Le peintre admirable du Sommeil d'Endymion, de la Mort d'Atala et du Portrait de Chateaubriand fut aussi poète. Formé aux hu- manités classiques dans sa jeunesse, il est l'auteur de libres traductions de poètes antiques grecs (Alcée, Sappho...) et latins (Catulle, Claudien, Martial). En 1808 il entreprit l'imitation et illustration des Odes d'Anacréon, dont l'édition fut posthume. Le musée du Louvre conserve le précieux manuscrit du premier état de ce travail intense et foisonnant, dans lequel s'entremêlent la recherche poétique et l'invention des images ? compositions ou vignettes ? en regard du texte.Seul un fac-similé pouvait restituer ce tout organique dans son intégrité. L'étude qui l'accompagne retrace l'histoire du manuscrit, les différentes étapes du projet d'édition et des versions posthumes, et analyse les sources esthétiques de l'artiste. L'écriture de Giro- det est parfois difficile à déchiffrer mais la transcription intégrale jointe à l'étude permet au lecteur d'en apprécier toutes les subtilités et de retrouver le charme de la poésie anacréontique.
Ouvrage de référence, L'Aquarelle étudie au fil d'une remarquable iconographie, le développement de l'aquarelle occidentale en tant que technique - singularisée par la polychromie et l'exigence de transparence -, et en tant que genre à partir de la fin du XVIIIe siècle, depuis la pratique du dessin colorié dans l'enluminure médiévale jusqu'aux lavis libres et éclatants de couleurs des artistes de l'abstraction. Portée par les paysagistes, les artistes naturalistes puis les jeunes avant-gardes, elle connaît sa période d'apogée dans le derniers tiers du XIXe siècle. Vers la fin du siècle, c'est en France que s'est déplacé l'épicentre de la modernité : Johan Barthold Jongkind, Paul Cézanne et, dans une moindre mesure, Paul Signac - héritier de Delacroix - seront à l'origine des révolutions majeures pour l'histoire de l'aquarelle au XXe siècle.
De Jacopo Bellini à Eugène Delacroix, six cents carnets d'artistes et albums de collectionneurs, conservés au musée du Louvre, permettent de mieux comprendre le processus créatif des maîtres qui les ont exécutés et d'apprécier le goût des amateurs qui se sont attachés à les constituer. Ces oeuvres précieuses et fragiles demeurent pour la plupart méconnues. Certaines d'entre elles, reproduites pour la première fois dans leurs dimensions d'origine, accompagnées d'une étude inédite, invitent désormais le public le plus large possible au plaisir de la découverte. Le carnet dit "des Pyrénées", classé "trésor national" en 2003 et acquis par le musée du Louvre en 2004, fait ici l'objet pour la première fois d'une reproduction intégrale. Il a été commencé par Delacroix en juillet 1845, lorsqu'il se rendit en cure aux Eaux-Bonnes, une station thermale des actuelles Pyrénées-Atlantiques. Ebloui par le spectacle des montagnes, l'artiste a couvert ses pages d'études de paysages parfois rehaussées d'aquarelle et reproduit les costumes traditionnels revêtus par les paysans de la vallée d'Ossau. Ce carnet est l'un des plus remarquables du fonds Delacroix du Louvre.
Un siècle de passion et de talent gravés dans la matière qui prend forme et couleur. L'ouvrage du centenaire de Ceramiche Rometti est le récit vivant d'une aventure collective née en 1927 à Umbertide. Le parcours du livre s'ouvre sur l'entretien de Nicoletta Giannoni avec Massimo Monini, réalisateur et âme inspiratrice de l'entreprise, et avec le directeur artistique Jean-Christophe Clair : un échange stimulant qui dévoile le coeur de la manufacture d'aujourd'hui et une histoire exemplaire, d'où émerge le lien dialectique entre la conception contemporaine et l'héritage historique de la marque ; un carrefour générationnel où le savoir-faire artisanal est la sève vitale tant pour les talents émergents du Prix Rometti que pour les artistes déjà confirmés. A ce dialogue fécond entre hier et aujourd'hui s'ajoute l'essai historico-critique de Lorenzo Fiorucci : une plongée documentée dans une histoire artistique séculaire, des chefs-d'oeuvre du XXe siècle de Corrado Cagli, Dante Baldelli et Leoncillo aux visions du maître Ugo La Pietra et à la créativité contemporaine. Forme et couleur se transforment en récit dans le splendide appareil photographique signé par Monica Spezia : une archive visuelle qui met en valeur l'excellence, la variété des productions et les collaborations de la Maison. Un ouvrage emblématique et narratif qui ouvre une fenêtre sur l'avenir d'un langage en constante évolution. En annexe, la traduction anglaise de l'ouvrage.
L'historien de l'art Giovanni Morelli (1816-1891) est connu pour avoir inventé une méthode scientifique d'attribution des ?uvres d'art de la Renaissance appelée «?méthode morellienne?», basée sur des détails d'anatomie représentés de façon personnelle et reconnaissable par chaque artiste. Né à Vérone dans une famille suisse alémanique, il obtient une licence en médecine à l'université de Munich. Il est de retour en Italie dans les années quarante, pour prendre part aux soulèvements du Risorgimento : d'abord en tant que soldat, lors des «?Cinq journées de Milan?» (1848), puis comme diplomate et commandant de la garde citoyenne de Bergame (1859)?, enfin, il participe à la dernière bataille, parmi les glaciers du Stelvio (1866). Au cours des années 1860 Morelli est élu député à quatre reprises?, son activité politique est consacrée à la préservation du patrimoine, et il invente sa célèbre méthode comparative comme instrument de sauvegarde des biens culturels à la suite des dévastations causées par les guerres du Risorgimento. Parmi les nombreuses amours de sa vie on compte quelques grandes figures féminines, comme Clementina Frizzoni et Laura Acton, mais il ne se mariera jamais. À sa mort il lègue sa collection à l'Accademia Carrara de Bergame, sa chère ville d'adoption.