Elle était dure, monolithique, rayonnante, et sereine. Elle était indestructible, songeait-il en la serrant contre lui tandis qu'ils se penchaient sur l'eau pour voir passer les bateaux, et comme elle se dégageait de cette étreinte pour s'appuyer seule sur le rebord de bois, y posant ces vieux gants verts qu'il lui voyait depuis plusieurs années, tant elle était attachée aux choses, et qui étaient ce soir-là déjà trempés de pluie, il lui demanda, observant le haut immeuble de la Samaritaine, grand paquebot blanc amarré au bord de Seine, sa vaste façade de pierre, les petits drapeaux qu'on y avait fichés de chaque côté, comme des fanions, et qui restaient droits dans la bourrasque : " Esther, tu n'as donc de compassion pour personne ? " " La dizaine de personnages qui tournent autour de la mystérieuse Esther s'observent, se traquent, se fuient dans un ballet envoûtant, impitoyable, décrit avec acuité, précision, pénétration. Chassé-croisé d'amitiés et d'amours, ce roman, typiquement français dans son environnement, rappelle les plus grands noms de la littérature anglo-saxonne, par la finesse de sa psychologie et par son style, qui épouse les sinuosités de la conscience, les petites ironies de la vie, les courtes fascinations des instants poétiques.
Nombre de pages
208
Date de parution
07/05/1997
Poids
260g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020306867
Titre
Les jours
ISBN
2020306867
Auteur
Sales Véronique
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
260
Date de parution
19970507
Nombre de pages
208,00 €
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Comment écrit-on l'histoire? Dans quelle mesure les historiens les plus marquants du XIXe et du XXe siècle ont-ils été tributaires, lorsqu'ils ont construit leur oeuvre, de leur itinéraire personnel, et du temps dans lequel ils vivaient? Que reste-t-il aujourd'hui de ces livres qui ont fait date, et qui vivront d'autant plus longtemps qu'ils seront plus discutés? Pour retranscrire ces destins singuliers et exemplaires, un ouvrage collectif qui nous parle aussi d'héritage et de transmission, soit de la vie même d'une discipline, sans révérence obligée et sans mythification.
Une belle demeure, une famille de la haute bourgeoisie anglaise, des séjours sur le Continent dans d'autres belles maisons, des parents un peu lointains, des enfants confiés aux grands-parents et qui nouent entre eux des liens subtils et très forts: Neville, Lawrence, Sarah, et bien sûr Trevor. Né en 1960, il restera, dans le glissement des jours et le cours du temps, fasciné par Irina, son amour d'enfance, et par son grand-père Gordon, tôt disparu avec les légendes familiales et le souvenir des guerres qui ont bouleversé son époqueVéronique Sales est une des seules romancières d'aujourd'hui sachant évoquer la vie intérieure de ses personnages, les fines attaches du sentiment, les forteresses que les êtres humains édifient contre la solitude et la force des images. Des figures que l'on suit à travers la beauté de certaines évocations - des odeurs de foins, une lune sur la Seine, une fin d'été au jardin - et que l'on quitte à regret aux dernières lignes et aux ultimes années du siècle, parce qu'elles nous ont permis de connaître d'autres mondes personnels et de respirer ce qu'Edith Wharton appelait "l'air humain épais et nourrissant"
C'était un matin du mois d'octobre 1959, à l'aéroport de Cairns ; comme il était très tôt, il faisait froid. Quatre enfants, issus de deux familles différentes, montent dans un avion qui doit les emmener en Amérique, et de là en Europe où ils retrouveront des parents qui n'ont jamais fait preuve de beaucoup de sollicitude à leur égard. Ils n'arriveront pas à destination. Quand l'appareil sombre dans l'océan Pacifique, ils abordent, seuls rescapés du désastre, dans une île, qu'ils croient déserte, de l'archipel des Lau. Ils y resteront des années, au cours desquelles ils feront l'apprentissage de la solitude, celle de la sauvagerie et, pour finir, celle de la séparation. La survie, le renoncement, le poids de l'histoire individuelle et la possibilité d'y échapper : tels sont les thèmes que ce livre explore, dans une subtile polyphonie où se mêlent souvenirs, contes aborigènes et légendes scandinaves, et où se fait entendre, à chaque page, puissante, inexorable, la voix de la nature.
C'est une histoire qui se répète inéluctablement. C'est l'expérience de l'éloignement et de l'abandon qui se poursuit, au fil d'une généalogie insidieuse. Apollinaire Hartog, témoin de cette malédiction, la voit s'inscrire dans l'histoire de ses parents et de ses grands-parents, à travers la désolation de deux grandes guerres, dans une maison du nord de la France où l'on n'est protégé ni des fantômes ni de sa propre étrangeté sur terre. Expérience.de l'abandon et de la séparation qu'il fera à nouveau autour du rêve brisé de Sagas, la revue d'études scandinaves qui réunit un microcosme étrange, soudé dans l'amour des contes et des légendes de l'Islande. Des personnages absorbés dans une conversation incantatoire avec les absents et les esprits, ceux qui arpentent des paysages entièrement dévolus au froid et à la neige. C'est cette chronique d'une glaciation annoncée, du renoncement et de I'ensauvagement, que retrace Véronique Sales dans ce récit qui célèbre à la fois l'opacité des individus et la toute-puissance de la littérature.
Lola est une enfant de 12 ans, tuée dans d'atroces circonstances le 14 octobre 2022. Placée en garde à vue, la principale suspecte, D. B., est mise en examen pour meurtre, précédé, accompagné ou suivi d'actes de tortures ou de barbaries, et pour viol. En quelques heures à peine, ce terrible fait-divers bouleverse l'opinion publique, faisant l'objet d'un emballement médiatique inédit. La cynique récupération politique qui s'ensuit entraîne la remise en question de grands principes démocratiques, avec notamment des appels à une justice expéditive et un rétablissement de la peine de mort. Ce livre, écrit par les avocats de D. B., première femme condamnée à la perpétuité incompressible, raconte de l'intérieur les contours de cette affaire hors norme, depuis ses premiers instants jusqu'à la plaidoirie finale, en passant par le récit d'une reconstitution exceptionnelle ou la description d'une Unité pour Malades Difficiles. A partir du point de vue trop peu entendu des avocats "du Mal., La Sinistre Comédie dépeint surtout une effroyable traversée des enfers, caractérisée par l'inquiétant basculement populiste des élites médiatiques et politiques dans leur rapport à la justice et au crime. "S'il faut savoir se taire dans le respect du Droit, il ne faut pas avoir peur de parler pour le défendre. C'est la raison de ce livre."