Dans un manoir isolé battu par la tempête, Hans Halms a élevé ses trois enfants, Andreas, Solveig et Franz, dans le respect des traditions, au nom desquelles Andreas doit signer le palimpseste qui fera de lui l'héritier du manoir et le servant du culte démoniaque voué aux objets et aux ancêtres qui les ont amassés. Mais Andreas est incapable de supporter la charge de ce pesant héritage autant que de s'en libérer. Un affrontement sauvage éclate entre le père et les enfants, saisis les uns et les autres par les convulsions d'un délire où se mêlent la réalité la plus nue et les fantasmes les plus terrifiants. La crise violente qui secoue le manoir n'aura son dénouement que douze ans plus tard lorsque Andreas, malgré les efforts de sa soeur pour le sauver et l'amour d'Adèle, mettra fin à sa vie irrémédiablement gâchée, après avoir obtenu de Franz qu'il signe le palimpseste. Les murs nus de l'austère demeure, les ombres ensorcelées des morts et des vivants, l'horloge aux besicles d'or (divinité tutélaire), le phare d'Herléance, la kermesse des saints Innocents, l'amour et la solitude qui déchirent touts les personnages provoquent autant de mouvements de libération, participant oniriquement à l'une des actions les plus violentes qu'ait osé mener un très jeune auteur.
Nombre de pages
296
Date de parution
12/02/1981
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070236121
Titre
Le Tigre d'écume
Auteur
Salatko Alexis
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
19810212
Nombre de pages
296,00 €
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Mon père se battait en duel au piano avec Horowitz. C'était il y a longtemps. Avant la révolution d'Octobre et la défaite de l'armée blanche, avant l'exil à Montrouge, avant qu'il entre au service galvanoplastie des usines Pathé Marconi pour nous faire vivre ma mère et moi. A présent, mon père a baissé sa garde. Alors, avant qu'il ne soit trop tard, j'ai décidé de l'emmener à New York. A Carnegie Hall. Ecouter Horowitz une dernière fois. Mais je ne sais pas ce qui nous attend...
Je regarde la grue d'où mon père est tombé. Suicide? Accident? J'ai voulu comprendre, enquêter. Je me suis pris pour le Marlowe du Cotentin. Mais on risque gros à jouer les détectives parmi ses propres souvenirs. Cherbourg, années 70. La ville brillait de mille hublots transatlantiques. Les chantiers navals où travaillait mon père tournaient encore à plein régime. Ma mère promenait en Jaguar sa beauté fragile de Russe en exil. Mais le bonheur est un fauteuil au bord du vide qui a vite fait de basculer.
Quand Marc Dubreuil arrive à Limoges en 1847, c'est un gamin misérable, prêt à tout. Mais il a un don. Et un jour il s'imposera comme le Rimbaud de la peinture sur porcelaine, le grand maître des arts du feu, au prix de sacrifices inouïs, de patience, d'entêtement. La quête de la beauté et le talent suffisent-ils à affronter le monde ? Originaire de New-York, un négociant du nom de Hollister a de grandes ambitions pour cette porcelaine d'une blancheur surnaturelle dont toute l'Amérique raffole. Sous son impulsion, les ateliers insalubres se transforment en usines. Des campagnes affluent de pauvres bougres en quête de travail. Les cheminées fument. Marc Dubreuil entre à la grande fabrique. Comment un génie ne se brûlerait-il pas les ailes dans la fournaise industrielle ? C'est China, l'héritière de sa folie créatrice, le fruit de ses amours désespérées, qui raconte son histoire. Attaché à Limoges et à sa porcelaine mondialement célèbre, Alexis Salatko était depuis longtemps hanté par l'envie de consacrer une vaste fresque à ce thème déjà évoqué dans son ?uvre. C'est chose faite avec ce roman magistral.
Né au début des années 60, Alexis Salatko est le petit-fils d'un pianiste russe virtuose condisciple de Wladimir Horowitz. Dans Horowitz et mon père, Alexis Salatko retrace le destin de ce grand-père émigré en France après la Révolution d'Octobre. La famille Salatko échoue alors en région parisienne, à Chatou. Puis ce sera Cherbourg où le père d'Alexis s'établit comme médecin. Une enfance et une adolescence dans un port transatlantique hanté par les fantômes des stars d'Hollywood inspirera à Alexis Salatko plusieurs ouvrages, dont Un fauteuil au bord du vide. Auteur d'une quinzaine de romans et biographies salués par la critique et le public et récompensés par de nombreux prix, Alexis Salatko a aussi travaillé pour le cinéma et la télévision avec Roman Polanski et Didier Decoin. Son dernier ouvrage, China et la grande fabrique, nous entraîne à Limoges, au milieu du XIXe siècle, dans l'univers secret et envoûtant de la porcelaine.photo:
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.