Volume I: Peu à peu, Sainte-Beuve (1804-1869) se relève du tort que lui a fait Proust et retrouve dans les lettres françaises la place qui fut la sienne: une des toutes premières. Compagnon de route des romantiques, il publie un excellent roman et des poèmes, dont Baudelaire saluera la modernité, avant de se consacrer à la critique pour en faire un genre littéraire à part entière. En août 1837 il va à Lausanne pour y donner une série de leçons sur Port-Royal qu'il élargira aux dimensions d'une vaste fresque, publiée entre 1840 et 1859. En effet, le mouvement de Port-Royal ne se limite pas à l'abbaye que Louis XIV a fini par faire raser, faute de pouvoir en réduire l'influence; il comprend des écrivains, comme Pascal et Racine, des théologiens et des philosophes, comme Saint-Cyran et Arnauld, des hommes politiques et des femmes du monde, comme le prince de Conti et Mme de Sévigné. Il représente l'une des grandes traditions françaises de compréhension du christianisme, celle qui préfère saint Augustin à saint Thomas, Descartes à la scolastique, l'église gallicane au catholicisme de Rome. C'est l'opposition des jésuites et des jansénistes; c'est l'opposition entre le baroque de Corneille et le classicisme de Racine. C'est enfin l'opposition à la monarchie absolue de Louis XIV, décidé à faire l'unité politique et religieuse du royaume contre tout esprit de fronde quel qu'il soit. Tous les écrivains de l'époque se sont confrontés aux idées de Port-Royal. Pour Sainte-Beuve, l'augustinisme est un révélateur qui lui permet de ressusciter le Grand Siècle. Volume II: Les six livres de Port-Royal, publiés de 1840 à 1859, sont le développement et l'approfondissement du cours qu'a donné Sainte-Beuve à l'Académie de Lausanne durant l'année 1837-1838. Le livre premier retrace à grands traits l'histoire de Port-Royal de sa fondation, au début du XIIIe siècle, jusqu'à l'époque de Louis XIII, qui est celle des sueurs Arnauld et de saint François de Sales, mais aussi des débuts de Corneille et de Rotrou. Ainsi, d'emblée, Sainte-Beuve situe la problématique de Port-Royal dans le contexte des mouvements philosophiques, spirituels et littéraires du Grand Siècle. Le livre II est consacré au Port-Royal de Saint-Cyran et à la lente pénétration du jansénisme. Le livre III est une évocation précise et vivante du génie de Pascal, sommet de la culture classique. Le livre IV présente les Écoles de Port-Royal, leurs maîtres, leurs élèves, parmi lesquels Racine. Le livre V est celui de la seconde génération de Port-Royal, représentée par Arnauld et Nicole, les auteurs de la Logique et de la Grammaire de Port-Royal. C'est aussi l'époque des grandes persécutions qui aboutiront, au livre VI, à la fermeture et à la destruction de Port-Royal, événements qui sont contemporains des derniers chefs-d'oeuvre de Racine, Esther et Athalie. À travers le microcosme de Port-Royal, Sainte-Beuve brosse un tableau haut en couleur du XVIIe siècle dans toute son étendue. Un siècle où littérature et politique, philosophie et spiritualité sont étroitement liées. Robert Kopp Biographie de l'auteur Philippe Sellier, professeur émérite à l'université de Paris IV-Sorbonne, est l'un des grands spécialistes de la littérature classique. Il a publié dans la collection "Bouquins" la traduction de la Bible de Lemaître de Sacy, qui fut la Bible de Port-Royal. Cette édition comporte deux volumes: le premier comprend les livres I à V 8 avec les Appendices afférents; le second, les livres V, 9 à VI, les Appendices et la Table analytique.
Ce pamphlet paru en 1839 apparaît prémonitoire. "Deux littératures coexistent dans une proportion bien inégale et coexisteront de plus en plus", y déplore Sainte-Beuve. Si l'une engendre encore des monuments, l'autre s'avère purement commerciale. A cela, plusieurs facteurs: l'essor de la réclame, dont peut dépendre le succès d'un livre, et la volonté de vivre de sa plume. L'auteur aborde des questions brûlantes qui n'ont pas cessé de consumer la littérature. S'il se résigne à la démocratisation du métier d'écrivain, il rejette le style qui en découle. Une de ses cibles: le roman-feuilleton et ses "descriptions oiseuses", promptes à étendre les lignes et, partant, aligner les espèces sonnantes et trébuchantes. Ce manifeste est un cri du c ur en faveur d'une littérature désintéressée.
Peu à peu, Sainte-Beuve (1804-1869) se relève du tort que lui avait fait Proust et retrouve dans les lettres françaises la place qui fut la sienne : une des toutes premières. Compagnon de route des romantiques, il publie un excellent roman et des poèmes dont Baudelaire a salué la modernité, avant de se consacrer à la critique pour en faire un genre littéraire à part entière. En août 1837 il va à Lausanne pour y donner une série de leçons sur Port-Royal qu'il élargira aux dimensions d'une vaste fresque, publiée entre 1840 et 1859. En effet, le mouvement de Port-Royal ne se limite pas à l'abbaye que Louis XIV a fini par faire raser, faute de pouvoir en réduire l'influence ; il comprend des écrivains, comme Pascal et Racine, des théologiens et des philosophes, comme Saint-Cyran et Arnauld, des hommes politiques et des femmes du monde, comme le prince de Conti et Madame de Sévugné. Il représente l'une des grandes traditions françaises de compréhension du christianisme, celle qui préfère saint Augustin à saint Thomas, Descartes à la scolastique, l'église gallicane au catholicisme de Rome. C'est l'opposition des Jésuites et des jansénistes ; c'est l'opposition entre le baroque de Corneille et le classicisme de Racine. C'est enfin l'opposition à la monarchie absolue de Louis XIV, décidé à faire l'unité politique et religieuse du royaume contre tout esprit de fronde quel qu'il soit. Tous les écrivains de l'époque se sont confrontés aux idées de Port-Royal. Pour Sainte-Beuve, l'augustinisme est un révélateur qui lui permet de ressusciter le Grand Siècle. Coffret 2 volumes : 2-221-91347-7
L'auteur révèle une des clés psychologiques et politiques essentielles des relations internationales et des rapports entre les peuples et leurs dirigeants, souvent à l'origine de conflits majeurs. Qu'ont en commun l'histoire longtemps tragique des relations franco-allemandes depuis la guerre de 1870 et celle de 1940 jusqu'aux dissensions actuelles, l'impuissance toujours avérée d'une partie du monde arabe à s'imposer sur la scène internationale, et l'hostilité anti-occidentale de la Russie de Vladimir Poutine qui a conduit au conflit ukrainien ? Pourquoi le désir de revanche et les exigences de reconnaissance ont-ils pu constituer, à travers les siècles et jusqu'à nos jours, une cause de conflits innombrables et de rancunes insolubles ? A ces questions, une même réponse : le sentiment d'humiliation. " Un ressort puissant " de crises internationales, souligne, dans sa préface Hubert Védrine, pour qui toute analyse réaliste d'une situation impose de tenir compte du ressenti des peuples, " qu'il soit réel ou fantasmé ". Etienne de Gail analyse dans toute leur complexité ces données essentielles à la compréhension d'un monde où le sentiment d'humiliation croît de tous côtés. Bien que ce phénomène continue de jouer un rôle moteur dans l'Histoire et d'y produire ses effets tragiques, il reste toutefois sous-estimé et méritait d'être mieux identifié. La nécessité d'une réflexion sur l'humiliation tient à ce qu'elle dit de notre époque et de la vérité d'un monde toujours plus confus. Mais aussi de l'univers changeant des passions nationales, collectives ou individuelles qui parcourent d'un bout à l'autre l'histoire des hommes. Et, à travers elles, autant de questions cruciales devenues explosives pour avoir été trop longtemps négligées.
Verne Jules ; Angelier François ; Rivière François
Après Les cinq périples africains parus dans Bouquins en 2021, pour la première fois rassemblés dans ce second volume d'une série de cinq, cinq randonnées trépidantes aux quatre coins de la Méditerranée. Un espace d'aventures que les héros verniens vont quadriller sans trêve, en bateau à voiles ou à bord de vedettes électriques, en touriste ou otage de pirates, de Gibraltar à Tripoli, de Trieste à la mythique Antekirtta. On y suivra tour à tour : l'épopée sanglante des Grecs et de leurs amis français lancés contre les Turcs à la conquête de leur indépendance (L'Archipel en feu, 1884) et l'hallucinant destin de Mathias Sandorf dont la mort et la résurrection se confondent avec l'orchestration d'une vengeance redoutable, hommage au Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas et l'un des chefs-d'oeuvre de Jules Verne, (Mathias Sandorf, 1885) ; la burlesque tentative de reconquête de Gibraltar par les singes Monos (Gil Braltar, 1887) et les rocambolesque péripéties rencontrées par le truculent Clovis Dardentor lors de son escapade en Algérie (Clovis Dardentor, 1896). En bouquet final, les rêves grandioses de l'architecte Roudaire pour inonder le Sahara (L'Invasion de la mer, 1905). Cinq romans verniens qui sont autant de regards, tour à tour politique et vaudevillesque, fantastique et scientifique, porté sur l'univers méditerranéen, ses rives et ses fonds, sa faune, son histoire et ses folklores. Ce volume contient : L'Archipel en feu (1884) - Mathias Sandorf (1885) - Gil Braltar (1887) - Clovis Dardentor (1896) - L'Invasion de la mer (1905)
Dès leur arrivée à la tête de plusieurs grandes villes à la suite des élections municipales de 2020, les maires écologistes ont suscité la controverse en prenant des initiatives qui ont parfois dérouté l'opinion, au risque de brouiller leur image. Ils ont voulu supprimer le sapin de Noël à Bordeaux, remettre en question le Tour de France à Lyon, diminuer les subventions aux aéroclubs à Poitiers, financer une mosquée les yeux fermés à Strasbourg... Aurélien Martinez, journaliste qui a vécu dans deux villes passées sous la bannière des Verts (Annecy et Grenoble), est allé à la rencontre de ces nouveaux élus confrontés à l' exercice du pouvoir et ses réalités. Il leur donne la parole, ainsi qu'à leurs adversaires politiques et à de nombreux acteurs de terrain. Au terme d' une enquête de plusieurs mois menée dans toutes les grandes villes écologistes, il passe en revue ? et parfois au crible ? leurs actions et leur projet politique. Avec ce livre, il décrypte cette écologie de proximité que les Verts aimeraient implanter durablement dans le pays. Et si, malgré les résultats de l' élection présidentielle, les maires de la vague verte étaient les inventeurs de la gauche de demain ...
L'univers qu'Aristote pensait être éternel et immuable n'est plus. Il possède un passé et un futur, un début et une fin, et c'est cette histoire que nous raconte l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan. L'univers qu'Aristote pensait être éternel et immuable n'est plus : il possède un passé et un futur, un début et une fin. Il a surgi voilà 13, 8 milliards d'années, dans une déflagration fulgurante appelée big bang, qui a aussi engendré l'espace et le temps ; son histoire est celle d'une matière qui naît, s'éveille et s'organise. Dans une de ces galaxies, la Voie lactée, auprès d'une étoile, le Soleil, sur la planète Terre, apparaît l'Homme, capable de s'émerveiller devant la beauté et l'harmonie du cosmos. Cette symbiose entre l'homme et l'univers est le thème commun aux quatre textes ici réunis. Trinh Xuan Thuan y montre que le réel n'est pas seulement façonné par les lois et les constantes physiques, mais aussi modelé par le hasard et la contingence. La science aborde aujourd'hui des questions qui étaient purement métaphysiques auparavant : Quelle est l'origine de l'univers ? Y-a-t-il un début du temps et de l'espace ? Sommes-nous là par hasard ou notre présence dans l'univers implique-t-elle l'existence d'un principe créateur ? Trinh Xuan Thuan éclaire notre propre réflexion, tout en nous racontant cette histoire envoûtante, grandiose et poétique, avec une rigueur scientifique et un talent de conteur qui font de lui un initiateur hors pair. Ce volume contient : La Mélodie secrète ; Le Chaos et l'Harmonie ; Désir d'infini ; L'Infini dans la paume de la main, avec Matthieu Ricard.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.