrets, des passages que les propriétaires n'avaient jamais soupçonnés. La part du quotidien s'estompe : plus forte et mieux exercée, ma mémoire sait maintenant se tourner vers des zones obscures. Patient travailleur de moi-même, j'ai donné congé à toutes les autres occupations, je n'ai plus de temps que pour cette couvre baroque, ce palais de pierres rassemblées au cours de mes promenades dans le temps. Je fouille et je bâtis : je dresse des plans que je ne suis pas, des cartes qu'une nouvelle découverte me fait Modifier chaque jour. Je dresse des étais, j'écarte les déblais, je cimente, je mure, et de nouvelles brèches s'ouvrent, il me faut recommencer. L'énormité de la tâche ne me rebute pas : un temps viendra, je le sais, où le présent, le passé et l'avenir seront confondus dans un même mouvement puissant dont je ne serai plus exclu".
Nombre de pages
307
Date de parution
03/09/1980
Poids
450g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782010065958
Titre
LES PORTES DE GUBBIO
Auteur
Sallenave Danièle
Editeur
HACHETTE LITT.
Largeur
138
Poids
450
Date de parution
19800903
Nombre de pages
307,00 €
Disponibilité
Epuisé
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4e de couverture : Il y a ce que disent les Gilets jaunes. Il y a surtout ce qu'ils révèlent. Cette manière de parler d'eux, dans la presse, les médias, les milieux politiques, sur les réseaux sociaux ! Une distance, une condescendance, un mépris. Danèle Sallenave Au miroir du mouvement des Gilets jaunes, l'élite politique, intellectuelle, culturelle a laissé voir son vrai visage. Début janvier 2019, le président promet d'éviter ces «petites phrases» qui risquent d'être mal interprétées, mais il rechute aussitôt. Les médias ne devraient pas, dit-il, donner sur leurs antennes «autant de place à Jojo le Gilet jaune qu'à un ministre». Ainsi se révèlent l'étendue et la profondeur de la fracture qui sépare les «élites» des «gens d'en bas». Fracture géographique, économique, politique et sociale. Et surtout fracture culturelle, entre les habitants des grandes villes, et tous les autres. La violence et les embardées de langage de quelques-uns ont jeté le discrédit sur les Gilets jaunes. Il ne faudrait pas qu'une élite, assurée de sa légitimité, en tire argument pour occulter la force d'un mouvement qui a fait entendre une exigence de justice et d'égalité, parfois confuse, mais toujours profondément démocratique. Retrouvant ainsi l'inspiration des grands sursauts populaires qui ont marqué notre histoire.Notes Biographiques : Danièle Sallenave naît à Angers en 1940. Fille d'instituteurs, elle devient un écrivain renommé dans les années 80 et publie romans, pièces de théâtre et essais. Traductrice de l'italien, professeur de lettres et d'histoire du cinéma à l'université entre 1968 et 2001, elle écrit pour "Le Monde" et plusieurs revues ("Les Temps Modernes" et "Le Messager européen"). Depuis 2009, elle tient une chronique hebdomadaire sur France Culture. Danièle Sallenave jouit d'une grande reconnaissance dans le monde des lettres. Elle remporte le prix Renaudot en 1980 pour "Les Portes de Rubbio", ainsi que le Grand Prix de littérature de l'Académie française en 2005 pour l'ensemble de son ?uvre. Six ans plus tard, en avril 2011, elle est élue membre de cette institution. Elle fait également partie du jury du Prix Femina. En 2009, elle développe une réflexion sur la lecture avec "Nous, on n'aime pas lire", fruit de sa rencontre avec les élèves et les enseignants d'un collège. Depuis, elle a prolongé ce dialogue avec les enfants et les jeunes en explorant les enjeux de la fiction dans "Pourquoi écrit-on des romans ?" paru en 2010 ; et en fondant l'association "Silence, on lit !".
Je me suis rendue à plusieurs reprises en 2008 dans un collège "ambition réussite", puis voir comment je pourrais aider les professeurs à donner aux élèves le goût des livres et de la lecture. Je ne sais pas ce que je leur aurai apporté. Mais en regardant travailler deux classes de troisième, j'ai constaté que l'école reste un havre de paix au sein de la vie difficile des villes et des banlieues. Malgré sa décadence, son essoufflement, parfois même son effondrement. Le niveau y baisse plutôt qu'il ne monte, mais elle résiste tant bien que mal. Elle demeure un barrage contre les modèles destructeurs qu'imposent le marché du divertissement, le règne de l'argent et la frénésie de consommer. Ce barrage a un nom: les livres. A l'école, au moins, il y a encore des livres. L'école ne peut pas tout? Assurément non. Mais si elle cède, alors tout est perdu. DS
Qui est Fouad Chouki? Aux côtés de Bob Tahri et de Mehdi Baala, Fouad Chouki a écrit parmi les plus belles pages du demi-fond français. D'ailleurs, murmurent les spécialistes, il ne serait pas le moins doué des trois. Pourtant à l'adolescence, entre dérives et tentations légitimes, Chouki trébuche et refuse les contraintes qu'exige la vie monacale d'un athlète de haut niveau. Après deux ans d'errements, il reprend une nouvelle fois le chemin de l'entraînement et s'offre un retour de premier plan qui le conduit jusqu'à la finale du 1 500 mètres des championnats du monde à Saint-Denis en août 2003. Sa course en enfer! Car, entre-temps, il a cédé aux sirènes du dopage... Pour la première fois un athlète international raconte comment il est amené, comme beaucoup de ses rivaux, à franchir la ligne jaune. Un choix qui mettra fin à ses rêves de champion et va complètement bouleverser sa vie. Car c'est dans l'obscurité d'une cellule de prison qu'il vivra les jeux Olympiques de Pékin, où son talent aurait pu lui permettre de monter sur le podium.
René Thom, médaille Fields 1958, a conçu la théorie des catastrophes dans les années 1960 comme un ensemble de modèles mathématiques applicables en biologie et en linguistique. Mais, en ces temps de défaite de la pensée, où seul compte le résultat, aussi insignifiant soit-il, sa démarche apparaît bien solitaire. Apologie du logos retourne l'anathème lancé par Heidegger - "la science ne pense pas" - en injonction : "la science ne cherche qu'à transformer le monde, alors qu'il s'agit de l'interpréter". Ce parti pris de l'intelligibilité des choses conduit à une recherche du sens dans les domaines les plus divers : de la danse aux régulations biologiques, du prolongement analytique à la tectonique des plaques et aux révolutions politiques, de l'ontologie aporétique à la critique de la méthode expérimentale. Recueil des principaux articles de René Thom écrits dans les années 1980, Apologie du logos rend parfaitement accessible la pensée de l'un de nos grands philosophes vivants.
Au tréfonds de l'être, une plaie suinte, que maintiennent à vif maintes de ces questions auxquelles il n'est jamais facile de fournir une réponse : vivre, le faut-il ? Et ce mot, vivre, comment le comprendre ? Quelles significations lui attribuer ? Et que doit-on faire de sa vie ? Quel sens lui donner, ou en recevoir ? Et il semble rigoureusement indispensable de se connaître, cet être que je suis, quel est-il ? Dois-je le subir dans tout ce qu'il est ? Ou bien puis-je le transformer ? Mais alors dans quel but, quelle intention ? Vais-je savoir brûler ce qui m'encombre, désenfouir mon noyau, ne garder en moi que ce qui procède de l'élémentaire, l'originel ? Et cet autrui dont je viens de vérifier à quel point il est mon semblable, vais-je savoir le rejoindre ? Et si je cède à ce désir de me connaître, comment dissoudre l'angoisse qu'il suscite ... Comment vaincre la peur de la vie ? La peur de la mort ? ... Mais quand ces questions le taraudent, l'être n'est pas à même de se les formuler. Elles ne sont tout d'abord qu'un malaise, un désarroi, une lancinante sensation d'exil, l'âpre nostalgie de ce que l'on ne saurait nommer, une infranchissable solitude. Et c'est à son insu que l'être se trouve progressivement engagé dans une aventure dont il ne soupçonne ni en quoi elle réside, ni où elle est susceptible de le mener. Les notes rassemblées dans ce Journal sont les traces laissées par un homme embarqué dans une telle aventure, et qui, des années plus tard, devra s'avouer qu'en se scrutant la plume à la main, il n'a fait qu'obéir à un urgent besoin de se révéler à soi-même, se clarifier, s'unifier, à l'impérieuse nécessité d'accéder à la liberté, la connaissance, une ineffable lumière. Dans ce premier volume, et parce que toute descente en soi est une descente aux enfers, on le découvre aux prises avec l'ennui, le dégoût, la peur, le marasme, la haine de soi, la menace d'une issue tragique. Mais rien ne peut le détourner de poursuivre sa quête. Armé d'une inflexible résolution, il s'acharne à se désentraver, se mettre à nu, explorer l'un après l'autre chacun des recès de son labyrinthe. Dans le second volume, la ténèbre s'éclaircit, et on le verra commencer à fouler la terre lointaine qu'il portait en lui. Celle où il pourra durablement enfouir et déployer ses racines.