Profitant de la défaite militaire française de 1940, le régime espagnol du général Franco revendiqua expressément la souveraineté sur la ville d'Oran, alors possession de la France mais autrefois préside du royaume d'Espagne pendant près de trois siècles. Tandis que plus de 150 000 soldats espagnols attendaient sur la frontière de leur protectorat marocain l'ordre d'envahir l'Oranie, l'agitation séditieuse s'amplifiait dans la cité sous l'impulsion du Consulat franquiste et de ses hommes de main phalangistes qui, face à un pouvoir colonial aux abois, se comportaient impunément en seuls maîtres des lieux. "Oran appartient à l'Espagne", martela inlassablement le Caudillo auprès de ses alliés Hitler et Mussolini qui, chacun de son côté, nourrissaient pour leur propre compte le projet de conquérir la ville. Le débarquement anglo-américain de 1942 en Afrique du Nord sonna le glas de toutes ces convoitises. Biographie de l'auteur Alfred Salinas, universitaire puis journaliste d'agence, est natif d'Oran où il a passé son enfance avant l'exode des Pieds-noirs en 1962. Docteur d'Etat en Sciences politiques et diplômé d'études supérieures de Droit, il s'est spécialisé dans l'étude du caractère hispanique de la société coloniale algérienne. Il est l'auteur de Oran la Joyeuse (L'Harmattan, 2004).
Nombre de pages
276
Date de parution
06/06/2008
Poids
395g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782296056862
Titre
Quand Franco réclamait Oran. L'Opération Cisneros
Auteur
Salinas Alfred
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
160
Poids
395
Date de parution
20080606
Nombre de pages
276,00 €
Disponibilité
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Que penser des trois années de présence américaine en Algérie pendant la Seconde Guerre mondiale ? De l'opération Torch le 8 novembre 1942 à la signature de l'Armistice, les Etats-Unis ont surtout pratiqué l'ingérence dans les affaires intérieures de la France, cherchant à imposer une vision puritaine et anticoloniale de la politique, à contrarier la volonté de De Gaulle d'assumer à Alger le leadership du Comité de libération nationale, à donner aux nationalistes musulmans des raisons d'espérer en une Algérie indépendante.
Depuis sa fondation en 902 par des marchands andalous, Oran a subi la loi de nombreux conquérants, mais ces péripéties n'ont guère affecté son empreinte espagnole. L'hispanité a atteint son apogée sous la présence française. Les concepts d'immigré et d'autochtone se confondaient alors. Une population majoritairement issue de l'immigration ibérique faisait d'Oran la cinquième ville de France, tandis que l'écrivain Albert Camus, aux ascendances espagnoles, lui donnait une renommée mondiale à travers son ouvrage clé La Peste.
« C'est à l'Espagne que cette terre ressemble le plus », écrivait Albert Camus en 1947 à propos de l'Algérie, du caractère jouisseur de ses populations et de la beauté de ses rivages. L'histoire de l'Algérie ne peut être pensée indépendamment de son empreinte espagnole qui participe de son identité à travers les nombreux flux migratoires, issus surtout de la péninsule, depuis l'époque d'al-Andalus jusqu'à la Reconquista et la présence française. Le pays a renvoyé une double image de terre d'asile pour immigrés et d'espace dédié à la colonisation. Tout au long de son passé, les intérêts ont pris le pas sur les passions. En filigrane des rivalités belliqueuses Chrétienté/Islam et Occident/Orient, les échanges marchands ont paradoxalement prospéré entre prétendus ennemis. Au siècle de la mondialisation, l'Espagne demeure ainsi très présente à Oran à travers les vestiges patrimoniaux et la vitalité de ses agents culturels et économiques.