Textes réunis et présentés par le Comité de l'Association des Amis d'Antoine de Saint-Exupéry4e de couverture : "Ce Cahier offre des inédits ou des textes oubliés de Saint-Exupéry (lettres, chapitre complémentaire de Terre des hommes, thème de Citadelle), des témoignages sur plusieurs époques de sa vie et sur sa fin, des études littéraires sur divers aspects des Carnets, de Vol de nuit, de Citadelle, et sur les notions de travail, d'échange et de liens. En outre, on y trouvera une bibliographie générale, la plus complète à ce jour, des oeuvres de Saint-Exupéry et des écrits le concernant." Bulletin Gallimard, fév.1980.Notes Biographiques : Antoine de Saint-Exupéry est né à lyon, le 29 juin 1900. Il passe ses vacances d'été au château de Saint Maurice-de-Remens (Ain), qu'il évoquera dans toute son oeuvre. Le baptême de l'air qu'il reçoit fin juillet 1912 sur l'aérodrome d'Ambérieu-en-Bugey décidera de sa vocation de pilote. Il fait ses études au collège Sainte-Croix au Mans, puis en Suisse, et enfin à Paris où il échoue au concours d'entrée de Navale et de Centrale : il décide alors de suivre les cours de l'École des Beaux-Arts. En 1921, il fait son service militaire à Strasbourg, dans l'armée de l'air. Il apprend à piloter, et dès lors, sa carrière est tracée. Au sortir de l'armée, en 1923, il fait différents métiers. Il publie en 1926 son premier récit, dont l'action se situe dans le monde de l'aviation. La même année, Antoine de Saint-Exupéry entre comme pilote chez Latécoère, société d'aviation qui assure le transport du courrier de Toulouse à Dakar. Puis il est nommé chef d'escale de Cap Juby, dans le sud marocain, C'est à cette époque qu'il écrit Courrier Sud (1929). En compagnie de Mermoz et Guillaumet, il part pour Buenos Aires comme directeur de la compagnie Aeroposta Argentina. À son retour à Paris en 1931, il publie Vol de nuit (prix Femina 1931), dont le succès est considérable. En liquidation judiciaire, la société qui l'emploie doit fermer. Attaché à Air France en 1935, Antoine de Saint-Exupéry essaie de battre le record Paris-Saigon : son avion s'écrase dans le désert. En 1938, il tente de relier New York à la Terre de Feu : blessé au cours de sa tentative, il passe une longue convalescence à New York. Il publie alors Terre des hommes, grand prix du roman de l'Académie française et National Book Award aux États-Unis (1939). Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il est pilote de reconnaissance au groupe 2/33 (1939-1940), puis se fixe à New York. Il tire de son expérience de guerre Pilote de guerre (1942) et publie Lettre à un otage, puis Le Petit Prince (1943), son grand succès. Il gagne alors l'Afrique du Nord et réintègre le groupe 2/33 malgré de nombreuses blessures et l'interdiction de voler. Cependant, Saint-Exupéry insiste pour obtenir des missions : le 31 juillet 1944, il s'envole de Borgo, en Corse. Il ne reviendra jamais.
Classique indémodable, le petit prince est un ouvrage qui conviendra tant aux enfants qu’aux adultes. Par le biais des aventures d’un petit garçon venu d’un autre monde, le livre met en exergue certaines incohérences typiquement humaines et nous donne une magnifique leçon sur l’importance de vivre l’instant présent, de poursuivre ses rêves, de créer des liens, et d’aimer sans modération.
Raymond Guérin est fasciné par la lettre, qu'il s'agisse de la forme littéraire qui structure certains de ses récits ou d'une véritable correspondance. A tous les titres, de la pratique de l'échange à l'exercice de l'imagination, il est un épistolier. Les Lettres à Sonia sont certes une correspondance réelle entre un écrivain et la femme qu'il aime, séparés par la guerre et la captivité, mais elles sont aussi et au moins autant un journal, et encore une projection, une mythologie, bref c'est un récit qui se donne. Journal ou récit qui est adressé à l'autre, destinataire et matière sacrée de l'écriture. En contre-point, Guérin brosse son portrait intérieur, il évoque le quotidien du prisonnier dont la vie personnelle, comme celle du monde, est soumise aux ruptures de l'histoire. Ecrivant ces Lettres qui sont un roman, Guérin s'inscrit dans une fièvre d'expression que son étrange disponibilité ne peut qu'aviver. Digne dans l'épreuve, répondant par les mots à la misère du temps, il dresse au jour le jour un monument de résistance à la barbarie, fondé sur l'amour et la foi dans le verbe. Le monde de l'intelligence le nourrit plus que jamais et s'érige en rempart contre la sottise. Dans les Lettres à Sonia, Guérin se montre bouleversant de droiture et de lumière.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.